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CHAPITRE PREMIER.
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L'AMPHITHÉÂTRE de pola.
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Parmi les monuments des temps anciens, dont cette ville offre encore les restes, son Am-phithéâtre , quoiqu’il soit dans le style Rustique, et qu’il paraisse n’avoir été que grossièrementterminé, tient sans doute le premier rang. La grandeur de ses dimensions et la beauté de sonensemble fixèrent d’abord sur lui toute notre attention (i). Le plan sur lequel il s’élève estune ellipse , dont le grand diamètre, dirigé à peu près du nord au sud, a quatre cent trente-six pieds six pouces quatre dixièmes, mesure anglaise ( 2 ); et le petit, trois cent quarante-sixpieds deux pouces (3). La hauteur de l’édifice, dans la partie où il est le moins ruiné, estde quatre-vingt-dix-sept pieds. Il est situé hors de l’enceinte de la ville, sur la pente occiden-tale d’une colline qui présente le roc vif, très-peu au-dessous de sa surface. L’architecté a forthabilement profité de cette double circonstance, comme on le verra dans la description desPlanches IV et V, pour diminuer la dépense qu’aurait entraînée la construction d’un aussivaste monument, s’il eût été élevé sur un terrain parfaitement horizontal, comme leColisée à Rome . Il suffit maintenant de remarquer que cette économie était d’autant plusjudicieuse, quelle n’a rien ôté de la grandeur et de la dignité de l’amphithéâtre dans sa faceprincipale, celle de l’ouest, qui regarde la mer : en effet, ceux [qui naviguent le long decette côte l’aperçoivent à une grande distance, tandis qu’il offre un point de vue magnifique
(1) Il est assez probable qu’il fut bâti par Dioclétien ou par Maximien . En effet, la passion pour les grandsouvrages de l’architecture sembla se ranimer sous cesempereurs. De vastes thermes construits à Rome , à Car thage et à Milan ; les palais d’Aquilée , de Brescia et deSalone ou Spalatro ; ces derniers efforts de la puissancequi décline et du génie qui s’éteint, appartiennent éga-lement à l’époque où l’IUyrie devint en quelque sorte le