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Tome I.
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RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.

d’argent pour lui résister. Il convoqua les notables àRouen , leur demanda des conseils, c’est-à-dire del’argent, et leur dit que son plus beau titre était laqualité de gentilhomme. O Henri IV ! est-ce ainsi quedevait agir un roi populaire? Où étaient les droits desétats généraux? On répond que le souvenir des étatss’unit toujours à celui des discordes. Pourquoi ? Parceque le pouvoir les appelle quand il est dans l’embar-ras. Rassemblés en temps de paix, les états auraientpu fonder le gouvernement sur des lois.

Cependant les Espagnols furent repoussés (1597).Mercœur, gouverneur de Bretagne , qui tenait en-core pour la ligue, fut soumis (1598), et un traité futsigné avec Philippe, qui mourut bientôt après. Alorsles calvinistes témoignaient hautement, dans leur as-semblée de Saumur , leur mécontentement du peu defaveur dont ils jouissaient. Henri leur donna l’édit deNantes , dans lequel l’exercice de leur religion étaitsoumis aux restrictions d’une tolérance exigeante. IIy a loin de là à la liberté religieuse, et pourtant lescatholiques exclusifs regardaient Cet édit comme uneinjuste faveur.

Un événement qui eut lieu ver§ Cette époque (1600)nous conduit à examiner quelle était la situation desgrands, et comment la puissance des pairs était déchue.Un des principes de la féodalité, et le seul qui fûtbon, était qu’on devait être jugé par ses pairs ou égaux.Les ducs de Normandie, de Bourgogne et d’Aquitaine,les comtes de Champagne, de Toulouse et de Flandre ,étaient les pairs qui jugeaient les cas de félonie desgrands vassaux. Ils entraient, en outre, de droitdans le conseil du roi, et ils étaient souverains : onsent combien le pouvoir royal était gêné par de telsconseillers. Philippe le Bel créa de nouveaux pairs,pour affaiblir et dénaturer cette institution , qui de-meura encore tellement redoutable que la qualité depair était supérieure à celle de prince du sang. Pen-dant les guerres civiles, la pairie s’était affaiblie ; lesgrands, divisés, étaient moins à craindre. Henri IV avait rabaissé leurs prétentions en manifestant vigou-reusement la volonté royale. Mais les gouverneurs deprovinces avaient usurpé un pouvoir immense pendantl’anarchie. Ils formèrent le projet de le conserver à lamanière des comtes de Charles le Chauve : c’était re-commencer le gouvernement féodal. Les Mayenne , lesMercœur, les Nemours voulurent se faire des souve-rainetés héréditaires. Biron traita avec le duc de Sa-voie pour arriver au même but. Le plan était de fairede la France une fédération féodale et électoralecomme était l’Allemagne . On le découvrit : Biron,quoique ancien compagnon d’armes du roi, fut déca-pité (1602) par arrêt du parlement.

Les derniers événements de ce règne sont le rappeldes jésuites sollicité du pape ; la conspiration d’Hen-riette d’Entragues , à laquelle Henri avait fait une pro-messe de mariage ; la médiation (1609) entre le pape,les Vénitiens, l’Espagne et la Hollande. Henri IV ar-mait contre l’Autriche , et se proposait, dit-on, d’exé-cuter un plan de paix perpétuelle et de fédération eu-

ropéenne, qui sera longtemps le vœu des philanthropes,lorsqu’il fut assassiné dans la rue de la Ferronnerie parun fanatique : c’était Ravaillac , puisqu’il faut le nom-mer. L’histoire est bien complaisante d’immortaliserle nom de tous les assassins.

Aidé par Sully, son ami et son ministre, Henri IV mit de l’ordre et de l’économie dans les finances : au-paravant il n’entrait dans le trésor que le cinquièmedes impôts. 11 était vraiment bon et savait se faireaimer; mais il régna en monarque absolu. Il comprimatout, jusqu’à la résistance du parlement, par le vainappareil des lits de justice. Comment se fait-il qu’unprince qui voulait que les laboureurs missent la pouleau pot ait signé l’atroce ordonnance qui les condamneaux galères pour avoir tué un lapin? II faut bien ledire, quoique avec peine : le despotisme de Richelieuet de Louis XIV remonte à Henri IV . Après cela, onpeut se dispenser de lui reprocher d’avoir trop aiméle jeu, et d’avoir séduit les femmes de ses sujets. Maisil fut populaire, et il vit encore aujourd’hui dans lamémoire du peuple. C’est une gloire qui jusqu’à pré-sent n’appartient qu’à lui,

DIC1IEI.IEI'. LOUIS XIII . DESPOTISME.

Louis XIII n’ayant que neuf ans (1610), le parle-ment donna la régence à sa mère Marie de Médicis :ce tribunal s’attribuait encore là un droit des étalsgénéraux. Les bienfaits de l’administration précédentefurent perdus : on congédia Sully, on dissipa sesépargnes. Le Florentin Concini (depuis maréchald’Ancre), et sa femme Galigaï, ruinèrent la France engouvernant la régente. Les grands’et les factions serelevèrent. On convoqua les états généraux (1614),dont on consuma le temps avec les affaires du clergé.11 n’en a plus été assemblé depuis, jusqu’à la révolu-tion. Les plaintes du parlement sur la mauvaise admi-nistration furent repoussées; on fit arrêter le princede Condé qui était à la tête des mécontents et des cal-vinistes. Un jeune page du roi, nommé Luynes, quis’était emparé de son esprit, lui persuada de se dé-faire du ministre pour secouer le joug de la régente.Le roi, cruel par faiblesse, üt assassiner Concini . Onaccusa la maréchale de sorcellerie ; elle fut brûlée. Lenouveau favori hérita des immenses richesses, pro-duit de leurs malversations. Louis XIII était de ceshommes faibles qui exécutent avec énergie des vo-lontés suggérées, et qui se vengent de leur soumissionhabituelle par des échappées de brutalité. II exila samère et la traita durement. Elle se révolta deux fois,soutenue par quelques seigneurs. Los calvinistes s’in-surgèrent aussi plusieurs fois, et ils obtinrent despaix avantageuses.

Alors parut Richelieu (1624), créature de Concini ,et qui vivait retiré depuis sa chute. Cet homme avaitla volonté la plus inflexible et le plus ardent désir del’infliger aux autres; c’est le despote par excellence :il abaissa tout. II songea d’abord à se faire craindredes grands; comme Louis XI , il en fit condamner à