202
Cet ordre de choses, résultat ordinaire desinstitutions qui n’ont pas passé au creusetdu temps, doit faire naître de mûres réflexionschez ceux qui sont tentés de prendre le parti del’émigration : leur sort ne peut être que très-incertain , s’ils n’ont pas pour eux un art quisoit de nature à les rendre très-utiles; car, danscette contrée que tant d’obstacles empêche-ront long-temps de se nationaliser, où chaqueparticulier, comme chaque province, se con-sidère isolément, l’étranger sans professiontrouve toujours plus difficilement les moyensd’assurer son existence que dans celui où lestraits nationaux ont gravé le caractère del’hospitalité.
Les Suisses qui ont émigré dans les colo-nies de Gand et de la nouvelle Yevay, situéessur les bords de l’Ohio, fleuve qui a son em-bouchure dans le Mississipi , ont éprouvébeaucoup de misère ; ils se sont repentis d’a-voir fondé des établissemens qui n’avaientpoint été sollicités et qui n’ont point été pro-tégés. Pauvres au milieu de l’abondance, cescolons sont arrivés au point de ne pouvoir