( 9.8o )
Au lieu de ranimer et protéger les lettres.,comme on le répète tous les jours, Laurent deMédicis n’a fait, comme font d’ordinaire lesgrands, que protéger la médiocrité. Les mem-bres de son académie platonique étaient desérudits qu’il payait et qui le vantaient dans leursécrits : mais en même temps les Toscans les plusillustres étaient forcés de s’expatrier. Landino ,Marsile Ficin, Pic de la Mirandole , étaient, ilest vrai, accueillis noblement par lui; mais ilne faut pas oublier qu’en même temps Léo-nard de Vinci , Paciolo et Alberti quittaientla Toscane . On poussait Pulci à écrire contreFranco, on encourageait les auteurs des CantiCarnascialeschi, nouveaux chants fescennins,mais Bellinzone devait aller chercher du pain à
caractères orientaux , ont été exécutés en Italie . D’ailleurs,sans parler de l'invention de la gravure sur cuivre, qui estdue à Maso Figuerra , ni des caractères faits par BernardCennini à Florence, lorsque les Allemands gardaient encorele secret de leur art, il est permis de croire que l’existencede l’imprimerie chinoise, qui avait été révélée à l’Europe par les voyageurs vénitiens, et la connaissance de ces carac-tères mobiles que les calligraphes italiens employaient de-puis si long-temps pour former avec tant de régularité lescaractères des manuscrits, n’ont pas dû être inutiles auxAllemands qui ont inventé l’imprimerie.