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Tome premier.
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sa révolution de 1607 à 1682, qu’elle n’en mettrait àfaire la révolution suivante ; mais son calcul ne pouvaitpas avoir l’exactitude de ceux qu’on devait obtenir àl’aide des méthodes plus modernes. De plus, Hallevavait négligé l’attraction de Saturne , dont la masse estd’environ le tiers de la masse de Jupiter , ce qui devaitaussi produire un dérangement sensible dans la marchede la comète. Quant aux attractions de la Terre et desautres planètes, comme elles sont très-petites, on croyaitpouvoir les négliger.

Clairaut fait le premier géomètre qui entreprit de dé-terminer les inégalités de cette comète, en ayant égardaux attractions de Jupiter et de Saturne . O11 doit re-marquer que ce problème, quoique semblable dans lefond à celui qui a pour objet la détermination des iné-galités des planètes, en diffère cependant en deuxpoints essentiels. Dans le mouvement des planètes, lesorbites sont peu excentriques les unes par rapport auxautres. Dans le mouvement des comètes, les rayons vec-teurs changent considérablement, et l’orbite de la co-mète peut décrire un très-grand angle avec l’orbite dela planète perturbatrice. Or, ces différences changentnécessairement la nature ou le choix des moyens qu’ilfaut employer dans ces deux cas, pour parvenir à dessériés convergentes. Clairaut se livra avec ardeur à cenouveau travail; et avec le secours de quelques discipleslui l’aidaient à convertir en nombres les formules ana-lytiques , il se trouva en état d’annoncer dans l’assembléepubliq ue de l’Académie des sciences , du 14 novern-bre iy 58 , que la comète paraîtrait au commencementde 175g, et qu’elle passerait à son périhélie vers le i 5uvril suivant. Cette annonce que Clairaut présenta avecréserve et modestie, fit une profonde sensation dans lemonde savant, car, de sa réalisation, dépendait la con-firmation d’une importante théorie, et la solution d’undes plus beaux problèmes astronomiques. La comète futaperçue en Saxe, en 17 58 , et fut observée à Paris , le4 janvier 1759. Clairaut en retira une grande renommée,son nom fut proclamé avec des éloges, dont on ne com*Prend plus l’enthousiasme aujourd’hui, que les plusbelles découvertes delà science sont accueillies avec uneS1 déplorable indifférence. Mais il faut convenir que lesarais Clairaut dépassèrent dans cette circonstance, , U ^ eS ^ es bornes d’une juste admiration, et qu’ils ou^ 1 rent beaucoup trople graud Halley , dont le nom futprononcé. (Voyez Apian et Halley .)

3 *béorie du mouvement des comètes, que Clairaut publia en 1760, devint l’occasion, comme nous l’avons

P us haut, d’une vive discussion entre lui et d’Alem-er t, dans.laquelle il parait qu’il n’eut pas toujours rai-*°U. On trouvera les détails de cette lutte fâcheuse entreeux hommes de génie, qui avaient chacun un mériteParticulier, dans le Journal des savans des mois

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d’août 1759, décembre 1760, et janvier 1761. Nousnous bornerons à dire ici que le public saisissant avecplus de facilité les travaux d’application de Clairaut ,que les recherches théoriques et abstraites de d’Alembert,donna raison au premier ; les savans ne furent pas en-tièrement de l’avis du public.

Nous nous contenterons d’indiquer les autres travauxde Clairaut , par le titre des ouvrages où ils sont ex-posés. La vie de ce célèbre géomètre a été bien remplie,et son nom sera honoré aussi long-temps que la sciencetiendra le premier rang parmi les hautes productions del’intelligence humaine. Voici le jugement que porte surlui un de ses contemporains qui avait vécu dans son in-timité : Il avait le faible de tous les grands hommes :il aimait un peu trop la célébrité. Adroit à saisir tousles moyens de s’attirer des applaudissemens, il dirigeaitordinairement ses recherches vers des objets dont ungrand nombre de personnes pouvaient apprécier, sinonla théorie , au moins les résultats. Il travaillait ses ou-vrages avec un extrême soin, et presque toujours illeur donnait la perfection dont ils étaient susceptibles.Ses élémens de géométrie et d’algèbre lui firent despartisans nombreux et zélés, parmi les jeunes étudiansde ces sciences, flattés d’avoir pour guide un géomètred’une aussi grande célébrité. Un caractère doux et liant,une grande politesse, uue attention scrupuleuse à neblesser l’amour-propre d’autrui, lui donnèrent dans legrand monde une existence, une considération, que letalent seul n’aurait pas obtenues. Par malheur pour lessciences, il se livra trop à l’empressement général qu’onavait de le connaître et de le posséder. Entraîné par ladissipation du grand monde, et voulant allier le plaisirà ses travaux ordinaires, il perdit le repos et la santé,quoique son excellente constitution physique parût luipromettre une longue carrière. Clairaut fut enlevé auxsciences et à l’amitié, le 17 mai 1765, âgé seulementde cinquante-deux ans. On lit dans l’éloge académiquede cet illustre géomètre, que son père eut le malheurde lui survivre ; il ne fut jamais marié, et le roi, enconsidération de son nom et de son mérite, fit unepension de 1,200 1. à sa sœur, qui resta seule d’une fa-mille de vingt enfans qu’avait eus Jean-Baptiste Clairaut,leur père. Un frère puîné d’Alexis Clairaut avait éga-lement fait en mathématiques des progrès assez rapides,pour être en état, à l’âge de quatorze ans , de lire à l’A-cadémie des sciences un mémoire de sa composition.Les espérances que donnait cet enfant ne purent mal-heureusement pas se réaliser, la petite vérole l’emportaen deux jours, à l’âge de seize ans, un an après qu’il eutpublié un Traité des quadratures circulaires et hyper-boliques, qui parut revêtu de l’approbation et des élogesdel’Académie. Voici la liste des principaux ouvrages del’académicien célèbre dont nous venons d’esquisser les