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Tome premier.
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a passé jusqu’à présent inaperçu, c’est l’emploique fait Aristote des lettres de l’alphabet pourdésigner les quantités indéterminées (i). Ce phi-losophe , qu’on a accusé à tort de ne pas tenircompte des observations, était, au contrairel’homme des faits. Mais ses observations, tropsouvent incomplètes, ne lui permettaient pas dedéterminer les diverses circonstances qui influentsur la production d’un phénomène, et il setrompait dans la recherche des causes. En restantattaché au témoignage des sens, il a pu faire debonnes descriptions et avoir un grand succès enhistoire naturelle, mais il devait être moins heu-

(i) Une s’agit pas ici d’abréviations semblables à celles dontplus tard fit usage Diophantepour exprimer les diversespuis-

sances des inconnues, en écrivant, par exemple, é'u au lieu

de 5 uvai/.i; (carré), xu au lieu de xûëcç (cube), et ainsi de suite.Aristote , dans sa Physique, exprime la force, la masse, l’es-pace et le temps , par les lettres a, (f , y, &, etc. ; exactementcomme on le ferait aujourd’hui (Aristotelis opéra, tom. I,p. 575 et 660, Natur. auscnlt. , lib. VII, cap. 6 , et lib. VIII,cap. xS). Cicéron aussi s’est servi des lettres de l’alphabetpour indiquer des objets indéterminés (Ciceronis , èpistolæad Atticum , lib. II, ep. 3 ). Au reste, nous prouverons dansla suite de cet ouvrage que même chez les modernes on avaitemployé les lettres pour indiquer les inconnues long-tempsavantViete, àqui il faudraitcesserd’attribuercette invention.

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