Band 
Tome I.
Seite
XXXII
JPEG-Download
 

xxxu

RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE.

l’ROSl’ÉRlTÉ DE LOUIS XIV .

Louis XIV forma le projet d’être le monarque leplus puissant de l’Europe : il y réussit, secondé pardes hommes supérieurs qu’il eut le talent de décou-vrir. Colbert restaura les finances, favorisa le com-merce et l’industrie, protégea les savants, et organisal’administration. Un homme de génie, Biquet., consa-cra sa fortune et sa vie à la construction du canal deLanguedoc. On créa une marine qui pût lutter contrecelles de la Hollande et de l’Angleterre. Le roi fitrespecter ses ambassadeurs au dehors, et Philippe IV étant mort, on prétexta de prétendus droits de safille Marie-Thérèse pour déclarer la guerre à l’Espa-gne (1668). La Flandre fut conquise en peu detemps; la Franche-Comté le fut en trois semaines. LaHollande, l’Angleterre et la Suède se liguèrent en fa-veur de l’Espagne. Par le traité d’Aix-la-Chapelle , onrendit la Comté, mais on garda la Flandre que forti-fia Vauban .

Louis XIV était irrité contre la Hollande; il devaitavoir de l’antipathie pour une république aussi fièrequ’il était orgueilleux. Il rassembla contre elle deuxcent mille hommes, après avoir séduit ses alliés , etil fit avec les Condé, les Turenne, les Luxem-bourg, etc., ce passage du Rhin qu’on célébra commeun prodige militaire dans ce temps où l’on comparaità César un roi qui faisait la guerre en voiture, au mi-lieu de sa cour. La Hollande fut envahie : le roi luiproposa des conditions accablantes. Du désespoir na-quit l’exaspération. Ruyter, amiral après avoir étémousse, battit souvent les flottes anglaise et française .Les Hollandais ensevelirent leur terre sous les eauxpour la conserver libre (1673), et Louis XIV l’évacua.Les voisins de ce roi impérieux s’armèrent pour ré-primer sa hauteur. Il reconquit la Franche-Comté etfit incendier le Palatinat par Turenne . Condé livra austathouder de Hollande la bataille de Senef (1678),qui n’aboutit qu’à faire tuer 25,000 hommes. Duquesnerendit le pavillon français redoutable par trois vic-toires dans la Méditerranée , et la paix de Nimègue consolida les conquêtes de nos armées.

Cependant le stathouder essaye une invasion ; lemaréchal de Luxembourg le repousse. En 1681, Stras-bourg est pris. Le roi envoie bombarder Alger , pourapprendre aux pirates à respecter le commerce fran-çais; il fait bombarder Gênes, pour avoir assisté Al-ger . Il était au faite de la puissance : jamais roi n’a-vait reçu tant d’encens : on admirait toute sapersonne, comme le type du beau et du grand-. Lamagnificence inouïe de Versailles , où s’engloutissaitl’argent de la France , l’enivrait encore. Il imaginadans son délire A’extirper l’hérésie. Les femmes, lespoètes et les jésuites applaudirent. On envoya dans lesCévennes des missionnaires accompagnés de dragonsqui massacrèrent les calvinistes pour les convertir.L’édit de Nantes fut révoqué (1685), les temples dé-molis, et les enfants arrachés à leurs pères pour être

faits catholiques. Huit cent mille citoyens paisiblesallèrent porter dans l’étranger leur industrie et leursressentiments; leurs biens servirent de récompense àla noblesse ’. L’Europe , indignée, se ligua à Augs-bourg (1687) contre ce despotisme intolérant. Le stat-houder, prince d’Orange, était l’âme de cette ligue :il était appelé, sous le nom de Guillaume III , au trôned’Angleterre, dont le parlement chassait de nouveaulés Stuarts, et Louis XIV . offrait sa protection au roidétrôné, Jacques II . Une guerre terrible s’alluma. LePalatinat fut encore embrasé par l’ordre de Louvois.Luxembourg vainquit, à Fleurus, à Steinkerque, àNerwinde , le roi Guillaume,homme de guerre, mal-heureux mais d’une grande habileté. Catinat , généralphilosophe et parvenu, triomphait de la Savoie à Staf-farde et à Marseille . D’un autre côté, Tourville , d’a-bord supérieur aux Anglo-Hollandais, perdait qua-torze vaisseaux de ligne à la Hogue. L’armateurDuguay-Trouin désolait le commerce des ennemis.Partout l’humanité souffrait et gémissait de carnagesinutiles. On fit la paix à Ryswick de lassitude (1697).Louis XIV ne signa pas en maître, comme jadis, etla France était ruinée. On faisait argent de tout; onvendait pour deux mille écus la noblesse , qui, avantHenri 111, s’achetait déjà avec les fiefs.

REVERS DE LOUIS XIV . DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

Le roi d’Espagne , n’ayant pas d’héritier direct, fit,après beaucoup d’hésitalion entre les maisons deFrance et d’Autriche , son testament en faveur d’unpetit-fils de Louis XIV (1700). Ce prince l’accepta, sa-chant cependant qu’il s’exposait à une guerre terrible.II excita même de nouveau l’Angleterre, en se décla-rant pour le fils de Jacques II. Il envoya Philippe V enEspagne, en lui disant : Il n’y a plus de Pyrénées . Unpetit abbé contrefait, que le superbe Louis XIV avaitdédaigné, et qui était devenu le meilleur général del’empereur, le prince Eugène, remporta, en Savoie ,de grands avantages sur le vieux Villeroi. Le duc deSavoie, Victor-Amêdée, abandonna Louis malgré lesliens qui l'attachaient aux Bourbons. Marlboroughtriompha dans les Pays-Bas ; mais aussi Villars vain-quit les impériaux à Hoclislet (1703), où , l’année sui-vante, les Français furent à leur tour vaincus, en sonabsence, par Eugène et Marlborough. Les Anglais pri-rent Gibraltar et Barcelone. Vendôme , digne petit-filsde Henri V, repoussait Eugène en Italie (1706), lors-que Marlborough gagna la bataille décisive de Ramil-lies sur Villeroi. Alors la fortune changea dans le Midi :l’armée française fut battue à Turin, Toulon fut as-siégé; l’archiduc fut couronné à Madrid , et le protégéde Louis XIV, Philippe V, allait perdre l’Espagne , siBerwick n’eût gagné pour lui la bataille d’Almanza.(1707). Eugène passait du nord aumidi et du midi aunord ; il prit Lille de concert avec Marlborough (1709).

* Foyez les lettres de madame de Haîntenon, qui exhortaitson frère â en acheter à cause du bon marché.