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on remontant des perceptions Simples aux perceptionsgénériques, de celles-ci aux conceptions générales, etde ces'dernières à d'autres plus générales encore, c’esten toujours réunissant et toujours généralisant quel'entendement parvient à se composer un tout, un sys-tème de connaissances.
Mais cette réunion, cette généralisation ne peut s’o-pérer que conformement aux lois fondamentales quiconstituent la nature de l’entendement. Il a nécessaire-ment des règles dont il ne peut s’écarter dans ses opéra-tions , et qui doivent exister antérieurement à l'appari-tion des phénomènes qui lui sont offerts pai' la sensibi-lité; car c’est à l'existence seule de ces lois que noussommes redevables de la possibilité de concevoir ou depenser; et de môme que l’intuition empirique est im-possible sans l’intuition pure , une conception empi-rique , ou qui se rapporte à un objet donné dans l’expé-rience, est impossible sans une conception pure. Les loisde l’entendement sont appelées formes de la penséiepar opposition aux phénomènes oui en sont la ma-tière.
18. Pour reconnaître et déterminer les lois de l’en-tendement, il s’agirait donc ici de rechercher ce qu’il ya de nécessaire dans les conceptions , puisqu’ainsi quenous l’avons déjà fait voir , cette partie nécessaire dansune connaissance empirique est précisément la connais-sance pure. Mais il se présente un moyen plus promptet plus sûr de procéder; puisque l’entendement n’agitque par des jugemeos, et que les conceptions pures sontautant de lois primitives et fondamentales qui rendentseules ces jugemens possibles, il est évident que la formede tous les jugemens ou la manière dont l’entendementjuge doit être aussi déterminée par ces conceptionspures et fondamentales. Elles doivent donc se retrou-ver dans les modes de tous les jugemens possibles.Ainsi, pour connaître les formes ou règles primitivesde l’entendement, il ne s’agit que de rechercher cellesdes jugemens.
19. En fusant abstraction de l’objet sur lequel lejugement est porté ou de la matière du jugement, eten ne considérant que la manière dont il est formé,l’on obtient la forme, ce qui est l’élément nécessaire.
Or, nos jugemens se divisent en deux classes, dontl’une comprend les jugemens qui servent à déterminerles objets, et l’autre ceux qui se rapportent au mode deleur existence. La première classe se compose des ju-gemens de quantité et de qualité ; la seconde, de ceuxde relation et de modalité.
Chacun de ces jugemens peut être formé de troismanières différentes.
Par un jugement de quantité, nous pouvons consi-dérer 1 objet comme ne faisant qu’un ensemble, une
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totalité , ou connue formant plusieurs , ou enfin commeunité.
Par un jugement de qualité , nous considérons l’ob-jet comme possédant un attribut, ou comme étantprivé de cet attribut, ou enfin nous déterminons l’ob-jet en énonçant un attribut qu’il n'a pas, ce qui établitune limite dans la généralité des objets, d’un côté delaquelle les objets ont certaines qualités , tandis que del’autre ils sont privés de ces mômes qualités.
Par un jugement de relation , nous concevons : i° lerapport d’un objet comme substance à un autre quin’est qu’un accident du premier ; i° le rapport d'unobjet comme cause, avec un autre comme effet de cellecausé; 3 ° le rapport de deux ou de plusieurs objetscomme existant ensemble, comme ayant une récipro-cité d'action.
Par un jugement de modalité, nous concevons l’ob-jet comme possible. ou comme existant réellement ,ou enfin comme nécessaire.
Les formes des jugemens, et conséquemment lesconceptions pures et primitives, ou, comme les nommeKant , les Catégories de l’entendement sont donc :
TABLE DES CATEGORIES.
I. — De quantité.
i. Unité; i. Pluralité; 3 . Totalité.
II. — De qualité.
4 . Réalité; 5 . Privation; 6. Limitation.
III. — De relation.
q. Substance et accident; 8. Causalité ou loi docause et d’effet; 9. Communauté ou loi d’action et deréaction.
IV. — De modalité.
10. Possibilité et impossibilité; it. Existence etnon existence; ta. Nécessité et contingence.
C'est au moyen de ces douze catégories ou concep-tions pures que la pensée lie les objets isolés, perçuspar la sensibilité, et qu’elle apporte Y unité dans nosconnaissances.
ao. Il est important de remarquer que, dans chaqueclasse, la dernière catégorie est produite par la réu-nion des deux autres sans pourtant qu’elle en soit pourcela dérivée, car cette réunion exige un acte particu-lier de l’entendement. Ainsi , par exemple, la caté-gorie de totalité n’est rien autre chose que la plura-lité prise comme uni té \ la limitation est la réalité avecprivation ; la communauté est la causalité d’une sub-stance qui détermine une autre substance; enfin lanécessité 11’est que Yexislence donnée par la possibilité.
Les deux premières classes de catégories, la quaiitité et la qualité, ont été nommées par Kant calétforùsmathématiques , parce qu’elles sont applicables auxchoses susceptibles d’augmentation extensive ou intcu-