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[Tome deuxième.]
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aurait été trouvé de 63 ’] 5 o toises selon Albufeda, et de53 i 23 toises selon Almassoudi.

Jusqu’aucommencementduXVII'siecle, on demeurasans aucune mesure de la terre sur laquelle il fût possi-ble de faire quelque fonds, mais la tentative ingénieusede Fcrnel (voy. ce mot) engagea plusieurs astronomesà y procéder enfin d’une manière plus géométrique etplus exacte. Snellius entra le premier dans la carrière ,et s’il s’est trompé dans le calcul de ses triangles, ce quilui fit trouver pour la longueur du degré une quantitémoindre que celle qui résulte en réalité de sou opéra-tion, il lui reste la gloire incontestable d’avoir inventéla méthode employée ensuite par les astronomes detoutes les nations , méthode dont nous allons donner iciune explication pour l’intelligence de ce qui va suivre.

Désignons par A , B , C , D , etc. (PI. 58 , fig. 5 ), unesuite de lieux éminens comme des montagnes, destours , des clochers , au travers desquels doit passer laméridienne. Ayant relevé avec un bon instrument lesangles que font entre elles les lignes tirées de ces objetsles uns aux autres, et formé par ce moyen une suite detriangles liés entre eux , qui se termine aux extrémitésde la ligne à mesurer, on mesure l’angle que fait undes côtés de ces triangles avec la méridienne, ce quidonne le moyen de déterminer la position de tous lesautres côtés par rapport à cette ligne. Ceci fait, on me-sure, dans quelque endroit commode, comme une plaine,une longue base LM et par des opérations trigonomé-triques on en conclut la longueur d’un côté d’un destriangles voisins, AB par exemple. Ce côté étant unefois connu, il est facile de calculer la longueur de tousceux de la suite des triangles, et, par leur position con-nue avec la méridienne, les parties de cette méridienneA b, Be, C d, etc., comprises entre les parallèles passantpar A , B , C , D , etc. On a par l’addition de toutes cesparties la longueur de l’arc du méridien compris entreles parallèles des lieux extrêmes. Il ne reste donc qu’àmesurer la différence en latitude de ces lieux extrêmes,et l’on connaît par là à quelle portion du méridien ré-pond la longueur trouvée d’où l’on conclut la longueurdu degré et celle de la circonférence. Pour plus grandeexactitude et comme moyen de vérification , on doitdéterminer à l’extrémité de la suite de triangles, oppo-sée à la base , une nouvelle base comme NO, et si lavaleur mesurée de cette nouvelle base est la même quecelle qui résulte du calcul , en la liant avec un derniercôté HI, on est assuré qu’il n’v a d’erreur nulle part.

C’est par cette méthode que Snellius mesura unarc de i° n’ 3 o' sur la méridienne de Berg-op-Zoom ,mais, ainsi que nous l’avons dit , il se trompa dansses calculs, ce qui lui fit estimer le degré terrestre à55 oai toises. La mort l’empêcha de rectifier sou erreurdont il s’était aperçu, et ce fut Muschenbroek, entre les

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mains duquel ses manuscrits tombèrent, qui calcula denouveau tous les triangles de Snellius , d’après les cor-rections qu’il y avait faites ; il trouva par ce moyen57033 toises pour la valeur du degré.

Cette rectification de la mesure de Snellius n’eutlieu qu’après la célèbre mesure opérée par Picard ; dausl’intervalle, Riccioli avait entrepris une opération sem-blable , d’autres savans s’étaient également livrés à degrands travaux sur le même sujet, mais tous leurs ré-sultats étaient tellement discordans que l’Académie dessciences crut devoir s’occuper sérieusement de cettequestion intéressante, et qu’elle chargea Picard, déjàcélèbre par plusieurs observations très-délicates, demesurer de nouveau un degré terrestre dans les envi-rons de Paris . Il l’entreprit et l’exécuta dans les années1669 et 1670. Cette mesure, opérée avec un degré deprécision jusqu’alors inconnu, fixa la longueur du degréterrestre à 57060 toises. O11 a signalé depuis quelqueslégères erreurs dans les opérations , mais il est rigou-reusement prouvé qu’elles peuvent entraîner tout auplus une différence d’une trentaine de toises sur la Iongueur du degré. Ou ne doit pas oublier que c’est enrecommençant, avec le degré de Picard , tous ses cal-culs abandonnés sur la foi d'une fausse évaluation dudegré terrestre, que Newton a été mis sur la voie de sesimmortelles découvertes, (f^oy. Gravite.)

La France venait de donner au monde savant la pre-mière détermination véritablement approchée de lagrandeur de la terre, lorsque tout à coup la questionvint se représenter sous une face nouvelle et bien autre-ment compliquée. Le roi sur la proposition de l’Acadé-mie des sciences, ayant envoyé Richer à Cayenne pour di-verses observations astronomiques , ce savant remarquaque son horloge retardait tous les jours d’environ deuxminutes et demie sur le temps moyen , quoiqu’il eûtdonné au pendule la même longueur qu’en France , etil fut obligé pour la régler de raccourcir ce penduled’une ligne un quart. L’annonce de ce phénomèneexcita l’étonnement des astronomes et on le regardaitcomme très douteux lorsque, quelques années après, Va-rin et Deshayes, envoyés eu divers lieux de la côte d’A-frique etdel’Amériquc poury observer, remarquèrentle même fait dans les lieux voisins de l’équateur; laquantité dont ils furent forcés de raccourcir leur pen-dule fut encore plus considérable que celle de Richer.Ces observations ne permettant plus de douter que lalongueur du pendule à secondes ne variât sous les diffé-rentes latitudes, Huygeus, qui par sa belle théorie desforces centrales eût pu annoncer le phénomène à priori,en rechercha les causes et reconnut promptement quela principale résidait dans la rotation de la terre sur sonaxe (voy. Pendule). Mais ce qu’il y a de vraiment ie-marquable daus son travail, c’est qu’il fut conduit pa f