t66 L'ART UNIVERSEL
C'?*.'* L, c/sc/jcococ^c'í
DES f L H C H ES, D ES PONTS R O F L A N S , ET D E S M OT E N S
d'répliquer le Pétard , qu<,nd on ne peut approcher dulieu o'nl'on veut qu il agijfr^
L L s méthodes pour appliquer les Pétards, donc ncus venons de parler , font fort bonnes, lors qu’on peurappiochcr du lieu : niais quand il y a l’clpacc d’vn pont-levis , ou vn folié à palier , il faudra íe servir dequelques ponts portatifs, & lur des roues, pour palier lePctardicr qui doit appliquer le Pétard.
Vous en voyez icy de l’invcntion du Sieur Chevalier de Ville,comme font ceux 4 . Lc 7.le marqué 4 . peutestre fait de tillu, semblable à celui des langles des chevaux , la vis qui est au fond, sert pour le bander tantque l’on peut, devant que de s’cn lérvir : il est commode à porter, destournant la vis, & joignant vne piccecontre l’autrc. Le marqué 7. est meilleur, parcc qu’il peut estre plus long, & a plus de force, s’il est fait dedeux pieccsdcbois A, & B , dont celle A , entre dans 8; & lorsqu’on la poulie, les pieees D, le haussent ; Sclors que le bout de la picce A , est entré jufqu’au ressort ou loquet B,il ne peut plus retourner en arriére, & lespieees D,qui bandent en angle, l’vnc contre l’autre, soustiennent le milieu du pont par le moyen de la cordeC. Ce pont peut estre couvert d’vnc greste toile, & tillu comme l’autre, ou de planches bien lcgercs. Ilspeuvent servir à toutes fortes de surprises, puifqu’on peut palier vn folié allez large. Ils peuvent aussiestre montez fur des roues, comme 11. & 1 z.
L’on peutfairc vneautre efpecede pont,aubout duquel on attache le Pétard avec son Madrieri & lepouî-fant fur des roués, les pointes rattachent, fans s’approeher du lieu,comme on void la figure 11.
La flcchemarquée u.íe fait de plusieurs picccsattachéesl’vnc avec l’autrc avec des liens de fer, le toutpoité fur deux roues avec son timon , que l’on tient en balance par quelques poids , & à force de bras , 1 c Pé-tard qui est à l’autrc bout avec son Madrier, armé de pointes, afin qu’cstant poulie de force , il s’attache Sc ,tienne ferme contre la porte. Ces deux derniers sont dans Prcssac.
Les fuivans font encore du Sieur de Ville,le marqué ? lé fait avec la picce de bois A,qui glisse au longdeícntaillurc B, faite en queue d’arondellc, tirant les cordes C , qui passent par lespolics D ,avec forceSt violence. Sa planche A,avccícs pointes s'ira planter avec son Pétard contre la porte : mais lePetardnedoit pas estre bien pesant, ni la distance bien grande.
Autre invention facile & afiuicc. II faut faire vne picce de bois entaillée en queue d’arondclle, commela figure ma1quee9.au bout de laquelle il y a deux 011 trois pointes de fer, & vne polie de chaque costé oàpasteur deux cordes attachées an Pétard, & le Pétard fur vne planche coulante dans l’entaillurc : tout cccyestant mis fur deux roués & poussé avec force contre la porte, Jes pointes estant entrées, on tirera les cor-des avec violence , qui appliqueront le Pétard à la porte, ou fans polies on le pondéra avec des piques, ottautres pieees de bois. Cette stcche est meilleure que les autres, n'estant pas sujette à rompre : car avantqu'cllc foustienne la pesanteur du Pétard,elle est appuyée contre ia porte.
Le fosse cftantfort large , on lé servira de l’Efcale ,figurclo. qui est composée de deux pieees dc bois A*
B , écartées l’vne dc l’autrc ,dc la largeur du Madrier avec son Pétard, aussi longues que le folié est large ,
St fortes selon la pesanteur du Pétard , ayant leurs traverses E ,F ,au milieu il y aura deux pieees H , I, qui !auront plusieurs trous, pour les allonger Sc racoúrcir selon la profondeur du fossé , les affermissant aprés pat 'vne cheville de fer au trou H, L : on mettra ces deux pieees au milieu du fossé,aprés on avancera l’Efcale, 'où on attachera le Pétard au bout A, B, & on ['appliquera à volonté. j
Voicy vne invention merveilleuse pour petarder, le fossé estant entre deux , fans flèche ni pont. Ayez le jPétard marqué 1. plus fort de metail juíques à trois doigts vers la bouche, St depuis ce lieu-la jusques à la 1bouche diminué de son efpaiíleur, & égal au Pétard marqué I.ouvert des deuxeostez, 2 c qui doit entrer .justement dans celuy x. & joigne le Madrier auquel il rattachera ,aprés l'avoir chargé, comme nousavon» ;de j a dit: l’ayant posé vis à vis de ce que l'on veut rompre. Si pris le feu, il poussera Je Pétard J. avec for»Madrier, St fera vn effet incroyable.
Pour donner le feu dc loing au Pétard, il faudra faire vne petite boiste qui fe ferme dessus la lumière ,tomme à celles des Canons, & vn peu fendue du costé de la culasse , pour par cette fente passer vne saucissequi sera nouée au bout, & ce nœud fera enfermé dans la boiste, avec la poutre qui l’acheve dc remplir, cet-te faucille groílc comme le doigt, fera remplie de poudre fine, & plus longue que le pont ou 1* fléché,on enfera vn peloton enfermé dans vne cassette sortant par vn trou, elle fe dévidera en portant le Pétard, ne pou-vant cfchappcr de la lumière , on y mettra le feu, quand on voudra, figure 4. & ;
Pour faire tomber vne muraille, on y fera vn trou pour y mettre le Pétard la bouche en haut, aprés on fer-mera le reste du trou , laissant passage pour donner le feu, figure ij.en cette façon il fait grand effet, àproportion du Pétard. '
Autrement on aura deux ou trois Pétards bien chargez, & au lieu dc Madriers,ouaura vne poutre assezlongue pour tous trois, & la muraille estant vn peu crcufee, à ce que le Pétard estant appliqué , ait la bouchevn peu haussée, comme en la figure 14. en mettant le feu à tous en mcfmc temps, ils feront fauter la mu-raille ,quand elle auroit fix pieds d’efpaisscur. Les Pétards acompte les murailles doivent estre plus courtsSt plus renforcez,que ceux pour rompre les portes.
Si l’on met dans vne caisse quatre gros Pétards bien chargez, en telle forte qu’ayant les culasses les mscontre les autres, St la bouche dc chacun contre vn costé dc la caisse,qui lay serve de Madrier bien ferrédt dars & dehors , St que fur le milieu il y ait vn monceau dc poudre seiche , & vne mcfchc ou faucille, pi a-tiqt ée devant qu’avoir cloué le dessus fort espais , St ferré comme la caille :Jc dis que ces Pétards diipolcz ,crin me en la figure 5. & prenant le feu en mcímctcmps, sent capables de renverser vne tour de dix pied»sb. muraille.