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[Tome deuxième.]
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ment des injustes accusations que ses fonctions politiqueslui attirèrent plus tard, en le montrant digne, sous tousles rapports, de la reconnaissance de la France . C’est àson activité et à son génie que la république dut le réta-blissement de la marine; et d’ailleurs, désabusé de bonneheure des espérances qui l’avaient entraîné dans le mou-vement de la révolution , il donna sa démission au moisd avril 1793. Monge s’empressa néanmoins de répondrea l’appel que la Convention fit aux savans, quand le ter-ritoire de la France fut menacé d’une invasion euro-péenne. lia contribué pour une grande part à ce dé-ploiement extraordinaire de force, qui fera l’étonnementde la postérité et qui 6auva alors le pays de malheursplus grands que ceux qu’il eut à supporter. Monge pas-sait les jours et les nuits dans les manufactures d’armes,les fonderies, les foreries, les poudrières , à surveillerles travaux, à eu simplifier l’exécution. C’est dans cettepériode de sa vie, dont l’activité est presque incroyable,qu’il trouva les moyens de publier fart de fabriquertes canons , une instruction sur la fabrication de V acier,et enfin sa Géométrie descriptive. C’est à Monge qu’ondoit le rétablissement de l’instruction publique eufiance, c’est par son influence et d’après ses plans queforent successivement fondées les écoles Normale et Po-lythecnique. C’est à son expérience des procédés méca-*“ques qu’on doit le déplacement des chefs-d’œuvre de1 Italie, qui vinrent orner les Musées de la France . Cestravaux si divers, et dont les résultats étaient si faciles àapprécier, acquirent à Monge une grande influence po-litique, et à son nom une popularité éclatante; deux foisa cette époque il fut porté comme candidat au Direc-toire. Mais alors l’enthousiasme de Monge avait changéd’objet, et il s’était attaché au jeune conquérant de l’I-talie , avec une sincérité qui ne se démentit jamais. Il fitpartie de l’Institut d’Egypte ; et , après s’être distinguédans cette mémorable expédition , par son zèle pour lascience, il revint paisiblement reprendre sa place de pro-fesseur à l’école Polytechnique dont les élèves le sa-luèrent du titre de père. Ce fut pour lui un chagrin bienamer que l’organisation militaire qui changea, sous Na-poléon, l’esprit et le but de cette glorieuse institution.Monge lutta vivement, dans cette circonstance, contre1® volonté de son héros, et, ne pouvant triompher des on obstination, il abandonna son traitement de profes-Seui ' aux élèves peu favorisés de la fortune, que des ré-fileniens absurdes auraient éloignés de l’école. L’admi-•ation de Monge pour Napoléon 11e fut point une de cespalinodies honteuses et serviles qui font tant de ta-ohes dans l’histoire moderne. Son caractère noble etdésintéressé ne se démentit jamais , et ce fut au nomde leur ancienne amitié que l’empereur parvint àtriompher de son abnégation et à lui faire accepter leshonneurs dout il l’accabla. Monge fut successivement pro-

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mu à la dignité de sénateur, à celle de comte de Peluse,il reçut le cordon de grand-officier delà légion d’hon-neur et de la Réunion, et fut pourvu d’un riche majorâten Westphalie . La chute de l’Empire, la dislocationde l’école Polytechnique , le bannissement des conven-tionnels, la radiation aussi injuste qu’arbitraire de l’In-stitut, le frappèrent au cœur; il tomba dans une pro-fonde mélancolie, et ne fit plus que mener une existencepénible et souffrante jusqu’au 28 juillet 1818, où il mou-rut vivement regretté de ses nombreux amis, et empor-tant dans la tombe l’estime de ses ennemis politiques.Les bornes qui nous sont imposées ne nous ont pas per-mis de donner plus de développemens à ce rapide énoncéde la vie et des travaux de Monge ; il est heureusementde ce petit nombre d’hommes dont le nom rappelle l’il-lustration , et qui, faisant partie des gloires d’un pays ,n’a besoin que d’être prononcé. Monge a publié séparé-ment : I. Traité élémentaire de statique, Paris , 1786,in-8°, ib. 1819, 5 e édition. IL Description de Van defabriquer les canons, Paris , an 11, in-4“. III. Leçons degéométrie descriptive, Paris , an 111, ib. 1813 , in-8°, 3 eédit. IV. Application de l'analyse à la géométrie dessurfaces du premier et du deuxième degré , If édit., Pa •ris, 1809 in-4°. On trouve dans la Collection des savansétrangers , et dans les Mémoires de l’Institut et de l'A-cadétniedes sciences, de nombreux mémoires de Monge sur les diverses branches des sciences mathématiques etphysiques. {Voy. Y Eloge de Monge, par Beriholet, etEssai historique sur les services et les travaux scientifi-ques de Monge , par le baron Dupin.)

MONOCORDE. (Acoust.) Instrument composé d’uneseule corde sonore dont les anciens se servaient pourdéterminer les rapports numériques des sons. Nousavons donné ces rapports au mot Harmonique.

MONOME. ( Alg .) Quantité composée d'une seulepartie ou d’un seul terme, comme a*, ax, a'bx , etc.( Voy. Binôme.)

MONTUCLA. (Jean Etienne ). Ce savant historiendes sciences mathématiques , naquit à Lyon en 1725, ilfit ses études au collège des Jésuites en cette ville, et s’ydistingua de bonne heure par sou application à l’étudeet l’éclat de scs progrès. Il manifesta surtout des dis-positions remarquables pour la science dont il entrepritplus tard d’écrire l’histoire , et pour la langue étran-gère qu’il apprenait avec une merveilleuse facilité.Montucla était d’une famille pauvie, il demeura orphe-lin à seize ans, et vint à Paris pour perfectionner sonéducation. Dans un âge si tendre, l’ctendue de scs con-naissances et la bienveillance de son caractère, appelè-rent sur lui l’intérêt de plusieurs savans, tels que d’A.-lerobert, Cocliin , Leblond etc. ; leurs conseils et leur