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Tome premier.
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Je» fors le tort d’avoir expliqué l’un des grands phé-nomènes de la nature.

Un acte de sévérité, occasionné par des raisons tout-n lait opposées se rattache à la tradition d’une éclipse'le soleil, qui serait arrivée à la Chine vers l’an ai 55"J uit notre ère. Suivant les historiens , au moins fort*u pects, de ce pays, il y eût eu cette année, aux appro-ches de l’équinoxe d’automne, sous le règne de 1 em-pereur Tcliong Rang une éclipse de soleil et les astro-nomes Ho et Ili furent condamnés à mort pour ne l’a-voir point prévue, comme la loi leur en faisait undevoir. Ainsi, d’après cette histoire, non-seulement lesâc.ipses étaient observées à la Chine plus de deux•n ile ans avant notre ère, mais encore les astronomespouvaient en calculer le retour avec assez de précisionpour qu’on y fit mourir ceux qui négligeaient d an-noncer le prochain accomplissement de ce phéno-mène. On sait que les missionnaires versés dans l'astro-nomie, et que d’autres astronomes ont prétendu véri-fie.-par des calculs, l’existence réelle de cette éclipse.U est en effet possible qu’elle ait eu lieu; mais il est com-Pl teinent impossible que l’observation scientifique ena il été faite à la Chine à l’époque reculée où on la place,

>que antérieure à toutes les certitudes historiques, etP 9 -" conséquent à la civilisation avancée que suppose unP 9 Tiil travail. En ne citant ce fait que pour ce qu’il vautr é- llement, c’est-à-dire, pour une audacieuse interpo-lai on des astronomes chinois entreprise dans le but defia ter l'orgueil d’une antiquité fabuleuse, qui domineIci r nation, on doit convenir qu’il en résulte au moinsI 9 preuve que la connaissance de la cause des éclipsesesl fort ancienne dans l’astronomie chinoise ; mais on’ff 1 ore entièrement d’après quelle méthode elle pouvaitles calculer.

'•-■es plus anciennes observations d’éclipses, rapportéesP a Ptolémée , sont trois éclipses de lune, observées àBa >ylone, dans les années 719 et 720 avant notre ère,et dont ce grand astronome a fait usage pour détermi-nei les mouvemens de la lune. Les observations anté-•’icures à cette époque, et dont se vantaient les Chal-fiéuis, ayant été rejetées parHipparque et Ptolémée ,Pu bablement parce qu’elles manquaient de précision et^exactitude, on aurait tort de les invoquer en garan-te de la science des Chinois. Les observations d’éclipsesdes Indiens et des Persans offrent encore moins de cer-l, b'de;niais comme nous l’avons dit plus haut, quelque^«•gérées que soient les prétentions astronomiques desan < iens peuples, on peut du moins en tirer cette con-Se q lence que la connaissance des causes des éclipses atoujours vivement excité l’attention des hommes, etc est le premier problème que l’astronomie ait eu

à résoudre.

l*iais la connaissance de ces causes et la méthode pour

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calculer d’avance la production des phénomènes qui lesaccompagnent, furent long-temps encore regardéescommeune des combinaisons les plus élevées de la scienceet n’ont été par conséquent le partage que d’un petitnombre d’hommes supérieurs. Les peuples regardaienttout ce qu’ils appelaient les prédictions des astronomesrelativement aux éclipses comme des opérations qui te-naient du prodige. Plutarque rapporte qu’Hélicon deCynique ayant annoncé une éclipse de soleil à Denys,jtyran de Syracuse, et ce phénomène ayant eu lieu aujour et à l’heure qu’il avait fixés, reçut de ce prince untalent, ou 5 , 4 oo fr. de notre monnaie, en récompensede son habileté, récompense dont l’importance prouveassez que les connaissances d’Hélicou n’étaient pas com-munes. (3 septembre, an 401 avant J.-C.)

Le peuple romain, long-temps après, suivant Tite-Live (lib. 44 ), regarda encore comme une prodige inoui,l’annonce d’une éclipse de lune , qui fut faite par Caius-Sulpitius Gallus, le premier géomètre de cette nationqui ait eu quelque connaissance étendue en astronomie.Ce phénomène devait avoir lieu durant la nuit qui pré-céda le jour où Paul-Emile défit Persée. Gallus l’an-nonça aux soldats romains, et leur en ayant expliqué lescauses, il dissipa la frayeur que cet événement imprévuaurait jetée dans leur esprit. Suivant les calculs de Ric-cioli, cette éclipse arriva le matiu du 4 septembre del’an 168 avant J.-C.

Après la destruction de l’école d’Alexandrie et durantle moyen-âge, on sait que la scieuce fut à peu près exiléede l’occident, et jusqu’à l’époque où elle lui fut renduepar les Arabes , on ne trouve quelques observationsfort incomplètes d’éclipses de soleil et de lune que dansles annales du règne de Louis-le-Débonnaire , écritespar un moine anonyme. Ces observations comprennentle temps qui s’est écoulé depuis l’an 807 jusqu’en 842.

Les éclipses sont divisées, par rapport aux objetséclipsés, en lunaires et solaires. Il y a aussi les éclipses desplanètes secondaires ou satellites , et celles des étoiles etdes planètes; ces dernières se nomment plus particu-lièrement occultations. Nous allons les examiner succes-sivement.

1. Éclipses lunaires. La terre étant un corps opaqueéclairé par le soleil, projette au loin derrière elle uneombre dans l’espace. Quand la lune traverse cette ombre,ce qui arrive dans certaines circonstances, elle ne reçoitplus la lumière du soleil, et doit par conséquent dispa-raître pendant tout le temps qu’elle y demeure ; car lalune, ainsi que toutes les planètes, est aussi un corpsopaque qui 11 apparaît à nos yeux que lorsqu'elle estéclairée par les rayons du soleil. La figure suivante feraconcevoir aisément ce phénomène.

Soit S le soleil et T la terre; si par les bords opposésdu disque du soleil, on conçoit des lignes droiles ÀE et