ESQUISSE HISTORIQUE DE L’ÉLECTRICITÉ. 7J
l'instrument peut-être le plus sensible que possède la pby-sique. Voyant qu’un conducteur, tel qu’un fd métalliquequi sert de passage au courant, exerce une action surl’aiguille aimantée dans tous ses points également, il eutl’idée de le faire revenir plusieurs fois autour de cette ai-guille, de manière à multiplier ainsi ses points d’actionsur elle. Dans ce but, il enroula autour d’un cadre en boisun fd de métal, après avoir pris la précaution de le re-couvrir de soie, afin d’éviter tout contact métallique entreses dilférens tours ; mettant ses deux extrémités en com-munication avec les deux pôles d’une pile voltaïque, ilobligea ainsi le courant produit par cette pile à faire letour de toutes les circonvolutions du fil. Il suffisait alorsdu plus foible courant pour produire une déviation con-sidérable sur une aiguille aimantée suspendue au milieudu cadre que je suppose placé verticalement et dans ladirection du sud au nord. En effet, faction totale exer-cée sur l’aiguille était égale à autant de fois celle qu’au-rait exercée un seul tour du fil conducteur, qu’il y avaitde tours; ensorte que, si cette dernière n’était pas assezforte pour être sensible, elle pouvait le devenir, et mêmed’une manière très-prononcée, en étant ainsi multipliée.Aussi l’instrument imaginé par Schweigger fut-il nommégalvanomètre multiplicateur Ajoutons cependant que,quoiqu’on puisse augmenterbeaucoup sasensibilité, en mul-tipliant le nombre des circonvolutions du fil et en les pous-sant, comme on l’a fait, jusqu’à mille et au-delà, il ne fautpas croire qu’il n’y ait aucune limite à cet accroissement;si d’une part on augmente ainsi la somme totale des actionsque le courant exerce sur l’aiguille, d’autre part on affaiblit