ESQUISSE HISTORIQUE DE u’ÉLECTRICITÉ. 87
Nous venons de nommer M. Becquerel; ce nom seul ,après celui de Seebeck , est plus intimement lié avec l’his-toire des phénomènes thermo-électriques qu’aucun deceux que nous avons cités jusqu’ici. C’est en 1823, im-médiatement après la publication de la première expé-rience de Seebeck sur l’effet thermo-électrique d’un arcmétallique hétérogène, que M. Becquerel entreprit la sé-rie de recherches intéressantes sur ce sujet, dont il a suc-cessivement enrichi les Annales de Chimie et de Physique.Dans un premier mémoire (1), après avoir rappelé queM. Seebeck n’était parvenu à exciter un courant thermo-électrique , dans un arc formé par un seul métal, que dansle cas particulier où ce métal a une texture cristalline,tel que le bismuth , il montre que l’on peut réussir égale-ment bien avec tous les métaux. Il suffit de chauffer très-fortement l’une des extrémités du fd d’un galvanomètremultiplicateur , et de toucher cette extrémité chaufféeavec l’autre de même nature, mais qui est restée froide ,pour exciter, à l’instant du contact, un courant électri-que très-intense qui, parcourant le fil du galvanomètre,exerce sur l’aiguille aimantée une action des plus vives.Quelle que soit la nature du fil métallique, qu’il soit deplatine, d’argent, de cuivre, ou de tout autre métal, lemême effet est produit; le sens du courant est tel quel’électricité positive semble aller directement de la partiechauffée à la partie froide ; mais cette direction n’est pastoujours constante , elle paraît varier dans quelques casavec l’énergie de la température et avec la nature du mé-tal. M. B. parvint à déterminer un courant continu, en
( 1 ) Annales cle Chimie et de Physique , T. XXIII, p. i35.