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de son temps paraissaient inséparables, et qui, d’a-près les préjugés du vulgaire, supposaient des con-naissances presque surnaturelles dans ceux qui les pra-tiquaient. L’époque d’Averroës est celle de la décadencede la domination politique des Arabes en Espagne ,époque où cette grande nation vit aussi se perdre dansson sein le goût des sciences qu’elle avait apporté àl’Europe . A en juger par le nombre prodigieux de sesouvrages, Averroës, qui exerçait en outre à Cordoue lesfonctions d’iman et de cadi, a dû mener une vie toutede méditation et de travail. Il est l’auteur d’une versiond’Aristote en arabe ; mais cette version n’est pas lapremière qui existât dans cette langue, comme l’avan-cent plusieurs de ses biographes, puisque ce travail avaitdéjà été fait à Bagdad sous le brillant khalyfat d’El-Mâmoun. Nous possédons divers manuscrits d’Averroës ,qui contiennent des traités de physique et de mathéma-tiques pures , d’astronomie et d’astrologie ; car, malgréleur savoir encyclopédique, les hommes célèbres de cesvieux temps n’étaient pas au-dessus de toutes les erreurspopulaires. La science alors était environnée d’une sortede respect superstitieux, auquel Averroës , comme beau-coup d’autres, doit la plus grande partie de sa re-Kommée. La plupart de ses ouvrages ont été traduits d’a-rabe en hébreu ; on en retrouve quelques-uns dans labibliothèque du célèbre Rossi ( Apparatus hebrœo-bibli-c us, etc. — Specimen in éditas . etc. — Parmœ-Bodoni ,*778-1792. ) La bibliothèque royale de Paris possèdejusqu’à vingt-sept commentaires de ce savant sur Aris-tote , et divers opuscules mathématiques. ( Bibl. roy.
• n°* 438 et suiv. )
Averroës est mort l’an 5 q 5 de l’hégyre ( 1198 de l’èrechrétienne ). L’époque précise de sa naissance ne setrouve nulle part.
AVICENNE; abou-aly housseyn-êbn abd-at.hahêbn-syna . l’un des plus célèbres savans arabes, est néa Assenait, village des environs de Bokharâ , l’an 370de l’hégyre (980 de l’ère chrétienne), suivant ce qu’ilu°us apprend lui-même dans l’un de ses écrits.' Long-temps cet homme, extraordinaire par son savoir etActivité prodigieuse de son esprit, 11’a été connu dessa vans d’Europe que comme l’Hippocrate de l’Orient.^ a ' ls Avicenne ne fut pas seulement un grand médecin;^ es sciences mathématiques lui doivent plusieurs tra-| Vaux remarquables, et qui nous donnent, du moins, unejuste idée du point de vue sous lequel ces hautes con-naissances étaient envisagées chez les Arabes , et dud e gré de perfection qu’elles y avaient pu atteindre. Lav te d Avicenne , pleine de travaux qui étonnent l’ima-fimation par leur nombre et leur importance, semée decatastrophes et d’étranges aventures, ressemble beau-coup à celles d'un héros fantastique de ces merveilleuses
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histoires qui portent l’empreinte du génie national desArabes.
Le grand Êbn - Synâ , c’est ainsi que dans toutl’Orient on désigne encore Avicenne , révéla de bonneheure la puissante intelligence dont il était doué. Ilavait à 18 ans terminé toutes ses études dans les diversessciences qui devaient faire plus tard l’objet de travauxadmirés dans sa patrie, et ses titres à la gloire. A 21 ans,il avait composé une Encyclopédie , à laquelle il ajoutadans la suite un commentaire qui ne forme pas moinsde vingt volumes. Avicenne avait le goût des voyages :il parcourut diverses contrées de l’Orient, et devancépar la renommée, il fut tour à tour l’objet de la faveurdes princes et de disgrâces cruelles. Premier médecinet vizir de Magd-éd-Doulah, sultan de la dynastiedes Bouïdes, deux fois il fut déposé et jeté dans les fers.On attribue ces divers changemens de fortune auxquelsil fut soumis, à des circonstances qui font peu d’hon-neur à son caractère, et qui justifient l’épitaphe remar-quable qu’un poète grava sur son tombeau. Il était fortenclin à des excès de vin et de débauche, et il paraîtqu’il trahit sou bienfaiteur pour Ala-êd-Doulah, princed’Ispahan , ennemi du sultan qui l’avait accueilli etcomblé d’honneurs. Après quatre ans d’une dure capti-vité, il parvint à tromper la surveillance de ses gardes,et il chercha un asile auprès de ce même Ala-êd-Doulah,au service duquel il s’attacha. Au milieu de ses coursespérilleuses, et malgré les chagrins inséparables d’unevie agitée, Avicenne ne négligea pas ses travaux scien-tifiques. Son goût pour l’étude et son activité étaienttels, qu’il atteste lui-même n’avoir jamais laissé écoulerune seule journée sans écrire cinquante feuillets.
La liste des manuscrits qu’il a laissés et qu’on pos-sède dans diverses bibliothèques de l’Europe , forme unenomenclature assez étendue. Nous possédons de luiune Dissertation sur la division systématique dessciences , un Recueil d’observations astronomiques , unTraité complet des sciences mathématiques, et une Col-lection d’opuscules mathématiques et philosophiques.Nous avons donné ailleurs la traduction d’un de cesécrits. V oyez Arithmétique.
La fatigue de ses longues courses, et les excès de touteespèce auxquels il se livra, abrégèrent les jours d’Avi-cenne . Cet homme célèbre avait à peine atteint 56 ansquand il mourut à Hamadân , l’an 4 2 & de l’hégyre( io36 de notre ère’). Voici l’épitaphe dont nous avonsparlé plus haut, et qui manque peut-être au tombeau deplus d’un grand homme. «Le grand philosophe, le« grand médecin Èbn-Synâ est mort. Ses livres de« philosophie ne lui ont point appris l’art de bien« vivre, ses livres de médecine l’art de vivre long-« temps. »