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Tome premier.
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toise dont s’était servi Picard était au moins d’une ligneplus courte que celle de l’Académie . Cette différenceétant enfin bien reconnue et constatée, La Caille pro-céda avec Cassini à la vérification des tiiangles depuisParis jusqu’à Dunkerque . A peu près à cette époque,ccs deux astronomes se livrèrent à uue autre opérationn on moins importante, et qui confirme comme la me-sure exacte du méridien, l’aplatissement de la terre :c est la mesure d’un.degré du parallèle passant au 43° -J*^ e latitude. Us trouvèrent la longueur de ce degré égale à'4 1 »358 toises, taudis qu’il eût du être moindre de 260toises dans l’hypothèse de la terre sphérique, et de plusde 5oo dans celle de la terre allongée. Voyez Méridien .

Pendant que l’abhé La Caille se livrait ainsi à ces utilestravaux, le docteur Robbe, sur la foi de sa réputation ,le nomma professeur de mathématiques au collège Maza-rin. Les devoirs de ses nouvelles fonctions suspendirent lacontinuation de la méridienne dans la partie du nord ,< l u - U termina en quelques mois l’automne suivant. A1 époque de la révolution française, et lorsqu’il fut ques-tion de prendre pour unité de mesure la dix-millionième

P a *’tie du quart du méridien, Delambre et Méchain lin ent chargés de.refaire et de vérifier avec des moyensn ouveaux la plus grande partie des travaux de La Caille.Pe premier de ces savans , qui a rendu aussi d’importansSei v»ces à l’astronomie , et qui est le biographe quenous avons cité plus haut, ne parle de ces travanx1 U avec un sentiment de respect et d’admiration quihonore son caractère et ses talens. Nous croyons devoirloi emprunter ici quelques traits particuliers de la viescientifique de La Caille, car nous avons déjà eu l’oc-casion. de le dire, il est rare que toute la vie d’unhomme de science ne soit pas renfermée dans l’histoirede ses travaux, et il n’existe guère plusieurs manières deles exposer.

Au retour de ses excursions pour la mesure du méri-dien, La Caille se livra aux calculs qu’entraînait une sil°ogue opération, et, par la comparaison des divers arcs1 o il avait mesurés, il démontra que les degrés allaienten croissant de l’équateur vers le pôle, conclusion dia-nie h alcment opposée à celle qui résultait de l’anciennelcs uie. E n 1 La Caille entra à l’Académie desences, et de cette époque date la plus grande partiescien ,^ U 1 a consacrés à la partie théorique de lae *ï u il pratiquât avec tant de zèle et de distinction.bes h-aités de

géométrie, de mécanique, d’astronomie

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et d’optique, qui se succédèrent à des intervalles très-

rapprochés, prouvent avec quelle assiduité il îemp issait ses fonctions de professeur. Ses éphémérides et esnombreux et importans mémoires qu il publia danrecueil de l’Académie des sciences , ses calculs d éclipsespour dix-huit cents ans, insérés dans la premièi e éditioY Art de vérifier les dates, prouvent aussi avec quelle ar-

deur il poursuivait ses travaux astronomiques. Il avaitentrepris la vérification des catalogues d’étoiles. Les lu-nettes méridiennes étaient presque inconnues en France ,et celles qu’il avait pu avoir ne lui inspirant que peude confiance, il s’attacha à la méthode des hauteurscorrespondantes, qu’il regardait comme la seule qui pûtlui assurer l’exactitude à laquelle il aspirait. Fidèle àcette méthode pénible qu’il avaitpréféréependant qua-torze ans, La Caille passa les jours et les nuits à obser-ver le soleil, les planètes, et surtout les étoiles, pourrectifier les catalogues et les tables astronomiques. Onlui avait abandonné les deux secteurs de six pieds, aveclesquels il avait mesuré la méridienne de France . Cetravail lui inspira l’idée d’une expédition lointaine, quia offert à la science des résultats importans. Nous enparlerons avec quelque détail.

Ce fut en 1751 que l’abbé La Caille, dans le but deconnaître et de vérifier les étoiles australes qui ne selèvent jamais sur l’horizon de Paris , entreprit de faireun voyage au cap de Bonne-Espérance . Ce déplacementdevait en outre offrir d’importans avantages pour l’ob-servation de la parallaxe de la lune , de celle de Vénuset de Mars, comme pour les réfractions. Le judicieuxLa Caille embrassa d’un coup d’œil ces diverses circons-tances, et se prépara à son expédition, pour laquelle ilobtint facilement l’assentiment du gouvernement et del’Académie des sciences . Il donna avis de son voyage àtous les astronomes de l’Europe, ‘dans l’espoir que quel-ques-uns d’entre eux se joindraient à lui : un horlogerseul l’accompagna. La Caille rapporte lui-même qu’àson arrivée au Ca.p, il crut, durant plusieurs mois, qu’ilne pourrait atteindre l’objet de son voyage. Lorsque levent de sud-est, qui se fait sentir fréquemment dans ceslatitudes, venait à souffler, tous les astres paraissaientdans une agitation continuellej les étoiles même pre-naient la figure et les apparences des comètes, et la vio-lence du vent ébranlant les instrumens, il devenait à peuprès impossible de se livrer à des observations suivies.La persévérance de La Caille, etson zèle pour la science,triomphèrent néanmoins de ces obstacles imprévus, etil observa avec une étonnante précision jusqu’à dix milleétoiles, dont il fut obligé de former quatorze nouvellesconstellations, pour les lier méthodiquement entre elles.|Hevélius et Halley avaient aussi précédemment formédes constellations nouvelles (voyez ce mot)j mais cessavans astronomes avaient fait entrer quelques vues per-sonnelles dans les noms qu’ils leur avaient imposés. LaCaille suivit une autre marche, et voulut consacrer sa dé-couverte aux sciences et aux arts. On trouve le nom deces constellations placées dans l’ordre des ascensionsdroites, et telles qu’il les l’apporte lui-même, dans lesMémoires de VAcadémie des sciences de 1^52, et dansle journal de son voyage, ainsi qu’il suit :