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[Tome deuxième.]
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n’est pas inutile de faire remarquer qu’à l’exception desgrandes lois qu’il y détermine , la plupart de ses théo-ries n’v sont qu’ébauchées, et que leur perfectionnementa été l’œuvre de ses successeurs. Mais cet ouvrage, danslequel il a si bien établi d’ailleurs l’existence du principegénéral qu’il a découvert, ne restera pas moins dans lemonde comme l’une des productions les plus étonnantes,la plus originale peut-être de l’esprit humain.

Il est évident que la loi d’attraction renverse une deshypothèses de Descartes ; mais on chercherait vainementdans lelivre des Principes l’exposition d’une philosophiecontraire à celle de l’illustre auteur du discours de laméthode. On ne comprend donc pas aujourd'hui com-ment il put s’établir une lutte entre les idées auxquelleson a donné le nom de Cartésianisme et les découvertespurement scientifiques qu’on désigne sous le titre dePhilosophie Newtonienne. Serait-ce, comme l’ont pré-tendu des esprits fort supérieurs du reste, que la mé-thode d’induction que suivit Newton détruisait la su-périorité de toute méthode à priori, et que conséquem-ment il faudrait en revenir à l’observation comme à lasource unique et absolue de toutes nos connaissances?Mais, outre qu’il sera toujours étrange de conclured’une méthode à un principe , oublie-t-on que l’immor-tel Newton n’a pu baser ses inductions que sur des prin-cipes ou des découvertes antérieures à ses recherches,et établis par cette méthode à priori que le philoso-phisme du XVIII me siècle s’obstina à nier. Nous re-grettons de ne pouvoir donner plus de développementà ces considérations générales, et il nous suffira d’ajouterque, dans le domaine des réalités qu’elle explore, lascience adopte la vérité indépendamment des moyensemployés pour la rechercher. Si la destination del’homme est en effet la découverte de la vérité, laProvidence a dû multiplier le nombre des voies quimènent à elle, afin que toutes les intelligences pussentcontribuer à cctlc œuvre sublime.

Le Traité d’optique de Newton est après lelivre desPrincipes un des écrits les plus remarquables de cegrand homme, les plus digues de son génie original etprofond. Mais l’espace nous manque pour en donnerici une idée plus précise ainsi que des nombreux et ad-mirables travaux dont cet illustre géomètre a enrichila science: nous ne pouvons qu’en faire la rapide énu-mération bibliographique.

Le grand ouvrage de Newton parut pour la pre-mière foisà Londres , en 1687, in-4°> sous ce titre : Plulo-sophiœ naluralis principia mathematica. Le livre inti-tulé Syslemata mundi, qui n’est qu’un précis de latroisième partie du précédent ouvrage, destiné à enrendre la doctrine plus accessible, ne fut publié qu’en1731 , parles soins de Hallev. Nous renvoyons d’ail-leurs aux traités spéciaux de bibliographies ceux de

nos lecteurs qui désireraient connaître le nombre d’édi-tions et les traductions en diverses langues qui ont étéfaites de cet immortel écrit.

En 1704 , New r ton publia à Londres, en anglais , sonTraité d'optique-, il était accompagné de deux autrestraités en latin : De quadratura curvarum, et Enume-ratio linearum lertii ordinis. En 1706, Samuel Clarke donna une nouvelle édition de cet ouvrage avec la tra-duction de l’ optique en latin.

En 1707, parut l’ Arithmelica unii’ersalis , et en 1711Newton publia de nouveau scs deux traites De quadra-tura, etc. avec ceux qui portent ces titres : Analysis perquantitalum sériés ,Jluxiones ac differenlias , etc, etMethodus dijfcrenlialis.

Après lui parurent ses Lectiones opticœ , qu’il ne fautpas confondre avec le Traité d’optique dont nous avonsparlé plus haut, et enfin sa Méthode des fluxions et dessuites infinies, qui est un de ses premiers ouvrages,mais qui ne fut publié qu’en 1706, en anglais , par lessoins du docteur Colson. Buffon en a donné une traduc-tion française . Les œuvres complètes de New'tou ontété publiées à Londres on 1779, par les soins dollois-ley,sous ce titre: Isaaci Ncutoni opéra quœ extantomnia. Commenlariis illustrabat Samuel Ilorsley , 4 't-L. L. D. R. S. S. Lond. 1779. in- 4 ° 3 vol.

•Le grand Newton , qui jouit durant sa longue vie dela plus heureuse santé, mourut le 20 mars 1727, âgéde quatre vingt-quatre aus et trois mois. Sa patrie, oùle culte des grands hommes est si noblement pratiqué,lui voua les honneurs funèbres les plus remarquables.Son corps fut transporté à l’abbaye de Westminster etplacé sur un lit de parade, les plus grands seigneurs sedisputèrent l’honneur de porter les coins du drap mor-tuaire, et une foule immense de citoyens anglais assistadans un religieux silence à cette cérémonie. Ce futnéanmoins la famille de Newton qui lui fit depuis éle-ver un tombeau. On y lit l’épitaplie suivante qui ré-sume la plus belle vie que Dieu ait pu accorder à unhomme.

H. S. E. Isaacus Newlonus , etpies auralus , quianimi vi prope divind, planetarum motus , figuras,cometarum semilas, océanique œslus , sua mathesilueem prœferenle, primus démonstraeit. liadiorunilucis dissimililudines , colurumque indè nascenlium pro-pvietates, quas nemo antè suspicalus erat, pereesli-gavit. Naturœ anliquilatis, S. scrip. sedulus , sagax ,fidits, inlerpres, Dei O. il/, majeslalctn philosophieaperuit , evangelii simplicitatem moribits expressit. Sibigralulentur mortales taie (antumque exstitissc hu-mani generis decus.

NatusXXFdecember. A. D.MDCXLI 1 ; obiit martisXX. MDCCXVI. (1727. V.S.) Les dernières phrasesde cette épitaphe font allusion à la Chronologie des