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considérer l’homme comme moyen, l’autrele voit comme un but. Le premier, qui estincompatible avec l’ordre actuel, paralyseraitles ressources qui naissent de l’intelligence ;le second, fécond en résultats heureux, abesoin d’un guide qui prévienne ses écarts ;car il existe toujours, même à côté du bien,un principe destructeur, qui se développed’autant plus promptement, que les hommessont plus sensibles et que leurs passions sontplus vives.
La morale et la politique la plus saine s’ac-cordent pour considérer l’homme sous cestrois rapports : Dieu , la société, et lui-même.Quel que soit celui sous lequel il se présente,on est obligé de convenir d’une vérité, c’estque l’État n’est fort et à l’abri des ambitionsétrangères, qu’autant que les individus ontleur existence morale et physique garantienon-seulement dans l’ordre présent , maisencore dans celui à venir, et il n’y a pourcela que des institutions fondées d’après desvues de prévoyance.
On s’est souvent occupé en France de l’é-
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