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[Tome deuxième.]
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exemples à imiter. Pierre Fourier , réformateur et gé-néral de l’ordre des Prémontrés , était son oncle. Onsait que ce religieux, aussi distinguépar ses lumières quepar ses hautes vertus, est le fondateur d’une congréga-tion de femmes vouées à l’éducation des jeunes fillespauvres, quia servi de modèle à toutes les institutionssemblables qui existent de nos jours.

Le jeune Fourier fit ses études à l’Ecole militaired’Auxerre, où il se distingua par la rapidité de ses pro-grès, l’aménité de ses mœurs et la vivacité de son es-prit. Ce fut seulement à l’âge de treize ans qu’il com-mença l’étude des mathématiques, et son aptitude pources hautes sciences se manifesta avec plus d’éclat encoreque celle qui l’avait fait distinguer dans ses premierscours. Dès' l’âge de dix-huit ans il occupa la chaire demathématiques dans l’école où il avait étudié, et lors dela fondation de l’école normale, Fourier fut un desjeunes professeurs que le département de l’Yonne envoya à ce lycée scientifique pour se fortifier dans l’artsi difficile d’instruire les autres. Il ne tarda pas à se ren-dre digne dercette honorable distinction, il s’attira l’at-tention de Monge et de Lagrange, et ces illustres maîtresle désignèrent au choix du gouvernement, pour professerles mathématiques à l’Ecole Centrale des travaux pu-blics, grande et puissante institution, devenue depuis siutile à la France et si célèbre en Europe sous le nomà’Ecole polytechnique. Quoique Fourier n’eût encorepublié aucuns travaux , il fut dès-lors considéré commeun géomètre du premier mérite, et il fut du nombredes savans que le Directoire permit au général Bona-parte-d’emmener en Orient. Fourier devint nécessaire-mentmembre de l’Institutd’Egypte,et malgrésa jeunesseil s’y fit remarquerpar l’activité de ses recherches et l’im-portance de ses travaux. D’ailleurs , les savans, les gé-néraux et les soldats, tout était jeune dans cette glo-rieuse armée qui, à travers tous les périls, allait portersur la terre désolée des Pharaons le drapeau, les lu-mières et les arts de la France ! Nous regrettons de nepouvoir entrer ici dans quelques détails honorables pourla mémoire de Fourier et qui se rattachent à cette im-mortelle expédition; quelques mots seulement en-core sur sa vie publique. En 1802, l’illustre chef del'armée d’Égypte devenu premier consul, s’entoura detous les hommes distingués que l’orage révolutionnairea vait épargnés, et dans le double but d’honorer lascience et de régénérer dignement l’administration duPays, il crut devoir arracher à leurs utiles travaux ungrand nombre de savans qui devinrent les chefs desdiverses branches do l’administration civile et miltaire,dans le vaste plan d’organisation qu’il avait conçu.Fourier ne put échapper à cette peusée qui a peut-êtreété funeste aux progrès de la science; il fut appelé à lapréfecture du département de l’Isèr«* où le temps et les

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révolutions, qui, depuis encore, onttroubléplusieurs foisles destinées de la France , n’ont pu faire oublier cetadministrateur éclairé, bienveillant et juste.

Cependant Fourier , tout en se livrant avec zèle auxfonctions de la magistrature, alors importante, dans l’é-tat dont il était revêtu, trouva les moyens de donnerbeaucoup de temps à l’étude et aux travaux scientifiquesqui ont rendu son nom recommandable. L’Institut deFrance proposa, en 1806, un prix pour la solution decette question : déterminer les lois de la propagationde la chaleur dans les corps solides. Fourier concourut,et son mémoire fut couronné. Mais il sentit lui-mêmeque ses recherches n’avaient cependant rien encore dedéfinitif et de concluant; car en 1811 il adressa de nou-veau à l’Institut un second mémoire plus volumineuxsur la même question. Ces deux écrits ont depuis forméles bases principales de sa Théorie analytique de lachaleur.

De grands événemens, qu’il nous est impossible depasser entièrement sous silence, vinrent peu d’annéesaprès troubler la carrière politique et scientifique deFourier. En i8i5, le retour imprévu de Napoléon , quipassa par Grenoble en rentrant en France , jeta dans uneétrange perplexité un grand nombre de fonctionnairesque les Bourbons avaient conservés en place. Le préfetde l’Isère , voyant d’ailleurs l’impossibilité de résister àl’entraînement enthousiaste des populations et de l’ar-mée en faveur de Napoléon , ne trouva rien de mieux àfaire que de se retirer devant lui. Mais Napoléon , quiavait justemeut comparé sa marche au vol de l’aigle,retrouva Fourier à Lyon ; il pardonna son hésitation àson ancien collègue de l’Institut d’Égypte , et le nommapréfet du Rhône. Peu de temps après, cependant, Fou-rier n’ayant point paru s’associer avec assez de dévoû-ment et d’énergie aux projets de Napoléon , fut disgra-cié. Il vint à Paris , où il s’est entièrement livré depuisaux travaux scientifiques pour lesquels il avait une ap-titude plus réelle. En 1816, il lut à l’Académie dessciences un mémoire sur les vibrations des surfaces élas-tiques, qui fut accueilli avec une faveur marquée parcette compagnie, car dans le courant de la même année,elle appela Fourier dans son sein à la presqu’unanimitédes voix. Le roi Louis XVIII , appréciant mal le carac-tère et la vie politique de ce savant, lui refusa sa sanc-tion, mais en 1817, une unanimité aussi remarquableayant de nouveau appelé Fourier à l’Académie dessciences , le roi s’empressa d’approuver son élection. Upartagea avec Cuvier les fonctions de secrétaire perpé-tuel , et devint bientôt un des membres les plus actifset les plus distingués du corps savant qui avait insisté,d’une maniéré si honorable pour lui, à l’appeler dansson sein. À ses recherches sur la chaleur, il ajouta en1820 la solution d’un problème fort compliqué, qui »e