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Tome I.
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XXXIII
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RÉSUMÉ I)E L'HISTOIRE DE FRANCE.

Louis demanda la paix; on lui imposa les conditions' es plus dures; on voulait qu’il détrônât lui-même sonpetit-fils. II préféra de continuer la guerre malgré' extrême misère du peuple, qui ne pouvait plus payer' impôt. Après les elTorls d’une constance héroïque ,i armée française , commandée par Villars,fut vaincueü Malplaquet (1710), où les perles de l’ennemi furentimmenses. Le roi s’humilia de nouveau ; on rejeta sesoffres. Vendôme releva les affaires en Espagne ; Marl-i'orough, disgracié, se relira ; une trêve fut conclueavec l’Angleterre ; et Villars, ayant surpris Eugène àDenain , remporta une de ces victoires éclatantes quisauvent les empires *. La paix d’Utrecht (1715) en futle résultat. Villars passa ensuite vers le Rhin, .re-poussa les Impériaux, et signa avec Eugène la paix delladstadt (1714). L’issue do cette guerre ruineuse futencore moins funeste que la France ne s’y attendait.La condition la plus humiliante fut la deslruclion duport de Dunkerque . La mort presque simultanée dudauphin et de son fils le duc de Bourgogne avait misle comble aux malheurs de LouisXIV.il mourut (171,’)) àsoixante et dix-sept ans. II avait régné soixante et douzeans. R iég„ a jt à la France deux milliards six centsmillions de dettes , et il avait fait tuer plus d’un mil-’'°n d’hommes. Ce roi, dont on avait fait un dieu,mourut dans l’abandon; le peuple insulta son cer-cueil.

appelle le dix septième siècle, siècle de Louis XIV ,

Parce

Par

Rue ce prince a contribué à lui donner de l’éclatsa magnificence et par son goût pour une certaineuLindeur. Mais quel bien a-t-il fait au genre humain?

a fendu la France puissante en Europe , esclave cheze , e : ü est cause que pendant un siècle les Français n onl Pas eu d’esprit national. En se faisant dispen-sateur de la gloire comme de la fortune, il a démoraliséa nation; elle s’oubliait elle-même pour ne songer'D'à lui , et lorsqu’il proféra ce mot : l'État, c est’j* 0 * • elle l’a cru. Sa vaine splendeur a faussé les idéese nette nation, qui n’a que trop de penchant à réunirs,lr l’homme du moment son admiration, son idolâtriem ses propres destinées. Sous Louis XIV , Racine,loileau, Molière , ont épuré le goût et produit desnhefs- c |’ œuvre . Sans Louis XIV , Corneille, Pascal, La’ontaine, Fénélon, La Bruyère , n’auraient pas moins’JUistrc la France ; la raison aurait eu des organes pluslibres; le génie, affranchi de la contemplation dugrand roi, se serait élevé à des conceptions plus no-bles, C’est-à-dire plus utiles. L’esprit d’indépendance,réveillé par la lutte de la Fronde, n’eût pas été com-primé; l’examen des intérêts de l’humanité n’eût pas

"Un historien recommandable, M. Lémontey, assure, sansciter son autorité, que les souverains alliés déclarèrent, avantla bataille de Demain, ne pas faire la (fuerre a la nation , maisS son chef, dont l’anpiition et le despotisme étaient incompa-tibles avec te repos de l’Europe . Ils demandèrent, pour condi-tion de la paix, la convocation périodique des états générauxen France . Des préparatifs élaient faits A la cour pour se retirerderrière la foire. On croit lire l'histoire de notre temps. Se-rait-il vrai que , sans la victoire de Demain , le gouvernementrcprésenlatit eût clé établi en France un siècie plus tôt?

été retardé, et le dix-septièmo siècle serait peut-êtreà la fois le siècle de la raison et du génie.

Pour mieux opprimer la pensée, le despotismeemprunta le joug de la croyance. Bossuet fut l’apôtrede la monarchie de Louis XIV , et prêcha son infailli-bilité. On châtia les jansénistes, non pour des doc-trines sur lesquelles on disputait sans s’entendre,mais parce qu’ils pensaient à leur manière et qu’ilsdétruisaient l’unité. Il fallait que toute la France pen-sât comme le roi. De là, l’épais vernis d’hypocrisiequi couvrit la corruption des mœurs. Le Tartufe , per-mis à la cour, est une anomalie extraordinaire; c’estle triomphe du génie. Du reste, ce Louis XIV si absolu,qui ne s’était point laissé gouverner par ses maîtres-ses, finit par faire régner avec lui son confesseur, etune vieille femme qu’il avait épousée, la veuveScarron .

DÉGExcE. nÈr.xr. de louis xv . dix-huitième siècle.

L’arrière-petit-fils de Louis XIV fut roi aussi à cinqans. Le parlement cassa le testament du feu roi, etnomma'son neveu, le duc d’Orléans, régent absolu.C’était un débauché fort spirituel et assez insouciantsur les affaires. La grandeur monotone du dernierrègne jointe à ses revers avait enfin ennuyé les Fran-çais ; délivrés de la contrainte gênante qui avait passédu cérémonial et de l’intolérance dans les mœurs, ilss’abandonnèrent à la licenced’une joyeuse folie, commedes enfants qui ont échappé à la surveillance d’unmaître chagrin. Pendant une guerre contre l’Espagne ,suscitée par l’ancien curé italien Albéroni qui imaginaun jour de bouleverser l’Europe , on songea à payerles dettes de Louis XIV. L’aventurier Law arriva d’E-cosse avec un système financier qu’on accueillit avecempressement. Tout fui payé avec l’argent des dupesqui reçurent du papier et des espérances gigantes-ques. L’agiotage mit la nation pêle-mêle, et fit de cetemps les saturnales de la richesse. Le ministre durégent, l’abbé Dubois, était aussi vil que son maîtreétait corrompu : il se fit le complaisant des jésuites.

Le roi entrait dans sa majorité quand le régentmourut (1725). Le duc de Bourbon ne signala son mi-nistère que par les persécutions contre les protestants.L’abbé de Fleury, qui lui succéda, était un hommetrès-modéré et très-prudent, âgé de soixante et treizeans ; il eut le talent d’apaiser et de concilier. Il procuraà la France une longue paix, qui fut troublée par l’ex-pulsion du roi de Pologne , Stanislas, beau-père deLouis XV . On contracta des alliances, et l’on fit laguerre à l’empereur, allié lui-même à Pierre le Grand qui faisait parler de la Russie pour la première fois enEurope. La campagne qui eut lieu en Italie (1734) futdécisive. On signa la paix à Vienne : la France y gagnala Lorraine , dont Stanislas eut seulement la souverai-neté viagère. Ce roi y régna en père de famille.

La guerre de 1740, pour la succession de l’empe-reur, que son illustre fille Marie-Thérèse voulait con-server entière, fui moins heureuse. Plusieurs armées