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MOMENT. {Mec.) On nomme généralement, en sta-tique, moment d'une force le produit de cette force parune droite.
Il y a différentes espèces de momens , suivant la na-ture de la droite qui sert de facteur. Ainsi , lorsque lemoment d’une force est rapporté à un plan ou à unedroite, ce facteur est la perpendiculaire, abaissée dupoint d'application de la force, sur le plan ou la droite;lorsque le moment est rapporté à uu point, que l’onnomme alors centre des momens , ce facteur est la per-pendiculaire abaissée du centre des momens sur la di-rection de la force.
La théorie des momens forme une partie importantede la statique. [Voy. ce mot.)
MONGE (Gaspar) , l’un des plus célèbres et des plussavans géomètres modernes, naquit à Beaune en 1746.L’histoire de la science ne retrace que peu de carrièresmarquées par autant de travaux . d’activité et de succèsque celle de cet illustre professeur, dont le nom sera àjamais populaire en France. Le père de Monge n’étaitqu’un pauvre marchand forain , mais c’était en mômetemps un homme de bon sens qui 11e négligea rien pourl’instruction de ses trois fds que des dispositions commu-nes entraînaient vers les sciences. La supériorité que ma-nifesta bientôt le jeune Gaspar et la célébrité qu’il a de-puis acquise ont fait oublier scs deux frères, dont l’un aété examinateur de la marine, et l'autre professeur d’hy-drographie à Anvers. Du collège des Oratoriens , deBeaune , où il reçut les premières notions des mathéma-tiques, Monge fut envoyé à celui de Lyon , tenu par lesreligieux du même ordre, pour y achever ses études. Aseize ans, il prit place à côté de ses maîtres, et occupaune chaire de physique. Un officier supérieur du génieavant vu le plan de Beaune , que Monge avait levé surde larges dimensions, sans le secours des instrumens lesplus indispensables , le recommanda au commandant del’école de Metz , fondée pour les officiers de cette arme.Malheureusement les institutions du temps ne permet-taient point à Monge d’v être reçu comme élève. L’hum •b!e naissance et la pauvreté de ce jeune homme déjà siremarquable , étaient des obstacles alors invincibles.Néanmoins il consentit à y entrer comme élève conduc-teur de travaux, et dessinateur. Le génie de Monge s’in-dignait de l’obscurité à laquelle le condamnait les pra-tiques spéciales auxquelles il était destiné. Mais danscette situation même, il ne tarda pas a trouver un moyende débuter avec éclat dans la carrière des découvertes.Aux longs calculs que nécessitait une opération de défi-lement, il substitua une méthode géométrique et géné-rale, non moins tùre, mais plus expéditive, pour arriverà la solution du problème. Il n’avait alors que dix-neufans . 1 t Bossu*, qui professait les mathématiques à Mé-
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zières, l’accepta pour son suppléant, et bientôl après ilremplaça l’abbé Nollet dans sa chaire de physique. Dèsce moment, le jeune Monge, maître de son avenir etdélivré désormais des conditions humiliantes qui avaiententravé ses premiers pas dans la carrière, s’abandonna àtoutes les inspirations de son génie. Il y a entre lui etl’illustre Leibnitz ce point de conformité que tous deuxdédaignant de suivre dans les livres de leurs dcvauciersou de leurs contemporains la marche de la science, s’ex-posèrentà se voir enlever ou disputer la priorité des vé-rités qu’ils avaient recueillies. Ainsi Monge découvrit laproduction de l’eau par la combustion de l’air inflam-mable, sans savoir qu’il avait été prévenu par Cavendishdans cette importante découverte. Il se livrait en mêmetemps, à cette époque, à des recherches curieuses surles gaz, l’attraction moléculaire, les effets d’optique,l’électricité, la météorologie, et jetait en mathématiquesles premiers fondemens de cette doctrine neuve et fé-conde, qui a reçu le nom de Géométrie descriptive , etdont la production est un de ses principaux litres à l’ad-miration de la postérité.
Le génie de Monge était essentiellement synthétique,cYst le caractère de ses ouvrages et de ses découvertes.Tout abréger pour tout embrasser d’un coup d’œil, toutrésumer pour exprimer tout dans une pensée, telle estla formule constante qu’on le voit employer dans ses tra-vaux. Une telle disposition d’esprit lui rendait presquedésagréable l’exposition écrite de ses recherches scienti-fiques; et ce fut la nécessité de se faire des titres aux hon-neurs académiques qui le détermina d’abord à publierdivers mémoires sur le calcul intégral. Ce fut seulementen 1780 que Monge, déjà célèbre, fut nommé membrede l’Académie des scieuccs. Cet esprit ardent et fier, quiavait eu à souffrir dans sa jeunesse de l'injustice des pré-jugés et des vices des institutions vieillies de son pays,accepta, avec l’enthousiasme qui le distinguait, los espé-rances que la révolution française inspira quelque tempsaux meilleurs esprits. Nous n’avons pointa nous occuperici de la carrière politique de Monge , quoique l’hommepublic n’eût jamais fait oublier en lui le savant, et ilnous suffira de dire que dansles grandes circonstances oùse trouva la France, quand Monge fut appelé au pou-voir, il se montra constamment digne des respects quientourent sa mémoire, aujourd’hui que le temps com-mence à effacer les fâcheuses impressions de l’esprit departi. Il n’est pas vrai que Monge ait coopéré par aucunvote à la mort de Louis XVI . Nommé ministre de lamarine lors de l’insurrection du 10 août, il l’était en-core au moment de cet événement douloureux, et c’estseulement comme membre du gouvernement qu’il dutconcourir avec ses collègues à l’exécution de l’arrêt dela Convention. Mais les actes personnels de ce savant, acette désastreuse époque, le lavent d’ailleurs complète-