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Tome premier.
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distique sa nouvelle loi de la chute des graves {Voy. Ac-célération ), démontra que la direction des bombesdevait être une parabole. Le père Mersenne , et surtoutToricelli , se livrèrent à de nouvelles expériences, etcherchèrent à déterminer les points qu’un boulet lancéd’abord verticalement, et ensuite horizontalement,pourrait atteindre ; ce qui ne procura aucun résultatpratique. Le jésuite Deschales fut plus heureux sous ledernier rapport; car il indiqua la direction du canonnécessaire pour atteindre un point plus haut ou plusbas (Mundus mathem., tom. II, stat. lib. 2). En 1641 ,Collado recommença tous les essais de Tartaglia sur unfauconneau de trois livres de balles; et, mesurant avecsoin les élévations, à l’aide d’un bon cadran d’artille-rie , il établit les portées suivantes, dont les longueurssont exprimées en pas :

Angles

tVéSévatlon.

Portées.

Angles

d'élévation,

Porte'es.

o° ? o

268

45»,o

io53

7 ,5

5g4

52 ,5

900

i5 ,0

794

60 ,0

700

22 ,5

954

67 ,5

4oo

3o ,0

1010

75 ,0

i5o

37 ,5

0

0

82 ,0

12

Les expériences de Boume, faites probablement avecune pièce d’un plus petit calibre, donnèrent des résul-tats plus exacts {Pratica manuale dell' artigleria, Mi-lan , 1641). Au lieu de mesurer les angles d’élévationpar les points du cadran d’artillerie, divisé de r j °,5 en7°,5, il se servit des degrés, et admit la distance hori-zontale au point de mire comme unité; ce qui lui fit ob-ter ; v les portées suivantes :

tlcr.

Portées.

Tilev..

Portées.

o°

I

l5°

41

5

2|

20

41

10

3i

42

5*

La dernière élévation donnait, terme moyen, la plusgrande portée dans un temps calme ; mais Bournctrouva que cette portée changeait lorsque le vent se fai-sait sentir; ce qui plaçait son angle d’élévation entre 36°et 45° {Art ofshooting in great ordon , i643).

Galilée avait déjà fait voir dans ses discours que ladirection d’un boulet ne pouvait être une parabole quelorsque la résistance de l’air ne la modifiait pas; mais onoublia complètement cette importante remarque, et onappliqua rigoureusement la théorie parabolique à la ba-listique, dans la supposition que l’air, comme milieutres-faible, ne pouvait exercer aucune influence sur descorps aussi lourds que des boulets de fer. C’est d’aprèsces préjugés que furent modifiés les essais que fit Ro-bert Anderson , et qu’il publia en 1690. L’ingénieur

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français Blondel {Art de jeter les bombes) , et même lecélèbre Halley {Trans. phil., 216, pag. 68), s’efforcè-rent de défendre la théorie parabolique contre les ex-périences qui s’en écartaient. Mais, malgré tous les ef-forts d’ Anderson-, il ne put accorder ses essais avec lathéorie, lorsqu’il s’agissait de déterminer les petites etles grandes vitesses initiales. Malgré les objections quis’élevèrent alors en foule, l’ouvrage de Blondel demeuralong-temps comme autorité.

Cependant, la loi de la résistance de l’air devint l’ob-jet de beaucoup de recherches. On admit généralementl’hypothèse de Newton {Principes , lib. II, prop. 4o),que cette résistance est proportionnelle au carré de lavitesse du mobile ; et l’on s’efforça de l’appliquer à ladirection aes boulets. Huygens { Discours de la causede la pesanteur. Leydc, 1690) avait déjà prouvé quela direction du boulet, dans un espace rempli d’air,devait s’écarter d’une parabole; et néanmoins, malgréles efforts d’un officier d’artillerie, Ressort , qui mon-tra {Mem. de VAcad, des Sc., 1716) que la théorie dela balistique était insuffisante pour la pratique, cettethéorie n’en demeura pas moins en vigueur jusqu’à cesderniers temps même, et on en déduisit des tables quine peuvent rendre aucun service.

Cependant, les géomètres étant convaincus de l’in-fluence que doit exercer la résistance de l’air, il s’agis-sait de trouver la courbe qu’un boulet doit décrire souscette influence. Jean Bernouilli ayant manifesté quel-ques opinions sur ce problème difficile, Keil l’engagea,en 1718, d’en donner une solution, lui proposant à cesujet une espèce de défi. Bernouilli annonça qu’il avaitrésolu le problème, mais ne voulut pas donner sa théo-rie avant que Keil ne publiât la sienne. Ce dernier11’ayant rien pu produire, Jean Bernouilli fit connaîtresa solution en 1719, ainsi qu’une autre, due à son ne-veu Nicolas Bernouilli {J. Bernouilli opéra , II). De-puis cette époque, les plus grands géomètres se sont oc-cupés de la courbe balistique sans qu’on puisse dire quel’analyse ait complètement réussi dans cette tâche. Dans laplupart des calculs de ce genre, on a pris pour donnéesexpérimentales les essais importans que Robins a faitsavec autant de soin que d’exactitude {Robins new prin-cipes of gunneiy , 174®)- Malheureusement, Robinsfut interrompu dans ses travaux par une mort préma-turée; mais le célèbre Ilutlon se livra en 1 77.0 à de nou-veaux essais, répétés depuis et confirmés par un grandnombre d’artilleurs. Ces divers travaux, en y compr e "nant les recherches théoriques faites en France, en Italie et eu Allemagne vont être résumées dans l’expositionsuivante :

t. Vitesse initiale. Pour pouvoir déterminer avecexactitude la route d’un corps lancé dans l’espace : d estessentiel de connaître sa vitesse initiale , ou la vit esse