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C’est surtout aux Juifs que la chrétienté estredevable des premiers rapports littéraires qu’ellea eus avec les Musulmans . Quoique toujourshais et persécutés, ils s’étaient répandus à-la-fois en Asie, en Afrique et en Europe ; et les be-soins du commerce faisaient partout valoir leurpatiente et infatigable activité. Les nombreusessynagogues qu’ils avaient fondées en Egypte , enEspagne, dans le midi de la France et en Ita-lie (i), correspondaient entre elles par l’entre-
rigo degli Alberighi et celle de Natan, ne sont évidemmentqu’une imitation de l’histoiie d’Hatem-Taï ( Cardonnc , mé-langes de littérature orientale, Paris , 1790, 2 vol. in-12, t.I,p. i 63 et suiv.). Le conte des Oies de frère Philippe est tiré évi-demment de la légende de saint Barlaam , qui n’est elle-mêmeque le travestissement d’un roman oriental {Storia diBarhiame Giosafatte , lloma, 1816, p. 104). Manni n’a pas connu cetteorigine (Storia del Decamerone , Firenze, 1742, in -4 , p. 363et 552 ). L’influence arabe alla si loin, même dans les arts,qu’il existe encore des manuscrits du quinzième siècle, avecdes ornemens oit l’on a si fidèlement imité les Orientaux,que l’on y voit des miniatures exprimant la passion de Jésus-Clirist avec des inscriptions arabes tout autour. Ces inscrip-tions que les peintres, sans les comprendre, avaient prisespour des arabesques, 11e sont autre chose que des versets del'Alcoran. (Voyez les miniatures III, VI, etc., du magnifiqueDiurnal du roi René, MSS. de la bibl. du roi, supplémentlatin , n° 54.7.)