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Tome premier.
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esprit, ou le chagrin d’avoir échoué dans une espéranceque son nom et ses talens avaient dû lui faire légitime-ment concevoir, le porta à voyager. Il vint se fixer àPétersbourg, où il occupa une chaire de professeur demathématiques, et s’unit à une petite-fille d’Euler . Ilétait membre de l’Académie de cette ville, de la Sociétéde physique de Bâle , de la Société royale de Turin. Sespremiers travaux insérés dans les Nova acla Academ.Petropol. , donnaient une haute idée de ses talens, etannonçaient qu’il allait marcher sur les traces de sononcle Daniel ; mais il périt tout à coup d’une attaqued’apoplexie, à l’âge de trente ans, en se baignantdans la Néva. Ce malheur arriva le 3 juillet 178g.

BEROSE . Deux personnages de ce nom, dont l’unsc serait rendu célèbre par des travaux astronomiques ,et l’autre comme historien, ont-ils existé dans l’anti-quité, ou ne sont-ils en effet que le même individu?Cette question toute littéraire ne saurait être résolueici. I’line parle d’un astronome clialdéen, nommé Bé-rose, à qui les Athéniens avaient élevé une statue, dontla langue était d’or, pour faire allusion à son éloquence.Vitruve en parle avec plus de détail, comme d’un prêtrede Bahylone, contemporain d’Alexandre. Il lui attri-bue l’invention d’un cadran solaire de forme semi-cir-culaire, et qui pouvait recevoir une position conve-nable à diverses latitudes. La détermination précise doce fait intéresserait sans doute l’histoire de la gnomo-nique, mais il n’y a pas d’espoir d’y arriver aujourd’hui.Bailly, dans \’Histoire de l'astronomie antique , s’estinalheureusemant appuyé sur les absurdités apocryphes,publiées à diverses époques sous le nom de Bérose , pourdonner à la civilisation et aux connaissances humainesune antiquité impossible.

BEZE ou ALBEZE. Nom que nos anciens astro-nomes ont prétendu mal à propos avoir été employépar les Arabes pour désigner la constellation du Cen-taure.

BEZOUT (Etienne), mathématicien distingué, estné à Nemours , le 3i mars 1730. Le nom de cet esti-mable géomètre est cher aux hommes de notre généra-tion qui ont puisé les premières notions de la sciencedans ses ouvrages élémentaires. On a peu de détails surson éducation et ses premières années • ou sait seule-ment qu’il fut obligé, par son peu de fortune, de donnerde bonne heure des leçons particulières de mathéma-tiques. Cette situation pénible n’éteignit point en lui,par la fatigue et le dégoût qu’elle inspire souvent, lanoble ambition de pénétrer dans les régions les plusélevées de la science. La persistance et le généreux en-thousiasme de Bezout ne lui furent point défavorables.'L Academie des sciences distingua plusieurs de ses mé-moires, et l’appela dans son sein en 1758; le duc deChoiseul le plaça ; en 1763, à la tète de l’instruction

de ra marine royale, comme examinateur aes gardesdu pavillon. Ce fut celte circonstance qui valut à laFrance la publication d’un cours complet de mathéma-tiques , où la science est exposée avec autant de clartéque d’élévation.

Les travaux de Bezout sont trop généralement connusde toutes les personnes qui cultivent les mathématiques,pour qu’il soit nécessaire de les énumérer ici, mêmed’une manière sommaire; il nous suffira de dire ques’il s’est rendu célèbre par ses ouvrages élémentaires,ses recherches sur la résolution des équations algébriqueslui ont mérité une place distinguée parmi les mathé-maticiens de son époque. Le caractère de cet excellentet honorable professeur lui mérita toute sa vie uneconsidération digne d’envie, comme sa réputation de-vint populaire parles nombreuses éditions de ses cours.Sa vie a été paisible, pure et heureuse. Condorcet arelevé, dans l’éloge de ce géomètre, un trait qui ho-nore à la fois, suivant nous, son courage et la bontéde son coeur. Deux jeunes aspirans de la marine àToulon étaient malades de la petite-vérole que Bezout n’avaitpas eue. Il étaitalors dans un âge déjà avancé, etil eut été dangereux pour lui de contracter à cette époquecette cruelle maladie. Mais il n’hésita pas entre cettecrainte et celle de retarder d’un an l’avancement deses jeunes disciples : il alla les examiner dans leur lit.On ne dit pas que Bezout ait eu l’habitude de n’agréerque ceux de ses élèves qui avaient étudié les mathéma-tiques dans scs livres ; les professeurs de notre époqueont seuls le triste droit de réclamer l’honneur d’unpareil progrès. Étienne Bezout est mort à Paris , le 37septembre 1783. Ses ouvrages, souvent réimprimés,sont : I. Cours de mathématiques à l'usage des gardesdu pavillon et de la marine. Paris , 6 vol. iu-8°, ycompris son Traité de la navigation. II. Cours de ma-thématiques à l'usage, du corps royal de l’artillerie.Paris , in-8°, 4 vol. 111. Théorie générale des équationsalgébriques. Paris , 1779, in-4°, 1 vol.

BILLION ( Arith. ) Mille millions. Un billion estune unité du dixième ordre : on l’écrit 1 000 000 000.Dans l’usage ordiuaire 011 se sert plutôt du mot milliardpour exprimer les quantités de cet ordre. Vyyez ARITH-METIQUE.

BIMÉDIAL ( Géom . ). Terme inusité aujourd’hui,employé par Euclide pour désigner la somme de deuxdroites commcnsurables seulement en puissance. Cettesomme est toujours incommensurable par rapport al’une des deux lignes composantes. Voyez Euclide ,livre X, prop. 38.

BINAIRE. Nombre binaire. C’est un nombre coi»'posé de deux unités.

Arithmétique binaire. Nous avons vu ( Arith. H- )>que le problème fondamental de l’arithmétique est 1*