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alors la science sur l’application de l’algèbre à la géo-métrie et sur la théorie des courbes, ne lui présentait,dit-on, aucune difficulté sérieuse. Il ne tarda pas a lireavec le même intérêt et à l’expliquer avec autant de fa-cilité le Traité des infiniment petits de cet illustre géo-mètre. L’époque où vivait Clairautest trop peu éloignéede lanôtre, et les témoignages en faveurdecetteparticu-larité de sa vie sont trop nombreux et trop res-pectables pour qu’il soit permis d’en douter. Jean-Baptiste Clairautson père, professeur de mathématiquesdistingué et associé à l’Académie de Berlin , l’initia debonne heure aux élémens de la science; il suça pourainsi dire la géométrie avec le lait, suivant l’expressiond’un historien qui a été son ami ; mais ces circonstancesqui ont été communes à un grand nombre d’hommesn’expliquent pas entièrement l’aptitude prodigieuse quelejeuneClairaut montra pour lesmathématiquesà un âgeaussi tendre. Quoi qu’il en soit, en 1726, lejeuneClairautqui n’avait encore que douze ans et huit mois, soumit àl’Académie des sciences de Paris, un mémoire sur quatrecourbes douées de propriétés remarquables. Ce corpssavant pensa d’abord que la main de quelque maîtrehabile avait passé sur l’œuvre de l’enfant qui se présen-tait à son jugement. Mais cet enfant subit un examen sé-vère , et répondit avec tant de clarté et de précision auxquestions qui lui furent adressées, qu’il fut impossible dedouter de la loyauté de son travail et de sa prodigieuse ca-pacité. Fontenelle délivra au jeune Clairaut , au nom de1 Académie, un certificat qui attestait l’authenticité de cesfaits. Ce certificat et le mémoire qui l’avait motivé sontimprimés dans le tome IV des Miscellanea-Berolinensiaa la suite d’un écrit de Jean-Baptiste Clairaut. Le jeunegéomètre qui venait de débuter avec tant d’éclat, nelaissa pas à la renommée le temps de l’oublier; il 11’avaitque seize ans, lorsqu’il fit paraître ses recherches sur lescourbes à double courbure. Cet ouvrage eut un telsuccès , que l’Académie songea à ouvrir ses portes àl’auteur; mais ce candidat n’avait que dix-huit ans, etdes ordres spéciaux du roi étaient nécessaires pour qu’onput l’admettre au sein de cette compagnie, malgré lesre glemens d’autant plus respectés qu’ils paraissent cho-quans. Q ue f a ; t l’âge pour la science et le talent? d’ail-. ms, le cas exceptionnel dans lequel së trouvait lead^ 0 ^' a * rau t, ne se présente que trop rarement; il futqu’o a> des sciences avec l’agrément du roi,
j a jamais eu depuis l’occasion de solliciter pour
^ me motif. Le nouvel académicien ne parut point,gte sa jeunesse, embarrassé de la gloire qui couron-1 ses premiers travaux. Il eut le courage de supporterVec une noble modestie l’accueil empressé qu’il reçutans le monde. C’est qu’il avait été préparé de bonneheure â mériter les honneurs qui venaient à lui dès sesPremiers pas dans la carrière. Il avait reçu une éduca-
tion distinguée; son père avait voulu qu’il fît marcher defront avec l’étude des mathématiques, celle des langueset des belleslettres. Ses premières dispositions semblaientl’entraîner vers l’état militaire. En 172a, un camp avaitété formé à Montreuil près de Paris , pour l’instruc-tion de Louis XV, encore enfant ; Clairaut qui n’avaitalors que neuf ans, savait déjà assez de fortificationspour comprendre et développer scientifiquement lesopérations d’un simulacre de siège qu’on y exécuta. Ilmontra depuis un vif désir de se destiner au service, etles promesses de son père, à cet égard, furent un vifstimulant pour son jeune élève , qui se livra avec plusd’ardeur à l’étude des mathématiques. Il avait grandi aumilieu des savans et des artistes, dans la société desquels,à l’âge de treize ans, il était en état de tenir sa place.Aussi àdix-huit ans, la distinction honorable dont il étaitl’objet, ne fit-elle qu’augmenter son ardeur pour le tra-vail. 11 assistait avec ponctualité aux séances de l’Aca-démie , et il y lisait de nombreux mémoires sur diversesbranches de la scieuce, dans lesquels on remarque le dé-veloppement successif de cette noble intelligence.
Nous avons pensé qu’on ne trouverait pas sans intérêt,dans cet ouvrage, des détails sur l’enfance de Clairaut ;nous reviendrons plus tard sur quelques circonstances desa vie, dont nous allons d’abord exposer succinctementles plus remarquables travaux.
Clairaut fut du nombre des académiciens qui, en 1736allèrent en Laponie pour mesurer un degré du méridien.La question de la figure de la terre occupait alors tousles savans d’Europe et en particulier l’Académie deParis : Clairaut se livra avec l’ardeur qui lui était natu-relle, aux recherches qu’occasionna cet important pro-blème. On sait qu’il résulta des trois mesures du mé-ridien, en France , en Laponie et au Pérou , la consé-quence certaine que la terre est un sphéroïde aplativers les pôles. Le premier degré du méridien à partirde l’équateur, fut trouvé de 56750 toises; celui deFrance , par une latitude de 43 ° 23 , fut trouvé de57075toises; celui de Laponie de 4-7438 toises : d’où il résulteévidemment que la valeur du degré augmente considé-rablement en allant de l’équateur en France et en La-ponie; ce qui confirma les admirables théories deNcwtonet d’Huygens. {Voy. Bouguer, La Caille, Cassini deThury .)
La part que prit Clairaut à la discussion qui s’élevaensuite sur quelques points de la théorie de la terre, etqui dura long-temps, est indiquée par son ouvrage in-titulé : Figure de la terre tirée des lois de Vhydrosta-tique, qu’il publia en 1740.
Dans cet ouvrage, Clairaut résout les problèmes quiavaient alors été posés par Bouguer et Maupcrtuis{voy. ce nom), et à cette occasion, il fait voir qu’ilexiste une infinité d’hvpothèses de pesanteur, où le