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[Tome deuxième.]
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l’explication des grands phénomènes de la nature , ladécouverte de la chambre obscure, ainsi qu’un grandnombre d’expériences d’optique très-curieuses. Il ap-procha peut-être plus que Maurolico , de la vraie théo-rie de la vision , et a composé un grand nombre d’écritssur les miroirs plans, convexes, concaves et leurs di-vers effets. Wolff et plusieurs autres écrivains mettentavec raison au rang de ses plus belles découvertes celledu télescope; mais il n’est point l’inventeur de ce puis-sant instrument. On a pu lui attribuer l'honneur d’unesi belle production , d’après un passage de sa Magie na ■lurelle, dans lequel il parle de l’effet des lentilles con-caves et convexes; mais nulle part il n’a indiqué la ma-nière de les placer dans un tube, jamais il n’a essayéde fabriquer cet instrument; il paraît n’eu avoir euqu’une idée vague, empruntée peut-être à Roger Ba-con , dont il était trop instruit pour ne pas connaître lessecrets. Porta, géomètre et physicien, quoiqu’il parta-geât la croyance de quelques-uns de ses plus illustres con-temporains , dans les chimères de l'astrologie judiciaireet la puissance des esprits; quoiqu’on trouve dans sesouvrages toutes les puérilités bizarres qu’on remarqued’ailleurs avec étonnement dans les écrits les plus esti-més de son temps, n’a pas moins rendu de grands ser-vices à cette branche des sciences physiques, qui a pourobjet les phénomènes de la vision. Il mourut à Naples,le 4 février : 6 : 5 . Nous citerons seulement ceux de sesécrits qui se rattachent aux sciences mathématiques.I. Magiœ naluralis libri XX, Naples, : 58 (), in-fbl.C’est le plus important des ouvrages de Porta, il a ob-tenu l’honneur de nombreuses éditions et traductions:parmi beaucoup de faits insignifians compilés sans cri-tique , on y trouve des observations intéressantes sur lalumière, les miroirs, les lunettes dont il a perfectionnéla fabrication , enfin sur la statique , l’hydrostatique etla mécanique. II. De refraclione optices pane libri IX,Naples, i 5 (j 3 , in- 4 - III. Pncumalicorum libri très ; cumduobus libris curvilinorumelementorum, Naples, 1601,in- 4 - Cet ouvrage traite spécialement des machines hy-drauliques : sa dernière partie, consacrée à la géométriecurviligne , a été réimprimée à part à Rome , en 1G10.IV. De munitione libri très, Naples, 1608 , in- 4 . C’estun traité des fortifications. (Poy. pour les details biblio-graphiques relatifs aux travaux de Porta, l’ Histoire dela littérature de Tiraboschi.)

PORTE-VOIX. ( Méc.) Instrument en forme detrompette, en fer-blanc ou en cuivre, à l’aide duquelon augmente beaucoup l’intensité du son et on le porteà de grandes distances.

Quoiquon rapporte qu’Alexandre faisait usage d’unsemblable instrument pour parler à son armée, c’est

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au chevalier Samuel Moreland que l’inventum duporte-voix est généralement attribuée.

Kircher a prétendu avoir fait des porte-voix avantMoreland ; mais tout ce qu’il dit et tout ce que d’autresont rapporté sur des instrumens acoustiques antérieursà celui de Moreland concerne plutôt les cornets acous-tiques que les porte-voix.

D’après Lambert ( Mém. de Berlin , 1763), la formela plus convenable à donner à un porte-voix estcelle d’un cône tronqué, parce que, d’après les prin-cipes de la catoplrique qu’on peut appliquer au sonpar analogie, les rayons sonores sont réfléchis par lesparois, de manière qu’après une ou plusieurs réfrac-tions ils deviennent parallèles à l’axe ou du moins peudivorgrns. Toutes les figures qui, en s’élargissant,tournent leur convexité vers l’axe , doivent être reje-tées , parce qu’elles répandent le son par tout un hé-misphère ; ces sortes de figures sont bonnes pour lesimlrumcns de musique , où il importe de répan-dre le son aussi uniformément qu’il est possible; maisles poite-voix sont destinés à diriger le son vers l’en-droit où l’on veut sc faire entend:e. Ainsi la courburedoit être telle qu’elle tourne sa concavité vers l’axe ,sans cependant devenir parallèle à l’axe, ou se rétréciraprès s’être élargie jusqu’à un certain point. Car si lasurface devient parallèle à l’axe, elle commence à pro-duire l’effet d’un cylindre, et si elle converge versl’axe, elle fera l’effet d’un cône renversé. Un porte-voixparabolique, où l’embouchure doit être dans le foyer,ferait moins d’effet qu’un porte-voix conique de lamême grandeur.

Cependant il résulte des expériences d’ Hassenfratz (,Journal de Physique, tome LVI, p. 18), qu’un porte-voix muni d’un pavillon, ce qui est une petite piècequi tourne sa convexité vers l’axe et que l’on place àson extrémité, porte le son à une distauce presquedouble que lorsqu’:! n’a pas de pavillon.

Quaut aux tuyaux simplement cylindriques, il estévident qu’ils ne peuvent servir de porte-voix , car lesrayons sonores se dispersent en tous sens en sortant parleur extrémité. Le seul effet qu’on peut obtenir par untel tuyau consiste à faire entendre à une de ses extré-mités le son produit à l’autre sans le moindre affai-blissement ou même encore un peu plus sonore. Aumoyen d’un luyau d’un diamètre partout égal, deuxpersonnes placées aux deux extrémités pourront trans ■mettre et recevoir des paroles à une distance très-consi-dérable. Mais pour transmettre le son à l’air libre à unegrande distance, il est necessaire que le tuyau s’élar-gisse du côté où se dirige le son.

L’application des lois de la catoptrique aux effets desporte-voix ne paraît pas rigoureusement exacte, car,ainsi que l’a observé Chladni , la réfraction delà lu-