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ment, de la conclusion, et le raisonnement n’est autrechose que la subordination de sa condition à une règlegénérale. Mais cette règle est exposée, à son tour, à lamême recherche de la raison, et la condition de lacondition doit être poursuivie aussi loin que possible.Ainsi le priucipe propre de la raison dans son usage lo-gique est de trouver à la connaissance conditionnelle de1 entendement un principe inconditionnel ou absolu ,au moyen duquel son unité est accomplie.
L’acte de la raison dans cette ascension continuelle versl’absolu suppose donc un principe que l’on peut énon-cer de la manière suivante : le conditionnel étant donné,avec lui est donnée la série entière des conditions, etpar conséquent aussi Y inconditionnel, compris dans latotalité de ces conditions.
Ce principe complet, inconditionnel, ayant sa sourcedans l’essence même de la raison, est la conception pureet première de la raison pure et le fondement de touteunité rationnelle.
32. De ce premier principe résultent différentes pro-positions à l’égard desquelles l’entendement pur n’aaucune connaissance, puisqu’il se rapporte seulementaux objets de l’expérience possible dont la connaissanceet la liaison sont toujours conditionnelles ; et quoiquel’absolu puisse devenir applicable aux objets de l’en-tendement , à l’aide de la faculté du jugement , quisert de lieu ou de transition entre elle et la raison, etqui participe ainsi de ces deux facultés opposées, cepen-dant les propositions fondamentales résultant de ce prin-cipe suprême de la raison pure, par rapport à tous lesphénomènes , sont transcendons , c’est-à-dire qu’aucunusage empirique de ces propositions principes ne pourrajamais lui être semblable.
33. L 'idée de l’inconditionnel peut être rendue rela-tive de trois manières, en l’appliquant i° au sujet quiconçoit, au moi pensant; 2 ° aux objets sensibles , auxphénomènes; et 3° aux choses en général. De là troisdifférentes classes auxquelles se rapportent toutes lesconceptions de la raison ou toutes les idées de la raisou,comme Rant les nomme, savoir: l 'unité absolue dusujet pensant ; Y unité absolue de la série des conditionsdu phénomène ; et, enfin, Y unité absolue des conditionsde tous les objets de la pensée en général.
Le sujet pensant est l’objet de la psychologie ; l’cnsem-Ide des phénomènes, l’univers, celui de la cosmologie ;et la condition absolue de tout ce qui peut être pensé ,I être des êtres, Dieu , est l’objet de la théologie.
H y a donc en général trois sortes d’idées de la raison :idées psychologique, cosmologique et théologique.
34. Ces idées ou conceptions pures de Ya.mc, de F uni-vers, de Dieu , sont indispensables à la raison pour met-tre de l’union dans les conceptions de l’entendementet porter ainsi notre connaissance à son plus haut
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degré d’unité. Mais l’existence des choses auxquelles cesidées sont relatives ne peut être ni démontrée, ni réfu-te'e par aucun argument valable ; la logique ordinaireest ici tout-à-fait insuffl ante. Pour que de semblablesquestions puissent être traitées d’une manière satisfai-sante , par la raison spéculative , il faudrait nécessaire-ment que cette raison eût réalisé l’absolu qu’elle postuleet sans lequel elle ne peut les aborder que pour tomberdans des contradictions inconciliables.
C’est en considérant la raison dans son usage prati-que, que Kant s’est élevé vers la région absolue du sa-voir de l’homme, et qu’il a enfin placé le dogme con-servateur de l’existence de Dieu hors des atteintes dusensualisme et à l’abri de ses prétendues preuves.
35. Il résulte de ce que nous venons de dire que lesidées delà raison pure ne sont pas constitutives, c’est-à-dire qu’elles ne fournissent pas d’objets qui augmen-tent la sphère de nos connaissances ; elles sont seule -ment régulalives , c’est-à-dire, elles servent à produirel’unité synthétique dans les connaissances. Elles 11 e sontpas des idées des objets, mais des idées de l’unité abso-lue de toutes les règles de l’entendement, sans lesquel-les toutes nos connaissances ne seraient qu’un agrégatsans harmonie et sans unité.
La raison pure est donc, par rapport aux phénomènes,une faculté régulative, tandis que l’entendement est unefaculté constitutive. Cette remarque est de la plus hauteimportance pour la philosophie des sciences.
Ainsi le principe de totalité absolue : lorsque leconditionnel est donné, toute la série des conditions estaussi donnée, n’établit pas la série totale des condi-tions, comme objet donné en lui-même, mais il sert seu-lement de règle, et dit que, dans les phénomènes, il fautremonter d’une condition à l’autre sans qu’aucune con-dition doive être regardée comme la dernièr e.
36. Nous avons déjà dit que la faculté déjuger, con-sidérée en particulier, renferme le principe d’union desdeux autres facultés actives; pour compléter les notionsphilosophiques dont nous avons besoin ici, il nous resteà ajouter quelques mots sur l’usage logique et la naturede cette faculté.
Le Jugement est la faculté de distinguer si un objetpeut être ou non rangé sous une règle, ou la faculté deconsidérer le particulier comme contenu dans le général.
37 . Il se présente deux cas : ou le général, la règle,le principe est donné, alors le particulier lui est facile-ment rapporté; ou c’est seulement le particulier quiest donné , et le jugement cherche le général auquelil doit être soumis. Dans le premier cas, la faculté estdéterminante, elle prend le nom de.jugement subsomplij-,dans le second, elle est réfléchissante et prend le nom dejugement réjlectif.
38. Le jugement subsomptif a ses principes dans les
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