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[Tome deuxième.]
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5 . Mais puisque nous pouvons nous élever des con-ceptions individuelles de l'entendement- aux concep-tions universelles de la raison, et redescendre de celles-ci a celles-là , nous avons donc encore une troisième fa-culté intermédiaire servant à opérer la transition deI une de ces facultés à l’autre. Cette troisième faculté senomme le Jugemlnt.

L’intcliect est donc une faculté triple qui se composede entendement, du jugement et de la raison.

G. D'uprès ce que nous venons de dire, on voit quetoutes nos connaissances commencent par des intuitionsou perceptions particulières, qu'elles deviennent des per-ceptions générales ou conceptions individuelles parl’action de l’entendement, et qu’elles s’élèvent enfinau rang de co: icrptions universelles par l’action de laraison. Ainsi l'entendement emprunte à la sensibilitéla matière de ses perceptions, entame la raison empruntea rénlendeme'rtt là matière de ses conceptions.

Pour que ces diverses facultés soient mises originai-r’értient en céüvre , il est nécessaire que les objets agis-sant sur notre sensibilité, puisque les impressions qu’elleen reçoit sont les seuls matériaux primitifs sur lesquelsl’entendement et la raison puissent s’exercer; mais ilfaut bien se garder de conclure, comme l’ccole de Locke ,T'e ces facultés elles-mêmes doivent naissance à ccs’nipressions; car pour que ces dernières aient lieu il fautqu'il se trouve précédemment en nous une faculté pro-pre à les recevoir. Ainsi l’eau dont s’imbibe une épon-(>c, la lumière qui pénètre le verre dans toute sa sub-st: 'nce, supposent dans l’éponge et dans le verre unefaculté passive , une disposition antérieure à se laisserpénétrer par l’eau et la lumière; disposition dont lapréexistence est si nécessaire que, sans elle, l’ascensionde la liqueur dans l’éponge et le passage de la lumièreà travers le verre sont également impossibles et dans lefait et d ms la supposition. Celte vérité incontestable parrapport à la sensibilité qui est une faculté passive , doitse faire encore bien mieux sentir par rapport à l'enten-dement et à la raison qui sont des facultés actives.

7. Outre ces grandes facultés fondamentales dans les-quelles se subdi/ise la engnition, il en est encore plu-sieurs autres que nous devons signaler pour compléter1 aperçu psychologique de cette faculté de connaître.Nous avons dit (4) que l’entendement réunissait les per-Ce ptiuiis de la sensibilité pour les ramener à une per-ce t'tion générale ; or, cette réunion ne peut être ef-fectuée qu’au moyen d’une faculté qui rapproche lesdiverses perceptions partielles appartenant à un objet

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sensible ; ear, sans ce rapprochement, jamais les per-ceptions partielles ne pourraient être considéréescomme appartenant toutes ensemble à la perceptiond’un tout, et par conséquent elles ne pourraient jamaisêtre ramenées à l’unité, c’est-à-dire elles ne pourraientjamais former une perception générale. Cette facultéintermédiaire entre la sensibilité et l'entendement estI’Imagination.

b. Mais quelque rapide que soit cette liaison de par-ties, elle ne peut cependant s’exécuter tout à la fois :elle doit être successive. Quelque promptitude qu’on aitacquise d’ailleurs par l’habitude de lier scs perceptions,il est néanmoins impossible de rapporter à la concep-tion complète d’un tout toutes les differentes partiesdont il est composé, sans parcourir successivement tou-tes ces parties, il faut donc à mesure qu’on passe d’uneperception à une autre que chaque perception précé-dente se reproduise continuellement dans l’entendement,afin de pouvoir saisir enfin, dans une seule conception,la série entière des perceptions que fournit la considé-ration successive des parties. La faculté qui opère cettereproduction est la Mémoire.

On comprend assez généralement la mémoire dansl’imagination sous le nom d 'imagination reproductive .

9. Le travail de la mémoire serait encore insuffisantsi, à chaque reproduction des perceptions précédentes,nous n’étions intérieurement convaincus que ce qui estreproduit est précisément le même que ce qu’avait pro-duit d’abord notre imagination. Il faut donc encorepoui cela une autre faculté, et celte faculté se nommeConscience.

Nous devons faire remarquer ici que la consciencen’est pas une simple faculté de l’intelligence, elle estproprement la base du moi humain, leprincipe premiersans lequel il n’existerait pas pour lui-même. En effet,ce 11’est que par la conscience qu’il a de lui-même quele /«Oisedistingue de tous les objets avec lesquels il esten relation. C’est par sa conscience qu’il sait qu’au mi-lieu de l’infinie variété des modifications qu’il subit, ildemeure constamment et invariablement le même. Sansla conscience le moi ne serait pas possible ; comme aussiaucune connaissance ne serait possible pour le moi-, sielle ne se manifestait à sa conscience.

La classification des diverses facilités dont se com-pose la cognilion étant notre point de départ, nousla résumerons dans le tableau suivant, en y joignant lusfonctions particulières que remplissent chacune dés fa-cultés actives dans le jeu de leur action.