( 240 )
le pape les aime si peu que chacun s’efforce deparaître ignorant. Enfin il montre le péril qu’ily aurait pour le nouveau cardinal à prendre Ga-lilée sous sa protection.
Le pape dont Guicciardini fait un tel por-trait, était ce Paul Y, sous le pontificat duquelSarpi fut assassiné à Venise par des sicaires quiensuite trouvèrent asile dans les états de l’Eglise.On sait que par ses dissensions avec la répu-blique de Venise , ce pape fut sur le point debouleverser l’Italie , et que pour soutenir sesviolences théologiques il fit périr sur l’échafaudd’illustres victimes qu’il avait attirées à Rome partrahison (i). Galilée , qui persistait après la sen-tence contre Copernic à rester à Rome et à sou-tenir le système du mouvement de la terre aveccette ardeur que donne le culte de la véritéqu’il professa toujours, aurait peut-être fini par
(i) On connaît les moyens employés par Paul V pour ame-ner à Rome les sept théologiens qui s’étaient déclarés pour larépublique de. Venise : malgré les plus solennelles pro-messes, le père Manfredi monta sur l’échafaud, Marsili etd’autres moururent empoisonnés [Bianohi-Giovini, hiografiadi Fret Paolo, tom. II, p. 49-52. — Sarpi, lettere ilaliane ,p. 267).