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les plus épaisses ténèbres n’arrivèrent pas enEurope avec la grande invasion des barbares,et pourquoi elles n’en furent pas la suite immé-diate. Ce fut seulement après que Charlemagne eut dompté les Saxons, repoussé les Moresd’Espagne, rendu l’éclat et la puissance à l’Église,et rétabli l’empire d’Occident, que l’Europe tom-ba dans le dernier degré de l’abrutissement (i).Cette question est trop vaste pour que nouspuissions la traiter ici; mais on doit remarquerqu’après Charlemagne , l’ignorance augmentaavec l’agrandissement de la féodalité et du pou-voir des ponfifes. Charlemagne essaya de faireservir le principe religieux à réorganiser l’em-pire d’Occident. Mais l’instrument qu’il vou-lait plier à ses desseins fut plus fort que lebras qui l’employait. Le pape maîtrisa l’empe-reur, et pendant plusieurs siècles rien ne putrésister à l’ascendant de l’Eglise (1). D’ailleurs les
(i)L’Eglise fitmême subir aux sciences une transformation,qui, au reste , leur fut utile. L’astronomie , par exemple, quiaurait été proscrite comme étude profane, fut protégée etcultivée dès qu’elle devint ecclésiastique. Les pénibles re-cherches qu’il fallait faire pour déterminer le jour de Pâques ont pu seules, dans ces siècles de ténèbres, conserver parmiles chrétiens quelques notions du mouvement des astres. On