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En affaiblissant par de malheureuses doc-trines la foi du cultivateur, quelles sourcesfécondes n’a-t-on pas cherché à tarir ! Y a-t-ilrien de plus monstrueux qu’un matérialistedans un village, qu’un Lovelace dans un ha-meau? Ils ne sont ni l’un ni l’autre, répon-dra-t-on. Et cependant que sont - ils doncceux qui vivent depuis nombre d’annéesétrangers à toute espèce de pratiques reli-gieuses? Ils sont victimes d’un faux orgueil,passion funeste et toujours opposée à l’or-dre et aux intérêts de la société.
Le voilà ce vieillard aux cheveux blancs quirevient de ses travaux; les fatigues ont sillonnéde rides son front vénérable ; il ne compte quedes jours laborieux ; il n’eut point, commecelui qui vécut dans de brillantes cités, lesnombreuses distractions offertes par le luxe,les sciences et les arts : « Naître , souffrir, mou-rir fut toute son histoire ( i ). » S’il eût été insen-sible à la voix de la religion, quels biens aurait-il donc eus sur la terre? Sans l’espoir d’une au-
(i) Dclille, Poème des Jardins-