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à ce sujet. Nous n’en citerons qu’un seul : De visionefracta majora sunt : nam de facili palet per canone ssupradiclos quod maxima possunt apparere minima ,et c contra, et longé dislantia , videbunlur propinquis "situa, et è converso. Nam possumus sic jigurare pers_picita , et taliter ea ordinare respecti nostri visus etreram, quodfrangentur radii etjleclentur quorsumquevoluerimus cl sub quocumque angulo voluerimus, e lvidebimus rem longé vel propé ; et sic ex incredibilidislantia legeremus litleras minutissirnas, et pulveresex arenâ numeramus .... et si sic posset puer appareregigas, et unus liomo videri nions et parvus exercilusviderelur maximus. Sic etiam feceremus soient et lunamdescendere hic inferiùs , secundum apparenliatn et supercapila inimicorum apparere, etc. C’est-à-dire, en ré-sumé : « On peut tirer encore un meilleur parti de la« vision rompue j car il est facile, en exécutant ce qui a« été prescrit dans les canons susdits ( chapitres ), de« faire apparaître plus petits les plus grands objets et« d’obtenir un résultat opposé, comme de rapprocher« les objets les plus éloignés, et également le con-
« traire., etc. » L’historien de l’université d’Ox-
ford, Wood , et Jebb, l’éditeur de Y Opus majus, ontcru pouvoir avancer, d’après ce passage et divers autresextraits des écrits et de la correspondance de RogerBacon , qu’il avait été en possession du télescope. Bayleparaît adopter cette opinion ; mais ce célèbre critiquen’était nullement compétent dans cette discussion; etMontucla , dans son Histoire des mathématiques, soutientl’opinion contraire par des raisons qui nous semblentsans réplique. Cependant cet illustre savant, quelquedisposé qu’il soit à rendre hommage à l’étonnante pers-picacité de Bacon , oublie que si l’invention du téles-cope lui a été mal à propos attribuée, il n’est pas moinscertain que ses écrits ont pu mettre sur la voie de cettedécouverte. Rien ne prouve en effet que Galilée ne lesait pas connus. On peut en dire autant des verres lenti-culaires, dont on a également attribué l’invention à Ro-ger Bacon . La théorie qu’il expose à ce sujet prouvequ’il ne l’a jamais réduite en pratique, et que même sesconjectures ont été, sous ce rapport, moins heureusesque celles d’Alhazen ; mais ce fut peu de temps apresBacon que l’usage des lunettes fut connu en Europe , etl’on ne peut lui refuser la gloire d’avoir contribué àcette découverte.
Dans l’uu de ses écrits sur les Secrets delà nature,il parle de la possibilité de construire une machine à1 aide de laquelle l’homme pourrait se soutenir dansair; mais il ajoute aussitôt qu’il pourrait s’en servircomme 1 oiseau de ses ailes. Son ardente imagination1 entraîne toujouis au-dela des bornes de la science et dela vérité. Cependant il est impossible de ne pas voirdaus le passage qui nous fournit cette observation, une
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idée de l’aéronautique, qu’il n’a point cherché uonplusà réaliser.
Roger Bacon s’est beaucoup occupé d’astronomie : onpeut même dire avec le docteur Freind, auteur deY Histoire de la médecine, qu’il était le seul astronomede son temps. Il est certain qu’il a eu lidée de la réfor-mation du calendrier, qui eut lieu seulement sous Gré-goire XIII . C’est du moins l’opinion des savans docteursJebb et Freind.
L’invention de la poudre à canon est aussi attribuée àBacon avec plus de fondement, suivant de gravesauteurs. « On peut faire, dit-il dans une de ses lettres« sur la chimie , avec du salpêtre et d’autres ingrédiens« un feu qui brûle à telle distance qu’on veut. » Ailleurs,il décrit la nature de ces ingrédiens, et donne une formuledans laquelle il entre des parties de soufre, de salpêtreet de charbon ; il explique ensuite les effets produits parcette composition d’une manière assez singulière pourqu’elle mérite d’être citée : « Elle excite, dit-il, un« bruit semblable à celui du tonnerre ; elle brille comme« les éclairs, et même d’une lueur plus effrayante : car« une petite quantité, de la valeur, par exemple, d’un« pouce, bien disposée, fait un bruit violent et une« lueur extraordinaire. Cela peut se faire de diffé-« rentes manières capables de détruire des villes et des« armées entières, à l’imitation du stratagème de Gé-« déon , qui, ayant rompu les cruches, fit paraître le feu« avec un bruit horrible, et le mit en état de défaire« une puissante armée de Madianites avec trois cents« hommes. »
Dans son Opus majus, Roger Bacon a abordé l’in-telligence de toutes les branches du savoir humain. Maison ne trouve en effet, comme on l’a déjà dit, dans sesnombreux ouvrages, que des aperçus étonnans, desappréciations plus ou moins heureuses. En se reportantà l’époque où il vivait, on s’explique mieux ses erreurs,et l’on apprécie mieux aussi la supériorité de son génie.
Les taleus de Roger Bacon , ses opinions philoso-phiques peu respectueuses pour celles d’Aristote quirégnait alors en souverain sur nos écoles; enfin l’impru-dence qu’il eut de rendre publiques quelques expérienceschimiques qui le firent accuser d’entretenir un commercejabominable avec l’esprit de ténèbres, mais peut-êtrejplus encore sa renommée et sa supériorité incontestable*armèrent contre lui la haine et la jalousie des moinesde son ordre. 11 fut mis eu jugement daus un chapitregénéral, et l’auteur du livre de Nullitate magies futdéclaré magicien : on lui fit défense d’écrire, et ou I econdamna à une prison perpétuelle. L’infortuné RogerBacon ne recouvra sa liberté que dans une extrêmevieillesse : il u’en jouit que peu de temps, et il mourutaccablé de chagrins et d’infirmités, suites des traitemensodieux qu’oului avoitfuit subir, eu l’auuce 1292, àTagcde