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[Tome deuxième.]
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appui lui furent également utiles. Admis à la rédactionde la Gazette de France , journal qui avait alors unegrande célébrité littéraire, et désormais à l’abri du be-soin, il commença à rassembler les matériaux de sonHistoire des mathématiques , ouvrage aussi vaste qu’im-portant, que son érudition et ses connaissances appro-fondies des théories les plus élevées de cette science, lerendaient apte à accomplir : la première édition paruten 1708. On admire dans ce livre l’étendue des recher-ches et la clarté avec laquelle sont exposées les décou-vertes successives opérées dans les sciences. Néanmoinsle plan général de l’ouvrage , le meilleur et le pluscomplet (jue nous possédions encore sur cet intéressantsujet, n’est pas à l’abri de tout reproche. Peut-être lerécit est-il trop souvent interrompu par de longues dis-sertations et des expositions de théorie dont l’auteuravait seulement à constater l’origine, la marche et lesprogrès. Il serait à désirer aussi qu’un pareil travail sefit remarquer par des aperçus généraux plus philoso-phiques, et une classification plus chronologique et plusméthodique des faits. Il est aussi intéressant qu’instruc-tif, en effet, de suivre les développcmens de l’esprithumain dans leur ensemble; et la grande leçon qui doitressortir de ce merveilleux tableau, est beaucoup moinsfacile à saisir, quand on est obligé de remonter le coursdes siècles pour chacune des blanches du savoir. Mon-tucla travaillait à la seconde partie de cet ouvrage ,quand après de longues vicissitudes, il mourut à Ver-sailles le 18 décembre 1799. Ce fut Lalande qui se char-gea de terminer l’œuvre de Montuçla , et il faut avouerqu’il n’a pas toujours été aussi heureux que son ami ; lesdeux derniers volumes auxquels il a eu quelque part,sont très inférieurs aux deux premiers, sous tous lesrapports. Néanmoins, Y Histoire des mathématiques deMontuçla , restera comme un rare monument d’érudi-tion et desavoir, en attendant que cet important sujetsoit de nouveau traité par quelque habile écrivain quine recule pas devant les difficultés sans nombre d’un pa-reil travail. Montuçla était membre de l’Académie deBerlin et de l’Iustitut depuis sa création. Outre l’ou-vrage dont nous venons de parler, on a de lui : I. His-toire des recherches sur la quadrature du cercle , Paris ,1754, in-12. II. Récréations mathématiques d‘ Ozanam,nouv. édit., 1778, 4 vol. in-8°. (Ce titre porte, par M.C. G. F. ce qui signifie Chanla, géomètr forésien;c’est le nom d’un petit domaine que les parens de Mon-tucla avaient possédé dans le Forez .) Voy. le deuxièmevolume de l’Histoire des mathématiques, en tête du-quel est le portrait de Montuçla et un extrait de sonéloge, par Savinien Leblond.

MOTEUR. On donne ce nom à tout ce qui produitun mouvement. Dans uuc montre, par exemple, c’est le

ressort qui est le moteur ; dans une horloge, c’est lepoids; dans un moulin, c’est l’eau ou le vent, etc.

MOUFFLE. ( Mëc .) Machine composée d’un assem-blage de poulies, dont les unes sont fixes et les autresmobiles , qui sert pour élever de grands fardeaux. Nousen donnerons la théorie au mot Poulie.

MOUVEMENT. (Mec.) Etat d’un corps dont la dis-tance par rapport à un point fixe change continuelle-ment. (Voy. Mécanique.)

La matière inorganique n’étant pas susceptible de dé-terminations intérieures , tout mouvement supposeune force extérieure qui le produit ; connue aussitoute interruption de mouvement suppose une forcecontraire qui le détruit, car la matière ne peut par elle-même changer son état. Cette persévérance des corpsmatériels dans leur état de repos ou de mouvement,est fondée sur la loi d'inertie , laquelle 11e résulte passeulement de l’indifférence de la matière pour un étatquelconque , mais bien des forces primitives qui laconstituent. (Voy. Natuiie.)

Tout mouvement peut être considéré sous le rapportde sa direction, c'est-à-dire, sous le rapport de l’espacedécrit comme tendance vers un même point. Si le corpsen mouvement 11’obéit qu’à une seule force ou à plusieurs semblablement dirigées, il se meut d’un mauvement simple , et sa direction est une ligne droite. Si lemouvement est produit par l’action simultanée de plusieurs forces différemment dirigées, il devient composéet s’exécute suivant une direction moyenne entre toutescelles des forces concourantes, et cette direction est en-core une ligne droite lorsque le rapport des forces nechange pas pendant toute la durée du mouvement ; maissi ce rapport varie, la direction varie elle-mêine; lemouvement s’effectue alors dans une ligne courbe ousuivant des portions de lignes droites, formant ensem-ble des angles plus ou moins obtus. Pour rendre ceciplus sensible, considérons un point matériel A , soumisà l’action de deux forces ; dont l’une tend à lui faireprendre la direction AM, et l’autre, la direction AN.(PI. 47, fig. 2.) Si nous représentons par AC l’intensitéde la première force ou l’espace qu’elle tend à faire pai ■courir au point A dans l’unité de temps , par AD , l’intensité de la seconde force, et que nous construisions leparallélogramme ABCD, la direction réelle du point Asera la diagonale AB , dont la grandeur représentera eumême temps 1 intensité de la force unique que l’on peutsupposer remplacer les deux forces en question. (Voy.Force.) Or, si le rapport des deux forces primitives estinvariable, le point A continuera à se mouvoir dans ladirection AP, c’est-à-dire toujours en ligne droite : maissi, au contraire , le rapport des forces varie et qu’au