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[Tome deuxième.]
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et le grain d’orge se divisait en six crins de cheval. 4doigts formaient le palme, 4 palmes le pied, et deuxpieds la grande coudée liachémiqne. C’est là l’origine desmesures actuelles de la race mahométane.

Le système des anciennes mesures françaises date seu-lement de Charlemagne qui le substitua au système ro-main dans toute l’étendue de la monarchie. Le pied dece prince, nommé pied-de-roi ou pied-de-Paris , paraîtêtre une copie altérée de celui des Arabes; il se divisaiten douze pouces , et le pouce en douze lignes. Six piedsformaient une toise qui se trouve être exactement le pasdes Arabes. Quant à toutes les autres mesures, elles dé-rivaient également des mesures arabes.

Ces mesures subirent bientôt de notables altérations ,car, déjà sous le règne de Charles le Chauve , chaquegrand feudataire de la couronne avait introduit dans sesdomaines des modifications conformes à ses intérêts. Lesuns avaient augmenté la grandeur des mesures pour ti-rer un cens plus considérable de leurs vassaux, les autres,au contraire, l’avaient diminuée pour attirer sur leurspossessions un plus grand nombre d’habitans. Ce fut vai-nement que plusieurs souverains tentèrent successive-ment de remédier à ce désordre e., de ramener les me-sures de province à celles de Paris , il fallut le bras defer du gouvernement républicain pour opérer l’urgenteréforme si long-tempset si hautement réclamée. Aujour-d’hui , l’ensemble des mesures françaises compose le sys-tème le plus complet, le mieux lié et en même tempsle plus simple qui ait jamais été inventé, et sa supério-mé sur ceux de toutes les autres nations ne peut êtremise en doute un seul instant, quoiqu’il soit malheu-reusement avéré que sa base est inexacte.

Ce fut le 8 mai 1790 que l’assemblée constituanterendit un décret d’après lequel le Roi de France devaitengager le Roi d’Angleterre à réunir aux savans français choisis par l’Académie un nombre égal de membres dela Société royale de Londres , pour déterminer en com-mun la longueur du pendule simple qui bat la secondeà la latitude moyenne de 45 ° et au niveau de la mer.Cette longueur devait être prise pour l’unité des mesuresque ces nations devaient ensuite propager dans tous lesétats- civilisés. Les évènemens politiques ne permirentpas cette réunion, et la commission des académiciensfrançais , craignant que le choix du pendule à 45° ne fûtf epoussé par les peuples qui n’ontpas cette latitude, vou-lut choisir une base plus large et véritablement univer-se He, en prenant pour unité la dix millionième partiede la distance de l’équateur au pôle, ou du quart duméridien terrestre. Ce choix présentait en outre unavantage particulier, c’était le rapport simple et naturelqui s’établissait entre les mesures géodésiques et les arcsc élestes, et qui devait faciliter la pratique du pilotageentièrement fondé sur ce rapport. Mais, pour obtenir

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la longueur de l’unité de mesure, il fallait déterminerla figure de la terre plus exactement qu’elle n’était en-core connue, et mesurer les degrés du méridien avecune précision supérieure à celle des mesures déjà opérées.Cet immense travail n’effraya point nos savans; Delambreet Méchain furent chargés de mesurer la méridienne deParis, depuis Dunkerqi*e jusqu’à Barcelonne , opérationqu’ils accomplirent^ctivemènt, au milieu des scènes san-glantes de la plus hideuse de nos périodes politiques,tandis que Brisson, Borda, Lagrange, Laplacc, Prony etBerthollet élevaient l’édifice du nouveau système eucréant une unité provisoire base'e sur les mesures deLacaille. Cette unité , sous le nom de mètre, fut fixée à

443 lignes et -- de la toise de Paris .

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Ce ne fut qu’en 1799 que la France fit un nouvel ap-pel aux nations ses alliées , et qu’une vaste commissionfut formée pour réaliser définitivement toutes les partiesdu système métrique en les subordonnant à une préten-due valeur définitive du mètre, fixée à 443 1 '®,295936.Cette commission se composa de Borda, Brisson, Cou-lomb, Darcet, Delambre, Haüy, Lagrange, Laplace,Lefèvre Gineau, Méchain et Prony, pour la France ;Reneœ et Van Swinden , pour la Hollande;Balho et plustard Vassalli-Eandi, pour la Savoie ; Bugge, pour leDanemarck; Ciscar et Pedrayès, pour l’Espagne , Fab-broni, pour la Toscane; Franchini, pour la RépubliqueRomaine; Multedo, pour la République Ligurienne ; etenfin Trallès, pour la République Helvétique .

Le 22 juin 1799, le résumé des travaux de cette Com-mission fut présenté par Trallès au corps législatif,ainsi que les étalons types, mais ce. ne fut cependantqu'a dater du 2 novembre 1801 , que le système métri-que définitif devint légal et exclusif.

On a signalé tout récemment quelques erreurs qui sesont glissées dans les mesures de Delambre et de Mé-chain , et ce dernier lui-même avait déjà reconnu avantsa mort une inexactitude qu’il ne crut pas devoir révé-ler , craignant sans doute de compromettre, et trop tard,tout le travail de la méridienne. Il semble résulter ,d’autres mesures effectuées depuis en différons lieux, que'la longueur du mètre dit définitif est un peu trop pe-tite, et qu’en la fixant à 443 li *-> 39 , on approcheraitbeaucoup plus près de la vérité. Cependant nous pen-sons que l’idée de prendre pour unité une partie du mé-ridien est plus brillante que raisonnable; car il faudraitd’abord, pour rendre cette mesure universelle, que tousles méridiens fussent rigoureusement égaux, ce qui, jus-qu’à présent, est loin d’être démontré. La figure de laterre ne paraît pas régulière, et toutes les tentatives fai-tes pour coordonner les valeurs connues des arcs de di-vers méridiens n’ont encore produit aucun résultat vé-ritablement satisfaisant.