Mi L' ART UNIVERSEL
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P R A T I QJJ E XXXIV.
Pour fortifier les Places qui sent far des montagnes.
^ <ss ccrca ' n ci uc ^ es PU«s qui font fur les montagnes, sont tenues peur
Í T&n bonnes ; & tous les anciens, auílì-bien que les modernes, les ont estimées :Kgj? l’œil en est témoin, puisque pat la campagne on voit fort souvent des Cha-steaux Sc des Maisons fortes sur les lieux les plus eminens. J’ay fait cetteremarque avec plaisir, en France, en Italie, cn Allemagne Sc en Espagne, où il y en aquantité, qui donnent dc l’estonnemenc pour leur astìete, & ne sçait-on , comme il aesté postìble d’y avoir porté les matereaux pour les bastir tant ils font élevez & escarpez.
On peut réduire en trois ordres toutes les Places qui font fur des montagnes. Lepremier, dc celles quin’ont qu'vne avenue. Celles-là ont cét avantage, qu’elles ne fontobligées qu'à fortifier & défendre ce seul costé-là. Mais aussi si l’ennemy s’cn rend lemaistre, iî empesphera les sorties & l’cntrée des vivres.
Le second, de celles qui ont plusieurs avenues; cclles-cy ont besoin d’estre mieuxgardées Sc fortifiées, puifqu’on peut estre surpris de plusieurs costez.
Le 3.de celles qui font détachées ,dc tout, (ans avenues désavantageuses, fans com-mandement ni lieu couvert, d’où elles puissent estre surprises.
Toutes ces Places fe doivent fortifier selon la capacité d u lieu, & autant que vouspourrez. Si les maisons dé j a basties ne vous contraignent, faites-y toujours vne figureregulicre, pour découvrir tout autour de vous, comme vous voyez le Pentagone A de laprcmicre figure,où j’ay esté contraint de le mettre vn peu fur la pente, pour faire voirle plan entier, mais il faut le supposer tout au'dessus, comme en la seconde figure. Ecdevant toutes les courtines, faites de bons Ravclins B , qui cmpefcheronr les appro-ches. Au lieu d’vn fossé faites vn bon chemin couvert C C audessous des Ravclins,avec des logemens de xoo. à 100. toises C C C, faisant tout le tour de la montagne ,le creusant de telle sorte que les cavaliers y soient à couvert, ausiì-bien que les gens depied.
Le Profil de ce chemin couvert marqué D en la seconde figure , vous fera connoistrc ,comme il faut escarper la montagne, pourapplanir vn chemin large de 4. toises ; de laterre qu'o n en ostera, vous ferez faire le Parapet, la Banquette Sc le Glacis, qui ra-iera la campagne à l’ordinairc.
S’il y a quelque lieu à conserver, ou.dont la situation soit considérable pour son com-mandement, vous pourrez le fortifier avec des Ravclins Sc plattc-formcs, ou de bonsBastions, les vns fur les autres; en forte qu’ils puissent estee défendus dc la Ville, com-me vous voyez E de la 1. figure.
On peut encore fe servir dc tenailles d’ouvrages à cornes 5 c à couronnes, selon les né-cessitez des lieux ; en quov ('Ingénieur vfera de fa prudence Sc discrétion.
Quoy-quc de s fortifications élevées on puisse découvrir tout autour, il ne faut pasinitier d’v faire à ('ordinaire des Guérites à chacun des angles flanequez, Sc des anglesdc l’épaulc: car elles y font nécessaires pour les Sentinelles.
On n’exprime jamais ces Guérites fur lés plans; maison ne les oublie point aux ou-vrages achevez. Aux murailles de pierres & de briques, on les mec au dessus du cor-don ; Sc aux ouvrages dc terre on les fait dc bois dessus le parapet.