conservent toute l’empreinte. Nos sens sont desespèces de réservoirs où elles s’introduisent avecles qualités quilesaccompagnent. Si nous voyonsles objets, c’est que leurs images pénètrent l’or-gane de la vision. Le bruit qu’excite un corpssonore s’introduit dans la cavité de l’oreille , lasaveur s’applique immédiatement au palais, etl’odeur s’insinue dans l’organe de l’odorat.
Cette hypothèse d’émission continuelle d’i-mages pavlàitementsemblables aux ob j ets qu’ellesreprésentent, força Epicure à cette étrange con-séquence : nous voyons, dit-il, les objets telsqu’ils sont ; la grandeur apparente des astres estprécisément égale à leur grandeur réelle.
Si cette assertion étoit vraie, la grandeurréelle du soleil éprouverait de fréquentes va-riations : que dis-je, le soleil serait grand etpetit dans le même temps, suivant la positiondes spectateurs sur la surface de la terre. Grand,pour celui qui voit le soleil à l’horizon ; petit,pour celui qui au même instant contemple le so>*leil à son zénith : absurdité révoltante r d>ienpropre à justifier l’opinion de^Cicéron (i) etdeMacrobe(2),qui n’ont trouvé déraisonnable
(1) Cicer. de Fin. bon. et mal. Lib. 1.
(2) Saturn., lib. 7 , cap. 14.