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ne s’emparassent pour incommoder tout le Camp.
Quand on aura fermé & fortifie tous les quartiers, commenous avons dit qu’ils doivent estre , & joint l’vn à l’autrepar la Circonvallation , de telle forte qu’il n’y ait aucun passa-ge , où les Alíiegez puissent íortir, ni les ennemis de la Cam-pagne passer pour donner secours , ni faire entrer quelqueconvoy pour ravitailler la Place ; on pourra continuer lc Siègeen feu r été.
Et pour cela, supposé ce que nous venons de dire, que laCirconvallation soit suffisante à soustenir , tant ceux de de-dans, que ceux de dehors: on doit commencer les attaques,& avancer de ce costé-là vne grande Batterie , pour huit oudix canons, avec deux Redoutes pour la soustenir; & à la fa-veur de ces canons on commencera d’ouvrir les tranchées àla portée du mousquet de la Place affiegée. Ces approches fçdoivent faire habilement, & pendant la nuit les avancer lcplus qu’il fe peut vers le lieu où on veut s attacher, prenantgarde de n'estre point enfilé de pas-vn endroit de la Place,comme je diray &c feray voir en son lieu.
11 est tres-mal-aifé de donner des principes certains pourles attaques qu’on doit faire aux priíes des Places fortes,puisque céla dépend de quantité d’evenemens , tant pour ladjjfpofition des lieux, & de la qualité du terrain, que de lapensée du General, dè Plngenieur, &de ceux qui conduisentla tranchée : car plus en cecy qu’cn toute autre chose, ceuxqui croyent y entendre, veulent absolument qu’on suive leurpensée. Et si la naissance ou la Charge donne le comman-dement , il fait executer toutes ses 'volontez tres-exactement,& personne n’y contredira, quoy-que l'on voie biép qu’il s’ycommet de'grands défauts : mais par respect on ne les dirajamais, on-laissera plûtost tuer des hommes & perdre tout,que d’estre d’avis contraire au Prince, ou de déplaire au Ge-neral, particulièrement quand l’vn ou l’autre, ou tous deux