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[Tome deuxième.]
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pie et le plus élégant est le système primitif des mesu-res égyptiennes, dont l’invention est attribuée à Mer-cure , ministre du roi Osiris. U unité linéaire était lacoudée royale , longueur prise dans les dimensions ducorps de l’homme; le cube delà deini-coudée don-nait l’unité de volume', ce cube, rempli d’eau, l’unité depoids-, et enfin ce poids, en argent, l’unité monétaire.

Pour construire leur coudée, les Egyptiens avaientpris pour point de départ la largeur des doigts de lamain, en déterminant probablement une largeurmoyenne conservée ensuite comme étalon fixe. Quatrede ces largeurs moyennes, ou celle d’une main, le pouceexcepté, formaient le palme ; trois palmes ou la distanceentre l’extrémité du petit doigt et du pouce, lorsque lamain est ouverte le plus possible, composaient Vempan,et deux empans ou la distance du coude à l’extrémitédu grand doigt, formaient la coudée naturelle plus pe-tite que la coudée royale de quatre doigts ou d’unpalme.

L’origine de la coudée royale paraît être l’usage qu'ona dû nécessairement faire de la longueur du pied pourmesurer les dimensions des terrains, avant d’avoir desmesures artificielles. Elle est, en effet, le double du piednaturel qui est de i4 doigts, à partir de l’extrémité dutalon à celle du gros orteil. La coudée naturelle étaitemployée aux usages les plus ordinaires ; mais la coudéeroyale était consacrée à tout ce qui avait un but d’uti-lité générale, comme la mesure des routes, des terrains,etc. L’étalon en était déposé dans les temples, et confiéa la garde des prêtres.

Le système-métrique égyptien conservé dans toute sapureté par les Hébreux après leur sortie d’Egypte, subitensuite de grands changemens chez les Grecs, les Ro-mains , les Arabes et les Persans. Mais il est facile de re-connaître qu’il est la souche commune des systèmes demesures de ces peuples, et qu’il s’est propagé, ainsi mo-difié, dans les diverses contrées de l’Europe , où l’on re-trouve encore aujourd’hui ses traces.

Les recherches les plus exactes entreprises de nos jours,pour trouver le rapport de ces mesures primitives avecnos mesures usuelles ont donné les résultats suivans :

millimètres.

Le doigt (thèb) . >8,75

; Le palme (choryos ), de 4 doigts. 75

L’empan (teriô), de 12 doigts. 225

x ,. , , ,. ( naturelle ou de 24 doigts 45 o

La coudee {derah) ou de ^ ^ _ 5,5

Les Grecs prirent pour unité linéaire les deux tiersdelà coudée naturelle ou 16 doigts, et ils lui donnèrentle nom de pied (x«ïr). C’est sur cette unité que Phidond Argos, selon Pline , ou Palamèdc, selon Aulugelle,forma la série suivante de mesures :

mètres

Le doigt (JàicTvXof) . 0,0187!)

Le palme (SZfoi, ou ■a-uXaarrti) . 0,070

Le PIED (îtoûs-) . o ,3

La coudée {rrH^vs), d’un pied et demi.... o 45

Le pas (SXfix de deux pieds et demi 0,75

Le double pas, de 5 pieds (Sîifta . 1,1 5

La brasse (opyvta.), de 6 pieds. 1,8

La perche ( cckcciv a), de dix pieds. 3

La petite chaîne (uft/ac), de 60 pieds.... 18

La grande chaîne lyrùiptij, de 100 pieds. 3 oLa stade lyruitoi), de 600 pieds. 180

Un carré de 100 pieds de côté formait, chez les Grecs,l’unité principale des mesures agraires ou de superficie.On lui donnait le nom de plèthre , rrXtipi». Le pied cubeservit aussi de point de départ pour les mesures de ca-pacité sous le nom de métrclès, pn-purvis ; la centièmepartie de ce pied cube fut nommée cotyle, XOTUÀtlet 72 colyles formèrent Yamphore, lipipcfivs , dont la

grandeur est de J9 litres et

Le poids de l’eau contenue dans une amphore devintl’unité des mesures de pesanteur. C’est le talent ,rixatroi-, et enfin ce même poids en or , en argent ouen cuivre, avec ses subdivisions, composaient les mon-naies.

Solon réforma plus tard les poids et les' monnaies, enemployant le pied cube d’eau tout entier, pour repré-senter le poids d’un nouveau talent que l’on a désignésous le nom de grand talent attique. Il s’établit ensuitedes différences entre les mesures des diverses provincesgrecques ; mais leur origine commune fut toujours lepied de 16 doigts égyptiens.

Les Romains trouvèrent en Italie les mesures desGrecs partout en usage, et ils les conservèrent, du moinsquant au fond; car ils adoptèrent une classification plusméthodique, en divisant chaque unité soit linéuirc, soitde capacité, soit de pesanteur, en douze parties, sub-divisibles chacune en 24 autres. C’est ainsi que le piedgrec de tG doigts égyptiens fut partagé en 12 onces queles modernes ont nommées pouces. Cependant le piedromain est un peu plus petit que iG doigts égyptiens, etil paraît s’être conservé, sans aucune altération, pendanttoute la durée de la république, celle de l’empire, etdans les piemiers siècles de la féodalité.

Le système métrique des anciennes nations de l’Asie u’est encore quele système égyptien légèrement modifié;mais celui des Arabes , quoique fondé sur la coudee,diffère par l’unité fondamentale du doigt dont la lon-gueur n’est pas celle du doigt égyptien. Le doigt arabese composait de six grains d’orge mis à plat et en travers,