113
ESQUISSE HISTORIQUE DE L’ÉLECTRICITÉ.
ment dont il faisait usage. Il parvint, par le même pro-cédé , à développer des courans électriques , non-seule-ment en faisant agir l’une sur l’autre des solutions acides,alcalines ou salines, mais aussi en plongeant dans unliquide acide des substances alcalines ou terreuses, àl’état solide ; dans ce cas les effets étaient en généralbeaucoup plus intenses; et ce qu’il y a de singulier,c’est que le courant affectait alors une direction le plussouvent inverse de celle qu’il avait quand les deux subs-tances étaient à l’état liquide.
Ce que nous venons de dire sur le sens du courant,nous amène à parler de la partie des recherches de M. Bec-querel qui s’y rapporte , et dont nous n’avons encore riendit, quoique dans chacun de ceux de ses mémoires quenous avons cités , il en ait été question. M. B* a conclude la direction suivant laquelle cheminent les couransqui sont développés dans les actions chimiques, que, danspresque tous les cas, un acide, quand il se combine avecun alcali, ou quand il attaque un métal, s’empare de l’é-lectricité positive, tandis que l’alcali ou le métal prendl’électricité négative ; résultat inverse de l’état électriquedans lequel les substances se constituent dans leur con-tact mutuel, ainsi que le démontre la première série derecherches dont nous avons parlé. Il a cherché à ex-pliquer cette différence , en admettant, comme M. Am-père l’a proposé le premier, que les molécules des corpssont douées d’une électricité qui leur est propre, positivepour les uns , négative pour les autres, et que de pluselles sont entourées, dans leur état ordinaire, d’une at-mosphère électrique d’une nature opposée à l’électricité