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Tome I.
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XXXI
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RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.

mort plusieurs par des commissions. Il s’entoura degardes. Il supprima ces grandes charges d amiral etde connétable qui conféraient autrefois une autoritéimmense, et qui étaient déjà avilies, puisque la der-nière avait été donnée à Luynes, simple gentilhomme.Ayant paru d’abord ménager les calvinistes, il forma'e projet de les opprimer, en leur enlevant les placesde sûreté, faibles garanties de leur sécurité religieuse.Après un an d’un siège fameux qu’il fit en personne,et d’une résistance héroïque, déployée dans les hor-reurs de la famine, il s’empara de La Rochelle (1627),que défendait une flotte anglaise. Il lit raser ce bou-levart de la foi calviniste, et réduisit Rohan, chefde l’armée des réformés. On dit que leur plan étaitde fonder une république fédérative, comme cellequ’ils voyaient prospérer en Hollande. S’ils eussentréussi, combien l’histoire de l’Europe serait diffé-rente !

Il ne s’agit point ici du règne de Louis XIII , maisdu règne de Richelieu, devant qui tout fléchissait legenou. Le roi n’était compté pour rien. Le Roussillonfut conquis en 1628. La maison d’Autriche fut abaissée.Plusieurs guerres furent soutenues contre les Espa-gnols avec des succès divers : la Catalogne se donna à'a France . Le génie de Richelieu sut faire jouer habi-lement les ressorts de la politique; il soutint le rangde la France en Europe . Cependant ce règne a quelquechose de triste et de monotone, comme tout ce quiPorte l’empreinte du despotisme. De temps en temps,de faibles tentatives de résistance, toujours répriméesP ar des supplices; le maréchal de Marillac exécutéon 1630; le duc de Montmorency, pris les armes à lama 'n, condamné par le parlement de Toulouse ,exécuté * en 1632, malgré la grâce qu’il obtint du roi ;Cinq-Mars et de Tliou décapités en 1642 pour avoirconspiré contre le cardinal de l’aveu même du roi,lassé du faste hautain de son ministre. Enfin ce prêtretyran mourut. Louis XIII n’eut que le temps de respirer,ot mourut aussi (1643), comme si Richelieu , ne vou-lant pas qu’il régnât un instant, lui eût ordonné de lesuivre au tombeau.

Le pouvoir absolu de Charles V et de Henri IV con-servait du moins l’élasticité du caractère français. Ri-chelieu, comme Louis XI , le courba et le dégrada.Sous lui la France fut misérable : il semble que ledespotisme frappe les hommes de stupeur et la terrede stérilité. Les prétentions du parlement, qui décla-rait autrefois être une portion du souverain, étaientfort peu de saison sous un tel maître. Un jour que lesmagistrats avaient refusé un enregistrement, Riche-lieu les fit mander par le roi, et les tint à genoux pen-dant toute l’audienee. Richelieu institua l’académie,qui eut la patience de faire son apothéose périodiquependant cent cinquante ans ; mais le Cid, qu’il fit dé-crier, a donné l’essor au génie littéraire des Français ,

“ Les terres de Salnt-Maur, Écoucn et Chantilly passèrentdans la maison de Coudé , par suite de la conllseaüun des biensdu due de Montmorency.

et Descartes , persécuté par les dévots, alla philoso-pher en Suède .

MAZAIUX. MINOIIITÉ DE LOUIS XIV . F1V0XDE.

Louis XIV avait cinq ans. Le parlement s’arrogeaencore le droit de conférer la régence. La reine mère,Anne d’Autriche , femme coquette et sans caractère,l’obtint. L’Italien Mazarin, son favori, élevé par Ri-chelieu , gouverna pour elle. C’était un homme adroitet souple, qui faisait du despotisme avec des ruses,et qui semblait regarder l’art de régner comme l’artde faire des dupes. La guerre continuait avecl’Autricliesans aucun but. Le jeune d’Engliien, qui devint legrand Condé, s’y montra. Il vainquit à Rocroy et àFribourg. Turenne vainquit à Nordlingue (1644), etprit Dunkerque , et Condé fut encore victorieux àLens . Cette guerre, dans laquelle les Suédois furentd’utiles alliés, fut terminée par le traité do Westphalie ,avantageux à la France .

A la paix, le mécontentement des grands éclata con-tre Mazarin : ils s’allièrent au parlement, le peupleles soutint quelquefois, et fit relâcher, en renouve-lant les barricades, deux magistrats arrêtés par lacour. Cependant il n’avait aucun intérêt à ces querel-les de quelques ambitieux turbulents ; courbé sous ledespotisme, il ne songeait à rien gagner dans ces dé-bats ridicules. Là, les factions n’étaient que des co-teries ; on riait et on faisait des jeux de mots en sebattant. Un prélat fort gai se trouvait jouer le rôle deCatilina , et, dans le récit de ses bizarres exploits, ila rendu la guerre civile amusante. Condé, mécontentdo la cour qu’il servit d’abord, l’abandonna. Mazarin le fil arrêter, puis le relâcha, et voyant grossir l’o-rage, il quitta la France , dans laquelle il rentra avecsept mille hommes, ce qui n’empêcha pas qu’on nemît sa tête à prix. Condé et les frondeurs étaient al-liés aux Espagnols . Les armées en vinrent aux prisesjusque dans le faubourg Saint-Antoine (1653). Là,Turenne commandait les royalistes. Le parlementnomma lieutenant du royaume l’irrésolu Gaston, ducd’Orléans. Mazarin se retira de nouveau. La Fronden’ayant plus de prétexte se dissipa : le roi et Ma-zarin entrèrent à Paris (1653). Le résultat naturelde cette parade de révolution fut de rendre le pou-voir plus absolu. — Condé avait rejoint les Espagnols dans les Pays-Bas . La guerre continua longtemps en-tre Turenne et lui, et le traité des Pyrénées la ter-mina (1659) : la France gardait l’Artois, le Roussillon ,l’Alsace; et Louis XIV épousait l’infante Marie-Thé-rèse. Mazarin mourut en laissant le despotisme enbonnes mains. Louis XIV (1661) déclara qu’il voulaitrégner à son tour. Déjà il était entré au parlement enhabit de chasse, en bottes et le fouet à la main, pourlui défendre de se mêler dos affaires de l’État.—Pen-dant que les Français s’occupaient de la Fronde, lesAnglais faisaient une révolution, décapitaient un roicatholique, et passaient sous la tyrannie savante d’undévot anglican qui s’était donné pour un républicain.