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regarde dans les deux à la fois, le champ de la visionsemble s’agrandir , et l’objet se rapprocher. Ce n’est làen effet qu’une illusion de la vue. L’action des deux té-lescopes n’est point réellement supérieure à celle d’unseul, et à l'aide du binocle, on ne peut découvrir ce quene montrerait pas une seule de ses branches , ou un té-lescope ordinaire de force égale à l’une de ces branches.Cependant il résulte de cette combinaison un degré declarté, qui favorise les observations. L’on dut croireque le télescope binocle, susceptible au reste de nou-veaux perfectionnemens, conserverait la supérioritéqu’il paraissait avoir sur les lunettes astronomiquesdont on se servait alors. Mais l’usage, devenu général,d’un instrument bien plus puissant, celui du télescopeà réflexion, fit abandonner l'invention des PP. Rheitaet Chérubin. Néanmoins, le regret qu’ont manifestédivers mathématiciens du dernier siècle, de l’oubli danslequel on avait laissé tomber cette invention, estaujour-d’hui sans objet; elle a été appliquée avec avantage, de-puis quelques années, aux lunettes achromatiques d’unepetite dimension, dont on se sert dans les spectacles oudans les réunions publiques, pour agrandir la vision, etrapprocher les objets. Les perfectionnemens de l’acous-tique ont aussi occupé le Père Chérubin. 11 raconte lui-même dans une lettre du 27 février 1675, adressée àToinard , une expérience exécutée en présence du gé-néral de son ordre. « Je fis, dit-il, entendre très-distinc-tement à quatre-vingts pas de distance, et discerner lesvoix des particuliers, dans une multitude, qui parlaientensemble, quoique dans le milieu on ne les pût aucu-nement entendre, car ils ne parlaient qu’à voix basse, etnéanmoins on n’en perdait pas une syllabe. » Son supé-rieur lui défendit de donner de la suite à une pareilleinvention, qu’il considéra comme pouvant devenir dan-gereuse pour la société civile. O11 n’aurait en effet aucunmoyen de défense contre ce procédé qui mettrait à lamerci du premier venu les secrets les plus intimes. Avantet après la Père Chérubin, son invention, qui aurait fa-cilité l’inquiète curiosité de la tyrannie, n’aurait peut-être pas été repoussée par la liante moralité qui la fitcondamner par le général de son ordre. L’ingénieuxChérubin respecta scrupuleusement la défense qui luiavait été faite ; mais il avoue avec naïveté à Toinardque dans une seule circonstance, où il s’agissait des in-térêts de son ordre, il avait fait usage de son méca-nisme, et découvert des secrets importans qui favori-saient son parti.
Comme l’époque de sa naissance, celle de la mort duPerc Chérubin demeura un secret du cloître. O11 a delui : I. La Dioptrique oculaire, ou la théorique , la po-sitive et la mécanique de Foculaire dioptrique en toutesses espèces , Paris , 1671 , in-fol. avec (jo planches et unfrontispice. IL La Vision parfaite , ou le Concours des
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deux actes de la vision en un seul point de l’objet ,Paris , 1677, hi.-fol. L’année suivante, Chérubin publiala traduction latine de cet ouvrage, deVisione perfecla,etc., et en 1681,1e tome II du même ouvrage, sous ce titre:LaVision parfaite, ou la Vue distincte. III. Effets de laforcede la contiguïtédu corps,par lesquels on repond auxexpériences delà crainte du ride et a celle de lapesanteurde l’air, Paris , 1679, in-12. L’auteur, dit le P. Ber-nard de Bologne, biographe des capucins, parle danscet ouvrage d’une machine telesgraphique , à l’aide delaquelle il dessinait les objets éloignés; et il s’y plaintque le Journal des savans eût mentionné avec éloge lesmicroscopes de Hooke, inférieurs à ceux qu’il avaitétablis. IV. L’expérience justifiée pour l'élévation deseaux par un nouveau moyen, à telle hauteur et en telltquantité que ce soit , Paris , 1G81 , in-12. V. Disserta-tion en laquelle sont résolues quelques difficultés pré-tendues au sujet de l'invention du binocle, in-12; sansdate. Le P. Chérubin a encore publié divers-ouvragessur l’impénétrabilité du verre , sur le télescope et le mi-croscope binocle; sur la nature et la construction du té-lescope; enfin , sur la machine qu’il appelle télesgra-phique , espèce de pantographe à dessiner la perspective;mais le Père Bernard ne donne que les titres de ces écrits,sans rapporter aucuns détails relatifs à leur publication.
CHEVAL {Astr.). Nom que l’on donne à la constel-lation de Pégase .
CHEVALET DU PEINTRE (. Astr .). Une des cons-tellations boréales formées par La Caille : elle renferme2Ü étoiles, dont la plus brillante, marquée a, n’est quede la cinquième grandeur.
CHEVELURE dk BÉRÉNICE ( Astr. ). Ancienneconstellation boréale, formée par le mathématicienConon , en l’honneur de la reine Bérénice. Les historiensracontent que Bérénice, femme de Ptolémée Eveigète,roi d’Égypte , ayant lait le vœu de couper scs cheveuxsi son mari revenait vainqueur de l’Asie , les consacraen effet dans le temple de Vénus, et qu’ils disparurentle lendemain. Ptolémée ayant manifesté un grand regretde cette perte, Conon lui montra sept étoiles qui n’ap-partenaient à aucune des constellatiohs alors existantes*en lui disant: c’est la chevelure de Zùrera/ce. Cette cons-tellation renferme aujourd’hui 43 étoiles dans le cata-logue britannique.
CHÈVRE ( Méc .). Machine qui sert à lever des fa 1 '"dcaux. Elle se compose de trois pièces de bois (Pl. XII>fig. 4 ), AR, BR, CR, écartées par en bas, et réuniés p afle haut, où se trouve une poulie suspendue.Sur la pouh epasse une corde dont une extrémité soutient lè fardeauà lever M, et dont l’autre s’enveloppe sur un cylindre Tqu’on fait tourner à l’aide des leviers LT.
CHÈVRE {Astr.). Nom d’une brillante étoile de p lC -mière grandeur, située dans la constellation du Loche'