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Tome premier.
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l’effroi clu Tage à l’Euphrate , on embrassa avi-dement une religion d’égalité, qui promettait leparadis aux malheureux et menaçait les Césars.D’autres sectes tentèrent en vain de lutter contrele christianisme; ce n’était ni la subtilité grecque,ni les tours d’Apollonius de Tyane qui devaientaccomplir la grande révolution. Il n’était donnéqu’à des hommes non corrompus, accoutuméspar tradition au martyre, doués d’une immenseénergie et d’une imagination puissante, de pou-voir sortir d’une écurie de Nazareth pour allers’asseoir sur le trône impérial. Cette religion quidevait remuer si fortement le monde fut, dèsl’origine, ennemie de la science. Car elle voulaitrégner seule sur les esprits, et être adoptée sansdiscussion. Après que les chrétiens , aidés par descirconstances favorables et poussés par une vo-lonté de fer, eurent envahi les plus belles pro-vinces de l’empire; après que Constantin se fûtpersuadé que l’ancien élément était trop affaibliet qu’il fallait s’appuyer sur la nouvelle foi pourranimer le colosse romain ; tout ce qu’il y avaitd’hommes énergiques se jeta dans le mysticisme.Alors la lecture même des anciens auteurs futdéfendue aux chrétiens : elle ne fut permise qu’àceux qui voulaient combattre le paganisme, et à