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Tome premier.
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4 ANTIQUITÉS

été la suite de sa trop grande confiance dans les opinions de Spon et de Wheler. Ces deuxvoyageurs, si recommandables dailleurs par leur zèle, leur savoir et leur véracité , firent untrop court séjour à Athènes , pour pouvoir apporter le même degré dexactitude «à tous les objetsde leurs recherches ; et le défaut de connaissances étendues dans larchitecture les a exposés àdes erreurs fréquentes relativement aux ruines des édifices anciens.

Il suppose, et à ce quil paraît daprès le témoignage des mêmes auteurs, que linscription delarchitrave du portique nest point entière. Mais il aurait pu sapercevoir , pendant son séjourà Athènes , quils sétaient trompés sur ce point ; du moins aurait-il copier de linscriptionoriginale tout ce quil en pouvait voir, placé comme il létait pour lobserver ; au lieu decela, il sest contenté de copier dans Spon et Wheler la portion très-imparfaite et très-fautivequils en donnent (*). Comme ces auteurs navaient pas vu la première ligne de linscription,il la passe également sous silence, et il omet ainsi ce point curieux dhistoire qui sy trouvementionné, que les athéniens avaient reçu des bienfaits de Jules César et dAuguste . ( voyez lanote 3 de ce chapitre, page 19 ).

En outre, il suppose que les mots A0HNAI APXHPETIAI ( 2 ), signifient la noblesse, ou le corpsde la noblesse dAthènes , qui dédie ce monument à Auguste ; tandis que le gouvernementdAthènes étant une pure démocratie, na jamais reconnu de corporation semblable, et que lesmots auxquels M. Le Roi donne cette fausse interprétation, désignent incontestablement unedédicace à Minerve suprême conductrice, faite expressément par le peuple dAthènes .

Il nous dit de plus quAuguste est honoré ici du titre de dieu, et cest encore une erreur ;mais ce qui est plus important, si lon peut trouver quelquimportance dans ces matières, ilomet entièrement de parler de la loi dAdrien , quoique la pierre sur laquelle elle est gravéefasse partie du monument et se trouve encore à sa place primitive.

La planche qui accompagne cette explication historique représente une vue perpective duportique : ici non-seulement M. Le Roi a oublié de prévenir ses lecteurs que la vue étaitrenversée, mais il sest exprimé de manière à leur laisser croire quelle ne lest point, que lamaison des consuls de France se trouve réellement à droite et par conséquent celle de lautrecôté du passage, à gauche, ainsi quil les représente. Nous sommes obligés de faire cette remarque,quelque minutieuse quelle paraisse, parce que notre vue du même portique différant sur cepoint de celle de M. Le Roi, ceux qui les compareront ne pourraient découvrir à qui appartientlerreur : après tout, cette erreur, en elle-même fort légère, peut être attribuée à linattentiondu graveur. Nous devons cependant rendre à celui-ci la justice de convenir quil a fait preuvedun véritable talent dans louvrage dont nous parlons : toutes les vues, quoique exécutées pro-bablement daprès de très-légères esquisses, sont, quant à la gravure, rendues avec intelligenceet touchées avec esprit.

Mais si nous cherchons, dans la vue du portique, la représentation dun lieu réellementexistant, nous trouverons quelle nest rien moins quexacte. Cest ce que reconnaîtront facile-

cider précisément laquelle de ces deux formes il avait : safaçade qui subsiste encore, est composée, comme on levoit, de quatre colonnes doriques qui soutiennent un en-tablement sur larchitrave duquel on lit une grande ins-cription grecque qui nous apprend quil fut dédié a cetempereur par la noblesse dAthènes , sous larchontat deNicias , fils de Sérapion . Cette inscription nest pas en-tière; MM. Spon et Wheler pensent que ce qui y manqueest la dédicace à la ville même de Rome . Ce quon lit surla frise du temple de Pola, etc., confirme ce sentiment.M. Le Roi, partie i re , page 32, première édition.

( 1 ) « Mon compagnon a observé que la première lignemanque; mais je crois quil ny manque que le premier

mot que je suppose, daprès dautres inscriptions sem-blables , être une dédicace à Rome , de même que ce quireste est une dédicace à Auguste , faite par la noblessedAthènes , dans le temps Nicias était archonte. »Wheler, page 388.

(2) Dans loriginal ce mot est écrit APXHrETiAi, commeWheler et Spon lont donné, et non APXHrETiAi. Cestune épithète donnée à Minerve, et dont le sens est lemême avec lune ou lautre terminaison. Peut-être mêmeny a-t-il quune faute de lartiste qui a gravé linscrip-tion , et qui aura fait, pour lavant dernière lettre, un Aau lieu dun A.