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[Tome deuxième.]
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cope avec des fils se croisant au foyer de l’oculaire. Ilmesura ainsi à Amiens et à Malvoisine la distance d’uneétoile de Cassiopée, qui passait à moins de dix degrésdu zénith de l’un et de l’autre lieu , et il trouva leurdifférence de latitude de i°22',55". Quant à sa mesuretrigonométrique, tous les angles de ses triangles furentvérifiés, et deux mesures réitérées de sa base, faitesavec tout le soin dont Picard était capable, ne lui don-nèrent qu’une différence de deux pieds; la premièreavait été de 5662 toises 5 pieds, et la seconde de5663 toises i pied. C’est ce qui le détermina à prendreun milieu et à le fixer à 5663 toises. De tous ses calculsenfin, Picard tira la conclusion que la distance inter-ceptée entre les parallèles d’Amiens et de Malvoisineétait de 78850 toises ou 57060 toises par degré. Lamême opération, exécutée depuis avec des instrumensplus perfectionnés et à l’aide de méthodes supérieuresindiquées par les progrès de la science, a sans doutedémontré quelques inexactitudes dans le travail de Pi-card; mais, malgré cette imperfection, peut-être iné-vitable, la mesure d’un degré terrestre, à laquellePicard a donné son nom, n’en demeurera pas moins cé-lèbre dans l’histoire de la science, comme un monu-ment remarquable de la première tentative heureusequi ait été faite pour connaître la mesure exacte de laterre. On sait que ce fut à l’aide de la mesure du degréde Picard que Newton put réussir dans les calculs qu’ilavait une première fois tentés sans succès pour recon-naître la force qui retient la lune dans son orbite. Cetteopération eut encore pour résultats d’appeler l’atten-tion des astronomes sur des mouvemens que l’on dé-signe aujourd’hui par les noms de nutation et à’aber-ration, et dont on n’avait pas le moindre soupçon.L’honneur de trouver les causes et d’expliquer cedouble phénomène était réservé à Bradley.

Dès l’an 1669, dit Delambre, Picard avait lu àl’Académie un mémoire substantiel, dans lequel il tra-çait le plan d’une astronomie perfectionnée par ses in-ventions et celles de Huvgens ; il y donnait les moyensde déterminer directement, et tout à la fois , les ascen-sions droites du soleil et celles des étoiles. Ces moyensn’étaient au fond qu’une application particulière de laméthode générale des hauteurs correspondantes, qu’ilavait d’ailleurs introduite le premier dans l’astronomiepratique , en fournissant de plus la correction dont ellea besoin quand la déclinaison de l’astre vient à varierdans l’intervalle des deux hauteurs égales qu’on a obser-vées. Par ces moyens, Picard avait annoncé qu’il fixe-rait les momens précis des solstices avec la même exac-titude que ceux des équinoxes. Le premier , il observala longueur du pendule simple qui battrait les secondes,et il demanda que les observations fussent répétées endifféren» climats pouv savoir si cette longueur était par-

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tout la même, après avoir averti que la seule dilata-tion des métaux suffisait pour la faire varier avec latempérature de l’atmosphère. Picard recommanda aussil’observation des réfractions en différentes saisons etcelle des diamètres : il en donna lui-même des exem-ples fréquens.

Auzout fut le collaborateur et l’ami de l’abbé Picard.On les associe avec raison dans l’invention du micro-mètre , l’application du télescope au quart de cercle etl’invention de la lunette d’épreuve. Dans la vue derendre plus sûrement utiles les observations de Tycho-Brahé, Picard fit le voyage d’Uranibourg pour déter-miner plus exactement la longitude et la latitude de cetobservatoire célèbre ; enfin, c’est à Picard que la France doit d’être devenue la patrie adoptive de l’illustre Cas-sini; c’est aussi à ses plans et à son influence qu’elledoit la construction de l’Observatoire. Malheureusementle jeune astronome que Picard, usant de son crédit au-près du grand Colbert, avait fait venir d’Italie , ne tardapasà faire oublier le mérite etles honorables services deson protecteur. Ce fut lui qu’on nomma directeur del’établissement dont Picard avait eu la première idée,et bientôt les plans et les projets de cet astronome dis-tingué furent délaissés pour les brillans travaux ducompétiteur qu’il s’étail donné dans son amour pur etdésintéressé pour la science. A la suite d’une chutequ’il avait faite dans une observation difficile, Picardfut dangereusement blessé ; il languit encore durantquelques années , et mourut à Paris le 12 juillet 1682,et 1684 suivant Condorcet. Picard a publié : I. La me-sure de la terre, Paris , 1671, in-folio. II. Voyaged’Uranibourg , ou observations astronomiques faites enDanemarck. III. Observations astronomiques faites endivers endroits du royaume. — Observations faites ciBayonne, Bordeaux et Roy an, pendant Vannée 1680.IV. Traité du nivellement : c’est l’ouvrage publié parLahire. V. La pratique des grands cadrans par le cal-cul. VI. Fragmens de dioptrique. VII. Expérimentacircà aquas affluentes. VIII. De mensuris. IX. Demensurâ liquidorum et aridorum. Picard a composé lescinq premiers volumes de la Connaissance des temps,de 167g à i683. Cet illustre académicien, qui avaitconsacré sa vie à de si nombreux et si utiles travaux,était tombé vers la fin de sa carrière dans un oubli dontles biographes modernes se sont fait un devoir de ven-ger sa mémoire. « Picard, dit Condorcet, fut le maîtrede Roemer , dont il devina le génie, et auquel il pro-cura la protection de Colbert et les bienfaits deLouis XIV . Le premier, il aperçut le phosphore qu’ouvoit dans la partie vide du baromètre, lorsqu’on 7agite le mercure. Dès t68o, il n’était plus eu état d’exé-cuter par lui-même les grands travaux dont il avait faitagréer le projet à Colbert , et il termina en 1684 ulie