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Tome premier.
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incapable d’une méditation sérieuse; mais son étrangecuriosité lui tenait lieu d’une plus noble ardeur pourl’étude : aussi n’a-t-il fait qu’effleurer les matières dont ils’est tour à tour occupé. Son nom ne se trouverait pointici cependant, si La Condamiue, eu 1736, n’eût partagéles travaux de Godin et du savant Bouguer , chargés parl’Académie des sciences de mesurer un degré du méri-dien au Pérou , dans le voisinage de l’équateur. Son in-fluence ne fut pas étrangère à la décision du ministreMaurepas, qui approuva ce voyage scientifique, etfournit les moyens de l’exécuter On sait que cette expé-dition dura dix ans. 11 est de la justice de dire que si LaCondamine était inférieur à ses collègues sous le rapportdu savoir, il les aida activement dans tous les moyenssecondaires sans lesquels leur opération n’aurait pu avoirlieu. La Condamine, d’ailleurs, habitué à la vie dessalons et à toutes.les jouissances du monde, supportaavec un courage et une résignation dignes d’éloges, lesdangers et les fatigues d’une utile entreprise à laquelleil s'était volontairement associé. Son intarissable gaîtéfit souvent oublier à ses collègues les chagrins d’un longexil, et les privations auxquelles ils furent en proie, da»sun pays où même aujourd’hui la civilisation a fait si peude progrès. A leur retour en Europe, Bouguer et LaCondamine publièrent la relation de leur voyage. Lepublic accueillit avec une faveur marquée le travail dudernier; et Bouguer , qui se voyait privé d’une gloire silaborieusement acquise, attaqua avec humeur son spi-rituel compagnon, qui lui répondit avec gaîté. Le publie,incapable de juger le fond de la discussion, donna en-core raison àLa Condamine. Le/; février 17y/;, Charles-Marie de La Condamine mourut comme il avait vécfi,pour s’être livré imprudemment à son penchant à lacuriosité, en faisant faire sur lui l’essai d’une opérationchirurgicale nouvelle, aux suites de laquelle il suc-comba. Le Recueil de VAcadémie, le Mercure déFrance, et les divers journaux du temps contiennentde nombreux mémoires de La Condamine sur toutessortes de sujets. Ses principaux écrits scientifiques sont :]. The distance of lhe tropicks, 1788, in-8°. II. La fi-gure de la terre déterminée par les observations deMM. de La Condamine et Bouguer, Paris , 1749, in- 4 *.111 . Mesure des trois premiers degrés du méridien dansl’hémisphère austral , Paris , fjSî , in- 4 °, etc.

CONDORCET ( Marie-Jean-Antoine-Nicolas Caiu-TAT,marquisde), membre célèbre de l’Académie des scien-ces et de l’Académie française , naquit, en i743,àRibe-mont, près de Saint-Quentin , en Picardie.il fitsesétudesau collège de Navarre , où l’avait fait entrer l’évêque deLizieux, son oncle. Ses parens crurent remarquer enlui une aptitude particulière pour les mathématiques,et ils dirigèrent en conséquence ses études vers cettescience, sur laquelle il soutint, à seize ans , une thèse

qui reçut les applaudissemcns de D'Alembert , de Clai-raut et de Fontaine, devant lesquels elle fut pronon-cée. Ce succès décida de son soit, et il prit dès-lors larésolution de se livrer tout entier à l’étude d’une science,où l’approbation de savans aussi distingués devait, eueffet, lui paraître d’un favorable augure. Malheureuse-ment Condorcet ne se borna pas à accomplir cette ié-solution: il envia une gloire plus brillante peut-être,^mais moins durable, et il se jeta avec ardeur dans unecarrière où il succomba, victime des principes désastreuxqu’il avait contribué à faire triompher. Au sortir ducollège, Condorcet , qui vint se fixer àParis, où la pro-tection du duc de La Rochefoucault lui procura lesmoyens de se produire honorablement dans le monde ,se lia avec les plus célèbres géomètres de l’époque , etparticulièrement avec Fontaine. Il débuta par un essaisur le calcul intégral, qui fut puLlié en 1765; et en 1767il donna un mémoire sur le Problème des trois corps.Ces deux ouvrages, que l’Académie des sciences avaitjugés dignes d’entrer dans la collection des travaux dessavans étrangers , lui méritèrentrhonneurd’yêtreadmisen 17 69. Ce fut al ors que Condorcet selia plus intimementavec les principaux membres de la secte encyclopédique,dont il devint bientôt un des adepteslespluspassionnés.Il était assez jeune pour recueillir l’héritage de sesmaîtres, qui, plus heureux que lui, ne virent pas lesorages que la popularité malheureuse de leur philoso-phie appela sur la France. Condorcet fut effectivementle dernier écrivain de quelque valeur intellectuelle, quel’empirisme philosophique duXVHF siècle aitcopseyvéà l’Académie des sciences . Son esprit, sans doute, n’y estpas mort avec lui : il y compte encore aujourd’hui denombreux partisans; mais leur impuissante colère pr°'tège mal contre les progrès toujours croissans de la rai*son, une philosophie désolante dont la funeste missionest heureusement accomplie. Sur les ruines qu’elle aviltamoncelées autour d’elle, l’esprit humain jette aujoui - 'd’huiles bases d’un monument plus durable. Son travailsera peut-être long et pénible, et ceux qui apportent®ce grand labeur la part de leur talent et de leur généreuseconviction, doivent connaître d’avance les difficultés del’œuvre à laquelle ils se sont voués. En effet, la pbd°'Sophie du XVIII e siècle, qui, en prétendant seulementexercer l’autorité de ses préceptes contre l’ignorance etles préjugés, a flétri les croyances les plus respectables»confondu les principes de toutes choses et jeté l'hum®nité dans une fausse voie, n’a plus aujourd’hui de refng®que dans l’ignorance et les préjugés.

Les travaux scientifiques de Condorcet sont pe u Iiaportans : il s’est surtout exercé dans les diverses branch eSdu calcul intégral ; mais, ainsi que le dit avec raison unde scs contemporains, ses vues ont pu être nouvelle*sans produire aucuue découverte ; car il s est born

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