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Tome premier.
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soleil. Cette révolution est le temps employé par lesoleil pour faire le tour de l’écliptique d’occident euorient, ou l’intervalle qui sépare l’équinoxe du prin-temps du même équinoxe suivant. Cet intervalle, quiest de 365 jours et à peu près 6 heures , forme l 'annéesolaire ou astronomique. On tâcha de concilier ces deuxdivisions; et comme douze révolutions de la lune rem-plissent à peu près la durée d’une révolution du soleil,on prit cette dernière pour unité, sous le nom d’année,et on la divisa en 12 parties auxquelles on donna,comme nous l’avons déjà dit, le nom de mois , mot dé-rivé de celui de la lune dans toutes les langues anciennes.Douze lunaisons différant de près de 11 jours d’unerévolution solaire, on s’aperçut bientôt que les saisonsne correspondaient plus, après quelques années, avec lesmêmes mois des années précédentes; et la difficulté defaire concorder les mouvemens de la lune avec le mou-vement du soleil jeta les astronomes dans le plus grandembarras. Quelques peuples, tels que les Egyptiens, tran-chèrent la difficulté, en s’eu tenant au seul mouvementsolaire ; d’autres, au contraire, tels que les Arabes ,s’attachèrent uniquement à celui de la lune. Les Grecss’obstinèrent à concilier les deux mouvemens, et ce futchez eux l’occasion d’un grand nombre de tentativesqui contribuèrent puissamment aux progrès de l’astro-nomie.

6. Une révolution complète de la lune étant d’en-viron 29 jours -J-, et la nécessité de composer le moisd’un nombre entier de jours ne permettant pas de s’entenir rigoureusement pour sa durée au temps de cetterévolution, on imagina d’abord de faire alternative-ment les mois de 29 et de 3o jours, afin de regagner surl’un ce qu’on était forcé de perdre sur l’autre. Solon ,qui institua cette compensation, donna le nom de cavesaux mois de 29 jours, et de pleins à ceux de 3o; letrentième jour des mois pleins fut désigné par lui sous lenom de i»ï» mat, dernier et premier, parce que cejour était le dernier de la lunaison qui finissait, et lepremier de la lunaison qui commençait. Mais 12 lunai-sons , ainsi déterminées , ne faisant que 354 jours, et larévolution solaire étant de 365 J, on fit l’année tantôtde 12 et tantôt de i3 mois, c’est-à-dire que sur unepériode de huit années, cinq seulement se composaientde' 12 mois, tandis qu’aux trois autres suivantes, la troi-sième, la cinquième et la huitième, on intercalait untreizième mois plein ou de 3o jours. De cette manièrecomme cette période de huit ans se composait de 2922jours, et que huit révolutions solaires de 3G5 J- fontégalement 2922 jours, on voit qu’en admettant la duréedu mois lunaire égale à 29 jours -y, les mouvemens dusoleil et de la lune devaient coïncider exactement dela même manière à chaque période de huit ans. On faithonneur de l’invention de cette période, nommée

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octaétéride, à Cléostrate de Ténédos , astronome, à C8qu’on croit, peu postérieur à Thalès.

7. Cet arrangement du calendrier grec aurait été fortheureux, si les 99 mois qui composent la période deCléostrate eussent eu précisément la même durée que99 lunaisons; mais la révolution de la lune s’effectuanten 29 jours 12 heures 4o minutes 2-^ secondes, 99 lu-naisons font réellement 2923 j. 12 h. 40' 37"^, de sorteque la lune qui aurait dû se renouveler à l’expirationdes huit années lunaires, ne le faisait qu’aprèsun jour etdemi. Pour remédier à ce défaut, qui ne tarda pas à sefaire sentir, on se contenta pendant assez long-temps defaire quelques corrections pour rapprocher les octaétéri-des de l’état du ciel; ce qui finit par jeter un si granddésordre dans le calendrier, que tous les astronomes s’ef-forcèrent à l’envi de chercher les moyens d’y remédier.Plusieurs périodes furent successivement proposées etrejetées % lorsqu’enfin parurent Méton et Euctémon quiinventèrent la célèbre ennéadécaléride, ou cycle de19 ans.

8. Cette période, qui ramène les nouvelles lunes auxmêmes jours de l’année, et presque aux mômes heures,se composait de 19 années lunaires, dont 12 étaientcommunes ou de 12 lunaisons, et 7 de i3 lunaisons, entout 235 lunaisons : les années où l’on intercalait étaientles 3 e , 6 e , 8 e , n°, 14', 17 0 , 19 e . On les nommait an-nées embolismiques, du nom des mois ajoutés, qui s’ap-pelaient embolismiques ou intercalaires. La distributiondes mois caves et pleins n’était pas tout-à-fait la mêmeque celle de Solon: il y avait 110 mois caves, et 125pleins. Par ce moyen , les mouvemens du soleil et de lalune sont très-heurement conciliés, et ces deux astres serencontrent à la fin de la période, à très-peu de choseprès, dans le même lieu du ciel d’où ils étaient parti*au commencement.

g. Le cycle de Méton avait cependant un inconvé-nient qui exigea bientôt une correction que l'astronomeCalippe effectua environ un siècle après. Les 235 moi 5lunaires, tant caves que pleins, qu’il renfermait, fi»"ment 6g4o jours, tandis que 235 lunaisons ne font q ue6939 jours 16 heures 32 minutes: ainsi la période anti'cipait de sept heures et demie, et la nouvelle lune, £p laurait dûavoir lieu précisément à l’instant où recommen-çait la période, se trouvait déjà avancée de sept heure 5et demie; cette erreur multipliée ne pouvait manq lielde devenir sensible dès la troisième révolution du cycle-De plus, 19 années solaires de 365 j 11e font que 6g39jours y : ainsi la période de Méton anticipait aussi surles révolutions du soleil. Calippe commença d’aboi^par la quadrupler, ce qui fit un nouveau cycle de 7ans, au bout duquel on devait retrancher un jour, c e*^à-dire que son cycle était composé de quatre cycle 5 ^Méton , dont les trois premiers étaient de 694e jour*’