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Tome premier.
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latives aux circonstances sous lesquelles nous les voyons,caril y a beaucoup de comètes qui n’ont ni queue, nibarbe ni chevelure. L’astronomie moderne considèretrois parties distinctes dans une comète : la tète , niassede lumière large et éclatante, niais terminée d’une ma-nière confuse ; le noyau , partie beaucoup plus brillanteet plus franchement découpée, située au centre delà tête;la queue, traînée lumineuse plus ou moins large et dif-fuse, qui part delà tête dans une direction opposéeau soleil, et qui se subdivise quelquefois en plusieursbandes. Ces trois parties ne se rencontrent pas dans toutesles comètes; quelques-unes n’ont point de queue,d’autres manquent cle noyau, et sont tellement diaphanesque les étoiles sont visibles au travers de leur disque.

Tycho-Brahé découvrit le premier,en observant, pen-dant un mois, la comète de i 585 , que ces corps ne pou-vaient être de simples météores engendrés dans notreatmosphère, comme on le supposait alors communément.Il fit ainsi revivre une ancienne idée de Sénèque , qui,avec cette pénétration du génie qui devance les décou-vertes de l’expérience, avait rangé les comètes au nom-bre des planètes de notre système solaire. « On ne peutpoint encore connaître ,.dit-il {Questions naturelles ,liv. VII), le cours des comètes, et savoir si elles ont desretours réglés, parce queleurs apparitions sont trop rares;mais leur marche non plus que celles des planètes,n’est point vague et désordonnée comme celle des mé-téores qui seraient agités par le vent. On observe descomètes de forme très-différente ; mais leur nature estsemblable , et ce sont en général des astres qu’on n’a pascoutume devoir, et qui sont accompagnés d’une lumièreinégale; elles paraissent en tout temps, etdans toutes lesparties du ciel, mais surtout vers le nord ; elles sont,comme tous les corps célestes, des ouvrages éternels dela nature : la foudre et les étoiles volantes et tous lesfeux de l’atmosphère sont passagers, et ne paraissentque dans leurs chutes.Les comètes ont leur route qu’ellesparcourent; elles s’éloignent, mais ne cessent pasd’exister. »

Képlcr entreprit de calculer Forbite d’une comète;mais il put reconnaître seulement que cet orbite n’étaitpoint circulaire. Hévélius fit un plus grand pas, en re-connaissant, non-seulement que la route des comètes( se courbait autour, du soleil, mais encore que cettecourbe était de la nature de la parabole. Plus tard,Newton compléta cette théorie, en démontrant que lescomètes circulent autour du soleil, en vertu des mêmeslois que les planètes, et qu’elles décrivent des ellipses(très-alongées dont le soleil occupe l’un des foyers. Enfinla célèbre comète de Halley , dont nous allons parler,vint, donner à cette théorie le dernier degré d’évi-dence et de certitude.

La parabole est une courbe qu’on peut considérer

comme la limite de l’ellipse, et qui en diffère d’autantmoins que le grand axe de cette dernière a .plus d’é-tendue. On peut remarquer en effet dans la générationde ces courbes, au moyen d’un cône coupé par un plan(voy. Cône) que la parabole n’est qu’une ellipse dontlegrand axe est infiniment grand. Il est donc à peu prèségal de considérer une petite portion de l’orbite, sur-tout près du périhélie, comme un arc de parabole oucomme un arc d’ellipse, lorsque le grand axe de l’el-lipse est très-grand, et c’est en employant cette méthodeque Halley calcula le premier les orbites des comètes, etqu’en se servant des observations d’Apian sur la comètede i 53 i , de celle de Képler et.de Longomontanus surla comète de 1607, et enfin de celles de Lahire, Picard,Ilévélius etFlamstead sur la.comète de 1682, qu’il re-connut que ces trois comètes n’étaient qu’unseul etmêmeastre, dont il lui fut possible d’annoncer le retour.

Les résultats de ces calculs furent les élémens para-boliques suivans.

Comète de t 53 1 :

Inclinaison.

Longitude

Longitude

Distance

du nœud.

du périhélie.

au pcrihel

17 0 56'

49° 25'

3oi° 3g'

0 , 57 .

Comète de

1607 :

17 0 2 ”

5o° 21 '

302° 16 '

0 , 58.

Comète de

iG8a :

17» 42 '

5o° 48'

3ot° 56'

0 , 58.

Les mouvemens propres de ces comètes s’effectuanten outre tous les trois dans l’ordre rétrograde , c'est-à-dire en sens inverse du mouvement diurne apparentde la sphère céleste, il était évident, en tenant comptedes erreurs inévitables des observations et des pertur-bations que devait éprouver la comète par l’attractiondes planètes, que ces trois orbites appartenaient à unseul astre, et que lamèmecomèteétait apparue en i 53 i,1607, 1682, c’est-à-dire que la durée de sa révolutionétait de 75 à 7G ans, et qu’elle serait'de nouveau visiblevers 1758 ou 1759.

La prédiction de Halley éveilla l’attention de tous lesastronomes,etClairaut entreprit dercchercher l’influenceque l’attraction des grosses planètes devait apporter surla marche de la comète : il calcula pour cet effet l’or-bite réel, en transformant les élémens paraboliques enélémens elliptiques, et trouva que le retour au péri-hélie serait retardé de 100 jours, par l’action de Sa*turne, et de 5 i 8 au moins par celle de Jupiter {voyezPerturbation) ; et en conséquence, il fixa ce retour versle 12 avril 1759, annonçant toutefois que le temps l’avantforcé de négliger dans son calcul de petites quantités,il pourrait y avoir une différence de 3 o jours en plus ° umoins. La comète passa en effet à son périhélie * e