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Tome premier.
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mesurer leurs révolutions. Cependant on a reconnu queplusieurs étoiles étaient animées d’un mouvement pro-pre, et il est extrêmement probable qu’il en est de mêmede toutes les autres. Nous ne voulons point ici parlerde mouvemens apparens, comme ceux qui résultent dela précession, de la nutation, ou de l ’aberration de lalumière, et qui affectent en même temps tous les corpscélestes , mais bien de mouvemens réels dont l’effet estde changer la relation des distances. Par exemple , l’é-toile 61 du Cygne s’est déplacée sur le ciel de 4 ' 23 " de-puis seulement 5 o ans; tandis que d’autres ont demandéplusieurs siècles pour présenter des déplaceinens bienmoins considérables.

Le mouvement propre des étoiles fut annoncé parHallev comme un des résultats de ses travaux sur lacomparaison des lieux de ces corps donnés par les an-ciennes et les nouvelles observations. Cette circonstanceremarquable, reconnue ensuite par Cassini et Le Mon-nier, fut enfin complètement confirmée par TobieMayer, qui compara les lieux de 8o étoiles déterminéspar Rocmer, avec ses propres observations, et trouvaque la plus grande partie de ces astres avait éprouvé desvariations de position. Il voulut expliquer ce phéno-mène en supposant que c’était une apparence due à unmouvement progressif du soleil et de tout le systèmesolaire vers une partie de l’espace; mais comme le ré-su] tatdes observations n’étaitpoint entièrement d’accordavec cette théorie, il remarqua qu’on ne pouvait rienconclure des directions divergentes de quelques étoilesavantque plusieurssiècles n’eussentpermis de les étudieravec plus de soin.

Il est sans doute très-probable que le système solairen’occupe pas constamment le même lieu dans l’espace ;et il n’est pas plus difficile de concevoir le soleil tour-nant autour d’un centre d’attraction, en entraînantavec lui, dans son mouvement, toutes les planètes, quede concevoir Saturne tournant autour du soleil avec lessept satellites qui l’accompagnent. Or, d’après les loisde la perspective, si le soleil se meut dans une direc-tion quelconque , le résultat, pour nous , d’un pareilmouvement, doit être une tendance apparente du sys-tème entier des étoiles à se mouvoir, eu sens contraire dela direction réelle du soleil, vers le point de la sphèreoù convergent les lignes parallèles à cette direction,c’est-à-dire que toutes les étoiles doivent paraître serapprocher de ce point.

Quoique les directions apparentes des mouvemenspropres des étoiles observés jusqu’ici soient trop diver-gentes pour qu’elles puissent indiquer une tendancecommune vers un point du ciel plutôt que vers un autre,cependant Herschel a pensé qu’en faisant la part desdéviations individuelles on pouvait apercevoir un mou-vement général des principales étoiles, qui les entraîne

dans un point de la sphère céleste diamétralemen' op-posé à l’étoile marquée Ç de la constellation d’Herculc.D’où il résulterait que le soleil se meut lui-même dansla direction de cette étoile.

Si les étoiles étaient fixes d’une manière absolue, ilest hors de doute que le déplacement du soleil dansl’espace devrait leur donuer un mouvement généralapparent vers un même point, mais si ces corps eux-mêmes ont des mouvemens réels comme il est impos-sible d’en douter, leur déplacement observé sur la voûtecéleste devient le résultat de deux causes différentes; etselon que ces causes concourent ou divergent, la di-rection des mouvemens doit se rapprocher ou s’éloi-gner delà direction générale apparente Ainsi les obser-vations qui paraissent aujourd’hui contrarier l’hypo-thèse ingénieuse de Tobie Mayer, pourront peut-êtreqar la suite, lorsque les mouvemens réels des étoilesseront mieux connus, en devenir la confirmation.Jusqu’ici la science ne peut se prononcer d’une manièrecertaine.

Les étoiles présentent encore des phénomènes trèsremarquables qui sont exposés dans d’autres articles.Voy. Changeantes, Mm.Tivi.ES et Nebuleuse.

EUCLIDE . On ne sait point quelle fut la patrie decet illustre géomètre et l’histoire a également gardé lesilence sur les événemens de sa vie. Lorsque les Arabes traduisirent le livre célèbre qui a acquis à son nom unepopularité que le cours de vingt siècles n’a point encorealtérée, ils voulurent suppléer à ce bizarre oubli de la re-nommée. Ils firent Euclide natif de Tyr et fils d’un ha-bitant deDamas nommé Naucrates. Mais ces deux nom*sont grecs et d’autre part l’assertion des écrivains arabesne reposait sur aucun document historique digne d’at-tention. Il est certain seulement qu’Euclidc habita l aGrèce , dont il a dû fréquenter les écoles, mais com® eces fleuves dont on cherche vainement la source, on nepeut savoir sous quel maître il puisa les premières no-tions de la science, dont il était destiné à poser les pn°'cipes d’une manière presqu’absolue. Il avait déjà u° egrande réputation lorsque l’accueil bienveillant <I tiePlolémée, fils deLagus, faisait en Égypte aux savansde toutes les nations, l’attira, dit-on, à Alexandrie , oune tarda pas à prendre une place distinguée parmichefs de sa brillante école. Le savant Pappus ( CoU eCmalh. t. y. Prœm.) nous a laissé de lui un portrait q unous fait regretter plus vivement l’absence de tout I e11seignement biographique sur un tel homme. Laborieuxdoux et modeste, suivant cet écrivain, il porta toujo urune affection particulière à ceux qui pouvaient contrbuer aux progrès des mathématiques. Bien dute*

d’Apollonius , qui, ajoute Pappus, était un homme

d’une

insupportable vanité, et se faisait un plaisir de dép 1 ^cier ses contemporains, on ne vit jamais Euclide J a