I78 HISTOIRE PHILOSOPHIQUE
douées d’une grande ténuité. Accoutumé à étu-dier la nature, Gilbert soupçonna qu’elle n’avoitdonné exclusivement ni à l’ambre et au jayetfrottés la propriété d’attirer, ni aux pailles cellede céder h l’action de ces substances ; et cesoupçon le conduisit à des expériences variées,dont les résultats ont contribué à l’avancementde la science. Bientôt le diamant, le saphir, lerubis, le soufre, la gomme-lacque, en un mottoutes les matières vitrées et résineuses, parta-gèrent, avec l’ambre et le jayet, les privilègesélectriques. Tous ces corps, dit Gilbert (1),acquièrent, lorsqu’on les frotte, la propriétéd’attirer non-seulement les pailles, mais tousles corps de la nature, à l’exception de l’air,de la flamme, de la fumée légère et des corpsen ignition.
Gilbert reconnoît la nécessité dn frottementpour développer l’électricité de ces substances;celui qui est vif et léger lui paroit le plus effi-cace. Il observe que le vent du nord a uneheureuse influence sur l’intensité et la durée
( 1 ) De Magnete, lib. a, cap. a, pag. 5o, 5i.