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Tome premier.
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que modifier, sans les effacer. Mais bien que l’onrencontre souvent, dans les anciens diplômes etdans les inscriptions, des mots et des phrasesentières qui semblent indiquer l’existence decette langue ( i ), elle ne paraît avoir pris une formecertaine, et ne s’être prêtée à la nouvelle poésie,que vers le milieu du douzième siècle. A partirde cette époque, il s’éleva des poètes de tousles points de la péninsule; mais, chose remar-quable, les plus anciennes poésies italiennes quel’on connaisse appartiennent à la Sicile , quoiquece fût certainement en Toscane que la langueparlée se rapprochait le plus de la langue écrite.Les questions importantes, qui surgissent dece fait singulier, ne sauraient être traitées ici ;cependant, on ne peut s’empêcher de se de-mander pourquoi les Siciliens ont choisi, pourécrire, un dialecte qu’ils ne parlaient pas (a),

(1) L'italien était déjà considéré en 960 comme une languedifférente du latin (Voyez la lettre de Gunzone dans Mar-tene et Durand, voter, scriptor. ampliss. collectio, tom. I,col. 294, 295 et 298. — Voyez aussi Gattercr, commentatio deGunzone /tafo, Norimb., 1706, in- 4 , p. 10 et suiv.)

(2) Non-seulement le dialecte sicilien est à présent fortéloigné de l’italien , mais il y a six siècles qu’il l’était toutautant. Richard de Saint-Germain nous a conservé un spé-cimen du dialecte parlé en Sicile en 1233, d’après lequel on